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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:50

La-vie-adulte---Virginie-Mouzat.jpg

Quatrième de couverture

"Ma mère était partie. Volatilisée. Je l'imaginais portant son vison jour et nuit, accrochant la lumière des phares sur sa fourrure sombre, jambes nues déjà."

La mère a disparu comme une image de ce temps-là, début des années 70, quand l'idéal de vie et de réussite était dans la maison individuelle, la Ford Taunus et le vison.
C'est ce vide que découvre sa fille adolescente, enfermée dans son désarroi, le blanc de la vie adulte devant elle en énigme.
Style minimaliste, rythme sourd, Virginie Mouzat explore ce ballet d'ombres, ce passage du négatif à la couleur quand on sort de l'enfance par l'épreuve de l'absence et du silence.
Virginie Mouzat a publié un premier roman très remarqué, Une femme sans qualités, en 2009.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

L’auteur dissèque le mal-être d’une famille des années 70. Tout semble sourire au couple et à leurs deux enfants : un pavillon en banlieue parisienne, une voiture de luxe… Ils ont peu à peu ajouté à leur collection tous les articles nécessaires à la vitrine de la réussite sociale.

Néanmoins, la mère est une éternelle insatisfaite et ne supporte plus son image de belle femme au foyer. Ses efforts pour coller une étiquette d’intellectuelle sur sa précieuse personne volent en éclat car cette potiche est désespérément creuse. La femme s’enfuit finalement, reniant même son rôle de mère.

Ses deux enfants sont à cette période là entrés dans l’adolescence. L’éclatement familial est raconté par Dominique, jeune fille de 15 ans. Sans repère véritable, elle cherche à se forger sa future personnalité d’adulte. Le symbole de cette décision est son changement de prénom : elle s’appellera désormais Nathalie. Elle embrasse d’un regard froid et sans concession la personnalité de ses parents, uniquement basée sur les apparences. Nathalie adapte une méthode presque clinique pour avancer dans sa vie : elle sélectionne les expériences nécessaire à son édifice personnel et rejette l’hypocrisie ambiante. L’adolescente raconte sa mère, son admiration pour elle et sa désolation. C’est presque un éloge funèbre car peu à peu Nathalie fait le deuil de cette mère narcissique qui n’a pas su, ou pas voulu, aimer ses enfants…
Ce roman s'installe dans la société des années 70 avec force détails sur cette période, mais l'essence du récit se transpose aisément dans notre actualité...

 

Je remercie les éditions Albin Michel
de m'avoir fait découvrir ce roman.

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La rentrée littéraire 2010

Rentree-litteraire-2010-copie-1.jpg 

 

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commentaires

lizagrèce 03/10/2010 21:30


J'ai vu plus fort que les couches lavables sur les blogs : les serviettes périodiques lavables ... Là, on croit rêver ...


Marie 03/10/2010 21:33



Ah oui ? là tu me sidères... Oh rage, désespoir... Et dire que les discours ambiants relèguent les féministes au rang de grincheuses ringardes et frustrées !


 



lizagrèce 03/10/2010 13:19


Sans compter certains courants dits "naturalistes" où - sous couvert d'écologie- on demande aux femmes (exclusivement) une véritable régression


Marie 03/10/2010 21:25



Exactement ! Certains crétins veulent par exemple rétablir les couches lavables ! Je dis OK à condition que ce soit les papas qui les lavent !!!


 



lizagrèce 30/09/2010 13:16


Je pense plutôt que les mouvements féministes auraient encore toute leur place à l'heure actuelle car la tâche est loin d'être terminée.


Marie 03/10/2010 09:54



C'est clair ! Le chantier est même énorme car j'ai le sentiment qu'il y a une régression de la condition des femmes. Les jeunes ados ne sont guère réceptives aux discours féministes et nombre
d'entre elles rêvent  seulement de trouver un homme pour les entