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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 13:00

L-homme-qui-aimait-les-chiens---Leonardo-Padura.jpg

 

Quatrième de couverture

En 2004, à la mort de sa femme, Ivan, écrivain frustré et responsable d'un misérable cabinet vétérinaire de La Havane, revient sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui promenait sur la plage deux lévriers barzoï. Après quelques conversations, "l'homme qui aimait les chiens" lui fait des confidences sur Ramon Mercader, l'assassin de Trotski qu'il semble connaître intimement. Ivan reconstruit les trajectoires de Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et de Ramon Mercader, connu aussi comme Jacques Mornard, la façon dont ils sont devenus les acteurs de l'un des crimes les plus révélateurs du XXe siècle. À partir de l'exil de l'un et l'enfance de l'autre, de la Révolution russe à la guerre d'Espagne, il suit ces deux itinéraires jusqu'à leur rencontre dramatique à Mexico. Ces deux histoires prennent tout leur sens lorsque Ivan y projette ses aventures privées et intellectuelles dans la Cuba contemporaine. Dans une écriture puissante, Leonardo Padura raconte, à travers ses personnages ambigus et convaincants, l'histoire des conséquences du mensonge idéologique et de sa force de destruction sur la grande utopie révolutionnaire du XXe siècle ainsi que ses retombées actuelles dans la vie des individus, en particulier à Cuba. 

 

Avis d'une lectrice du dimanche

coup de coeur (rouge-noir)texte

 

Ce roman historique est d’une densité incroyable, porté par un souffle narratif fabuleux, une analyse sans concession et sans racolage, une écriture ample, généreuse.

 

Leonardo Padura, journaliste et écrivain cubain, dresse le bilan de la plus grande utopie du XXe siècle, le communisme, il nous entraîne dans les méandres des turpitudes de quelques tyrans ambitieux qui ont dévoyé ce bel idéal au profit de leur rêve de puissance, et cette révolution finalement pervertie a broyé la vie de millions d’êtres humains.

L’auteur explore le XXe siècle à travers le déploiement de la révolution communiste dans certaines nations et parallèlement la montée inexorable du fascisme en Europe. L’horreur historique culmine évidemment avec l’avènement simultané de deux monstres : Hitler et Staline. 

Ce roman balaie la période de 1929 jusqu’à nos jours, et se construit autour de la vie de trois hommes : Ivan, un écrivain cubain, Trotski, grand prêtre de la révolution russe, et son assassin, le catalan Ramon Mercader.

Ce livre est truffé de références historiques, littéraires, philosophiques. Leonardo Padura décortique minutieusement la difficulté de s’engager politiquement sans perdre sa pureté, sa tolérance, sans se laisser écraser pas des systèmes puissants.

Que d'informations précieuses pour combler mon abîme d'ignorance sur la période de la guerre civile espagnole ! La toute jeune république, hélas immédiatement moribonde, sera anéantie tout aussi sûrement par les querelles d'influence chez les belligérants républicains que par la violence des Franquistes.

J'ai aimé également les informations sur la situation politique de l'époque dans les différents pays qui ont hébergé (avec plus ou moins de conviction) Trotski pendant sa longue errance.

Malgré la densité de cet ouvrage, la touche romanesque apportée par la création du personnage d’Ivan humanise les événements du passé et tient le lecteur en haleine… en apnée en ce qui me concerne !

Les portraits de Trotski et Ramon Mercader sont extraordinaires, avec une grande finesse psychologique. Il n’est pas possible d’éprouver de l’empathie pour ces hommes qui ont du sang sur les mains mais il est tout aussi impossible de les résumer de façon purement manichéenne.

Leonardo Padura brosse le portrait d’un Trotski idéaliste perdant tout sens de la mesure lorsqu’il s’agit de préserver la révolution russe. Cet homme est relativement sincère, il sait analyser et reconnaître tous les excès commis dès les premières années de la naissance de l’Union Soviétique. Néanmoins, Trotski ne parviendra jamais à se remettre totalement en question, il a déifié la révolution au détriment de la personne humaine, jusqu’à offrir en sacrifice sa vie et celle de ses enfants sur l’autel de la lutte politique :

"Ils auraient dû se demander (nous le sommes-nous jamais demandé ? avouerait-il à Natalia Sedova) s'il était juste d'instaurer le socialisme en marge de la volonté de la majorité ou contre elle. La dictature du prolétariat devait éliminer les classes dominantes, devait-elle aussi réprimer les travailleurs ? L'alternative s'était avérée dramatique et manichéenne : il était impossible de permettre à la volonté populaire de s'exprimer, car elle pouvait inverser le processus lui-même. Mais l'abolition de cette volonté privait le gouvernement bolchevik de sa légitimité fondammentale : au moment où les masses cessèrent de croire, il fallut les faire croire de force. Et ils usèrent de cette force. A Kronstadt, Lev Davidovitch savait bien que la Révolution avait commencé à dévorer ses propres enfants et c'était à lui que revenait le triste honneur d'avoir donné l'ordre d'inaugurer le banquet."

Ramon Mercader était un jeune communiste espagnol lorsqu’il a été remarqué et recruté par les chiens de chasse du Kremlin. Son enfance est marquée du sceau de la folie de Caridad, une mère abusive, hystérique, qui découvre l’exutoire du militantisme pour déverser sa haine. Elle conduira elle aussi ses enfants à leur perte, sans le moindre état d’âme. Plusieurs années d’entraînement, d’endoctrinement et de lavage de cerveau seront nécessaires pour polir l’arme secrète des services secrets soviétiques. Ramon Mercader deviendra le tueur cynique et efficace rêvé par les lieutenants de Staline.

Le personnage le plus attachant est bien sûr Ivan le cubain, l’homme contemporain, qui rencontre un jour sur une plage "L'homme qui aimait les chiens", le "témoin" du meurtre sordide de Trotski. Ivan incarne l’innocence de toute une génération sacrifiée sur l’île de Cuba. Il décrit la peur et la misère qui mène à la mort aussi sûrement que les guerres. A travers Ivan, on découvre aussi l’ampleur de l’ignorance des habitants de l’île sur l’histoire mondiale et ce jusqu’au milieu des années 80.

Ce livre magnifique est un hommage à ce qu’il appelle la « génération perdue » des cubains. Leonardo Padura revendique une sensibilité de gauche, mais en même temps il se veut libre des entraves des organisations politiques ou religieuses. Il relaie dans ce roman le cri de souffrance de toute une génération, tout en montrant qu’il est maintenant possible de faire entendre sa voix sur l’île, dans certaines limites malgré tout. Il ne fait pas de propagande, il ne s'érige pas en justicier et en juge.

Dans ses remerciements à la fin de son livre, Leonardo Padura explique le sens de ce témoignage historique :

"J'ai voulu me servir de l'histoire de l'assassinat de Trotski pour réfléchir à la perversion de la grande utopie du XXe siècle, ce processus où nombreux furent ceux qui engagèrent leur espérance et où nous fûmes tant et tant à perdre nos rêves et notre temps, quand ce ne fut pas notre sang et notre vie." 

 

L'Express propose une belle interview de cet auteur, publiée le 23 février 2011 :
vous pouvez la lire
ICI

 

Un très bel article également dans Courrier international : ICI 

 

  Les avis de : Keisha, Yspaddaden, Mots-à-Mots, Dasola...

Par Marie - Publié dans : Littérature Cuba - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 13:00

 Le-chagrin-et-la-grace---Wally-Lamb.jpg

 

Quatrième de couverture

Quand, en avril 1999, l’épouse de Caelum, Maureen, échappe de justesse au massacre de Columbine, le couple se réfugie dans la ferme où il a été élevé, à Three Rivers, dans le Connecticut. C'est là que Caelum découvre des archives familiales : les lettres de son aïeule, militante abolitionniste ; les journaux de son arrière-grand-mère, fondatrice de la prison pour femmes du comté ; des coupures de presse sur ces années 1960 qui l’ont vu grandir aux côtés d'un père alcoolique traumatisé par la guerre de Corée... Pour tenter de comprendre la colère qui l'habite depuis toujours, Caelum va devoir explorer les recoins les plus obscurs de sa mémoire... Une plongée au cœur de l’histoire des Etats-Unis à travers l’épopée flamboyante d’une famille sur cinq générations.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Impossible de lâcher ce roman, les 800 pages se dévorent avec fureur...

Caelum Quik est le narrateur de cette fresque américaine. A 47 ans, il a quelques difficultés à trouver ses marques dans la vie. Professeur de littérature, Caelum Quik travaille dans le même lycée que son épouse. Lorsque ce troisième mariage est à son tour fragilisé, Caelum essaie désespérément de raviver l’amour dans son couple. Mais sa vie bascule brutalement lorsque Maureen, sa femme, se retrouve au milieu d’une fusillade. Même si elle fait partie des survivantes, Maureen n’est plus que l’ombre d’elle-même, elle sombre dans la dépression et la drogue. Pour se reconstruire, le couple se réfugie alors dans le Connecticut, dans la maison familiale de Caelum.

Cette fiction permet à l’auteur de nous entraîner dans l’Amérique d’hier et aujourd’hui. Wally Lamb évoque les catastrophes, naturelles ou pas, qui ont défiguré ce pays ces dernières années : la destruction des tours jumelles du Word Trade Center, le carnage de Colombine, les ouragans, les incendies, la guerre en Irak.

C'est un récit à tiroirs où les actes de bravoure et de militantisme sont attribués aux femmes. Les archives familiales mènent à l’époque de la guerre de sécession, des abolitionnistes. L’auteur décrit également la période où il a fallu lutter pour parvenir à créer la première prison pour femmes. Les journaux intimes de la grand-mère et l'arrière-grand-mère de Caelum nous font parcourir deux siècles d'histoire, de combats pour les droits civiques, l'autonomie des femmes et des minorités.


Par Marie - Publié dans : Littérature Etats-Unis - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 00:08

VIVEZ-Stephane-Hessel.jpg

 

Quatrième de couverture

"Nous sommes des êtres ambivalents. Nous avons beaucoup de choses lourdes et dangereuses en nous, mais nous en avons aussi d'autres plus généreuses et progressistes. C'est en essayant d'harmoniser les unes et les autres qu'il est possible, me semble-t-il, de parcourir le chemin de notre vie, en étant fiers de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons faire." S.H.

Après une vie de résistant et de militant pour la paix, Stéphane Hessel a entamé une seconde existence d'écrivain, avec notamment Indignez-vous ! (Indigènes Editions, 2010) qui connaît un succès international. Il nous offre dans Vivez ! une réflexion profonde sur l'amour, la vie, la mort, la spiritualité, l'âge, le respect de l'autre, suivie des poèmes qui ont rythmé et illuminé sa vie.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Admiratrice inconditionnelle de Stéphane Hessel, je ne pouvais qu'apprécier cet ouvrage !

Edouard de Hennezel et Patrice von Eersel ont rassemblé dans ce livre les pensées et confidences que Stéphane Hessel leur a livrées lors d'entretiens.

Edouard de hennezel a publié chez Carnets Nord, "Qu'allons nous faire de vous ?" et Patrice von Eersel est à la fois journaliste, écrivain et rédacteur en chef du magazine Clés.

Ce livre n'est pas un essai militant mais plutôt une conversation à batons rompus, détendue et amicale.

Stéphane Hessel répond sans détour et avec simplicité aux questions sur le sens de la responsabilité, l'éthique, les religions, l'amour, le bonheur et la mort. Il n'érige pas un dogme mais livre son expérience, ses tatonnements, ses convictions, sa tolérance.

Sa manière de concevoir l'existence a un charme désuet, il porte un humanisme qu'il faudrait réhabiliter face aux discours froids des puissances financières et politiques, face à l'intolérance grandissante.

Un petit extrait de son discours délicieusement iconoclaste à notre époque où toutes les religions essaient d'imposer leur prédominance :

Selon vous, nous n'avons pas besoin d'un dieu unique. Vous avez dit que les monothéismes étaient facteurs de violence...

Je pense que l'adjonction de l'adjectif "mono" avec "dieu" est une exigence qui existe dans les grandes religions que nous connaissons. Il faut un dieu unique et, naturellement, il ne peut être que "mon" dieu. Ce dieu étant le mien, le dieu de tout autre monothéisme est donc un faussaire et il est normal que je le combatte. C'est ce que je reproche aux monothéismes tels qu'ils se sont développés. Je pense que toutes les sociétés se sont construit des êtres supérieurs, des êtres mythiques qui peuvent être appelés "dieu", "idéal" ou "utopie". Ceux qui se sont construit des religions avec un bonhomme, barbu de préférence, qu'ils appellent le "dieu unique", ont pour moi un très grave défaut, c'est qu'ils ont tendance à se combattre les uns les autres.Et même lorsqu'ils prétendent se réclamer d'un seul dieu, du dieu unique qui devrait être le dieu de tous, ils considèrent que ceux qui l'adorent différemment sont dans l'erreur et méritent donc d'être combattus. C'est ce qui a fait les conflits les plus graves qu'ont connus les civilisations humaines : les conflits de religions."

 

J'admire Stéphane Hessel car ses paroles sont en accord avec sa manière de vivre. Ses détracteurs sont mal à l'aise face à lui car ils ne peuvent lui reprocher aucune malhonnêteté, malversation ou couardise. Alors les critiques comme Assouline (parmi les moins virulents malgré tout), à court d'arguments, se gaussent de "ses bons sentiments dégoulinants". En fait, son message simple pour revendiquer le droit de rêver d'une société plus humaine et l'incitation à agir, à s'impliquer dans la vie sociale, ne sont pas du goût de tout le monde. Enferme le commun des mortels dans un rôle de mouton, avec l'interdiction de l'utopie, c'est tellement plus pratique...

Pour clore élégamment cette interview, Hessel nous offre les poèmes qui rythme sa vie depuis toujours. Il affectionne particulièrement Friedrich Hölderlin, Edgar Allan Poe, François Villon, Joachim du Bellay, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire...

 

Je remercie les Editions Carnets Nord

Editions Carnetsnordde m'avoir offert le plaisir de découvrir en avant-première
ce nouveau titre de Stéphane Hessel.
La parution est prévue le 1er mars 2012.

 

 

Par Marie - Publié dans : Essais, biographies, reportages - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 00:05

Le-train-de-Venise---Georges-Simenon-copie-1.jpg 

Quatrième de couverture
Pourquoi toute l'image était-elle centrée sur sa fille ? Cela le gênait un peu, ou plutôt c'est après surtout qu'il y pensa, une fois le train en marche. Et encore ne fut-ce, en réalité, qu'une impression fugace, née au rythme du wagon et aussitôt absorbée par le paysage. Pourquoi Josée et non sa femme ou son jeune fils, alors qu'ils étaient groupés tous les trois dans la moiteur du soleil ? Peut-être parce que la silhouette de sa fille, dans une gare, debout devant un train en partance, était plus incongrue ? Elle avait douze ans ; elle était grande et mince, les jambes et les bras encore grêles, et les bains de mer, le soleil de la plage avaient donné à ses cheveux blonds des reflets argentés.

Avis d’une lectrice du dimanche
Ce roman m’a laissée perplexe… C’était la première fois que je lisais cet auteur, j’avoue que ce titre ne me donne pas envie de récidiver.  Il ne se passe RIEN et c’est d’un pessimisme !
Justin Calmar abrège ses vacances pour reprendre le travail. Il rentre seul, sa femme et sa fille s’attardent quelques jours de plus pour profiter de la douceur estivale. Dans le train qui le ramène de Venise vers Paris via la Suisse, un mystérieux voyageur demande un service à ce père de famille : déposer une valise à Lausanne. Sa vie tranquille va être quelque peu perturbée par la découverte d’un cadavre et de liasses de billets. Mais Justin Calmar n’est pas un homme d’action, il préfère la réflexion. Il réfléchit beaucoup, il déprime beaucoup…

Par Marie - Publié dans : Littérature française - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 00:05

L-Apiculteur---Maxence-Fermine-copie-1.jpg

 

Quatrième de couverture

" Je recherche l'or du temps ", écrivit le poète André Breton. Cette maxime aurait pu être celle d'Aurélien, héros de ce roman d'aventures initiatique. Depuis qu'une abeille a déposé sur sa ligne de vie une fine trace de pollen doré, ce jeune Provençal de la fin du XIXe siècle ne rêve plus que de l'or - un or symbolique, poétique, qui représente bien plus que le métal précieux. Son rêve le décidera à se détourner des champs de lavande familiaux pour installer des ruches et fabriquer le miel le plus suave. Puis, après l'anéantissement de son travail par un violent orage, à partir pour l'Abyssinie, où l'attend une femme à la peau d'or, qu'il a vue en rêve...

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Très beau roman !  

Un seul regret : cet auteur écrit des livres trop courts ! J'ai regretté de tourner trop vite la dernière page, je suis restée sur ma faim avec sa conclusion un peu rapide.
J'ai eu le même plaisir de lecture qu'avec son roman Neige, la même nostalgie une fois le livre refermé.

L'écriture poétique de Maxence Fermine est belle, métaphorique, les mots exhalent de doux parfums et laissent dans leur sillage des couleurs, des sensations. 

Ce conte s'interroge sur le sens de la vie, la réalisation des rêves, le désir de donner du sel à son existence. Chaque être imagine son propre trésor, la richesse se dessine différemment dans l'imaginaire de chacun.

Aurélien a une conception toute personnelle de l'or : il sera apiculteur et récoltera le miel doré des abeilles. Les aléas de la vie mettent à l'épreuve les rêves d'Aurélien et le poussent sur les pistes de l'Afrique. Finalement, quelle sera le sens de sa quête ? Aurélien chute, se relève parfois meurtri, avance résolument parfois vers des mirages, parfois vers l'essence même de la vie, la connaissance de soi et des autres.

Cette fable est optimiste car le voyage intérieur peut avoir un achèvement avant le point final de la mort. Il s'agit d'imaginer la plénitude, d'effleurer un équilibre, comprendre pourquoi la vie vaut la peine d'être aimée...

 

Extraits 

"En 1869, un certain Ferdinand de Lesseps permit l'ouverture du canal de Suez, offrant aux aventuriers, aux voyageurs et aux commerçants une nouvelle route vers l'Afrique. C'était bien sûr une folie : mêler le feu de la mer Rouge au bleu de la Méditerranée. Dix-neuf années plus tard, Aurélien Rochefer profitait de cette folie.
En cette partie du monde, la terre saigne et se répand dans les eaux, laissant le ciel cicatriser sa blessure avec de grands lambeaux de lumière. Ce soir-là, tandis que le bateau glissait lentement sur les eaux du canal de Suez, dans l'architecture tremblante des vagues formées par la rencontre inattendue de deux mers que tout oppose, Aurélien huma les fragrances de l'Orient, les parfums des épices et comprit qu'il se trouvait enfin sur la terrasse de l'Afrique."

"Cette nuit-là, tout en marchant dans le désert, Aurélien eut l'intuition de cette chose qui ne vient qu'au moment de mourir : la vie ne tient qu'à la solidité d'un fil. Un fil d'or tissé par les jours où l'on comprend que le besoin d'étancher sa soif sera toujours plus fort que le plaisir de boire. Que le besoin de rester en vie sera toujours plus beau que le plaisir de vivre.
Et il eut envie, de toutes ses forces, de rester rattaché à ce fil."

 

Merci Anjélica pour ce roman !
L'Apiculteur voyagera prochainement chez Yueyin...

 

 

Par Marie - Publié dans : Littérature française - Communauté : Mes livres préférés
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 12:45

 

Le-prince-de-la-brume---Carlos-Ruiz-Zafon.JPG 

Quatrième de couverture

1943, Angleterre. Fuyant la guerre, Max, sa soeur Alicia et leurs parents emménagent dans un village au bord de mer. Mais des événements inquiétants se succèdent. Leur nouveau foyer semble hanté. Une présence maléfique rôde entre ses murs. Que veut-elle ? Et pourquoi s'acharne-t-elle contre Roland, le nouvel ami de Max et d'Alicia ? En enquêtant sur ces mystères, les trois adolescents exhument d'effroyables secrets. Un être diabolique, le Prince de la Brume, réclame une dette venue du passé. Une dette dont Roland est le prix. Pour sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter le Prince de la Brume sur sont territoire : un cargo ténébreux, effrayant, échoué dans les fonds marins.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Même si L'ombre du vent reste pour l'instant le roman que j'ai préféré de Carlos Ruiz Zafon, le prince de la brume est également un très beau récit !

Pour une fois, Barcelone n'est pas le décor du livre, l'intrigue se déroule en Angleterre. Maximilian Carver essaie de mettre sa famille à l'abri en se réfugiant dans un petit village en bord de mer. La nouvelle maison a visiblement un passé assez lourd, terrible. Les parents ne semblent pas ressentir l'ambiance lourde dans cette demeure, seuls les enfants sont sensibles aux incidents de plus en plus importants qui ponctuent leur quotidien.

Ce roman, destiné aux adolescents, se déploie dans une ambiance fantastique avec des lieux hantés et un clown terrifiant. Les ressorts romanesque sont simples mais réussis. J'ai surtout aimé le parcours initiatique des adolescents dans le cocon des relations familiales, la découverte des liens indéfectibles de l'amitié.

 

 

Par Marie - Publié dans : Littérature espagnole - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 00:10

Rouge-dans-la-brume---Gerard-Mordillat.jpg 

Quatrième de couverture

Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal rêve de confort et de soleil. Ne supportant plus la dureté de leur vie ni les luttes quotidiennes, elle le quitte et emmène avec elle Océane, leur fille de quatre ans. Anath, la trentaine elle aussi, est DRH dans l’usine où travaille Carvin. Elle est mariée à un professeur d’université qui lentement s’éloigne d’elle, perdu dans les livres, l’alcool et d’inavouables secrets.
Rien ne semblait devoir rapprocher Carvin et Anath. Un monde les séparait. Mais quand l’usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains, qui rayent de la carte presque 400 emplois, la tempête qui se lève unit leurs destins.
Les ouvriers s’insurgent, occupent le site, incendient le stock, les ateliers, les camions de ceux qui voulaient déménager les machines. La révolte se propage à une deuxième usine, puis à une troisième, portée par l’espoir que le pays tout entier s’embrase.
C’est au cœur du brasier qu’Anath et Carvin se découvrent. Contre toute attente, contre toute raison, c’est dans la lutte que naît leur amour. L’un et l’autre n’ont plus rien à perdre, mais une vie à gagner. Sont-ils fous, criminels, insensés ? Ont-ils une chance de triompher ? Qu’importe !
Dans la folie du temps présent, ils auront su dire non. Ils auront fait entendre leur voix.

Avis d’une lectrice du dimanche


Je suis toujours touchée par les écrits de Gérard Mordillat, un des rares auteurs contemporains qui évoque si bien le monde ouvrier, avec autant d'empathie et de respect.

Le contexte est sans doute celui de nombreux sites industriels en France : Les actionnaires d'une usine, après avoir honteusement empoché l'argent public des collectivités locales, reviennent sur leur engagement de maintenir l'activité sur le site et ferment brutalement l'usine. Leur objectif affiché est de plaider la survie de l'ensemble du groupe devant des médias acquis à leur discours et au final ne financer aucun plan social. Carvin sera l'un des ouvriers les plus engagés dans la lutte. Contre toute attente, il sera rejoint par Anath, la DRH. Pour elle, gérer des ressources humaines implique encore la notion de respect et de justice. Tout autour d'eux, les familles se déchirent, les liens amicaux et amoureux survivent difficilement à la misère économique.

Même si je ne boude pas mon plaisir, je dois quand même admettre que cette histoire offre des similitudes assez importantes avec un de ses romans précédents, Les vivants et les morts. Les ficelles romanesques sont toujours les mêmes : un couple qui se déchire, un époux infidèle malgré tout attaché à sa famille, un meneur pur et dur dans la lutte contre le capitalisme sauvage, une histoire d'amour qui se noue dans la tourmente...

 

Par Marie - Publié dans : Littérature française - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 00:10

Conte du Tsar Saltan, de son fils le glorieux et puissant preux Saltanovitch et de la belle princesse-cygne

Conte-de-Pouchkine.jpg

 

Quatrième de couverture :
Trois soeurs filent un soir près de la fenêtre et discutent. Chacune à son tour énonce ce qu'elle serait capable d'accomplir si elle devenait tsarine. C'est alors que le tsar fait son apparition et s'adresse à la troisième qui avait fait le voeu de lui donner un fils en pleine santé. Il lui donne l'ordre d'honorer sa promesse et prend ses deux soeurs comme servantes. Conte en vers.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

L'histoire est plutôt classique : Un Tsar choisit une jeune épouse mais doit la délaisser très rapidement pour partir mener quelque guerre lointaine. Les deux soeurs de la jeune Tsarine ainsi qu'une obscure marieuse sont d'une jalousie maladive et profitent de l'absence du Tsar pour essayer de se débarrasser de l'épouse et de son enfant...

Je suis en général émerveillée devant la beauté des poèmes de Pouchkine.
Toutefois, même si ce conte est entièrement écrit en vers, j'ai été plus sensible à l'ironie du verbe tant le propos est direct, pragmatique... Voire même cavalier ! Les rebondissement de l'intrigue sont extravagants et burlesques à souhait ! En fait, j'ai trouvé ça très drôle, succulent,  j'ai bien ri avec cette lecture...

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un extrait :

 

"Bonsoir, jolie jouvencelle -
Déclare-t-il
Sois Tsarine
Et enfante-moi un gaillard

Pour fin septembre au plus tard.
Quant à vous, soeurs-damoiselles,

Allons, quittez ce boudoir
Et hâtez-vous à ma suite,
A ma suite et à la traîne
de votre soeur.
L'une de vous sera tisseuse

Et la seconde cuisineuse.
          ********

Le Tsar paraît dans l'entrée -
Tous de courir au palais.
Et sans autre préliminaire
En solennelles épousailles
Le soir-même, sans tarder,
notre Tsar de convoler.
Voici donc le Tsar Saltan
Flanqué de sa jeune épouse,
Qui préside un grand banquet.
Puis convives et dignitaires
Etendirent les épousés
Sur une couche d'ivoir doré
Et là, laissèrent en paix.
A l'office la cuisineuse
Bisque et rage ;
A son métier la tisseuse
Se lamente en enviant
L'épouse du grand Tsar Saltan.
Quant à la jeune Tsarine,
Sans attendre une heure de plus,
Dès la première nuit conçut.

          ********

 


Par Marie - Publié dans : Littérature russe - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Les droits imprescriptibles du lecteur

Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie
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Le droit de lire n'importe où.
Le droit de grappiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.

(Daniel Pennac, Comme un roman)

 

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Ecosse---Durness-Lochs-Tongue-et-Eriboll 4882ECOSSE
Durness, les lochs
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Ecosse---Handa-Island 7032-2ECOSSE
Handa Island
2011

 

Ecosse---Ullapool-et-Assynt 4353ECOSSE
Ullapool et l'Assynt
2011

 

Ecosse---iles-Hebrides-Exterieures 3757

ECOSSE
Les Hébrides Extérieures
2011

 

Ecosse---Chateau-Eilan-Donan-et-Ile-de-Skye 3391ECOSSE
Château Eilean Donan
et l'Île de Skye
2011

 

Ecosse---Glencoe---Fort-William 3249ECOSSE
Glencoe et Fort William
2011

 

Ecosse---Edimbourg 2908ECOSSE
Edimbourg
2011

 

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2007 et 2008


ESPAGNE
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Kalahari
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Sainte Lucie

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cap boulder plage manchoAFRIQUE DU SUD
Le Cap

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Fish River canyon bisNAMIBIE
Fish River canyon
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Septembre 2000
 

 

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Titicaca - CopacabanaBOLIVIE
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Breche de Roland

BRECHE DE ROLAND
ET VIRE DES FLEURS
(ORDESSA)
Juillet 2010

 

Vue vers col de Faustin 2653mMONT VALIER
(2838 m)

Juillet 2010

 

Tente au pied du sommetCARLIT
(2921 m)

Juillet 2010


 
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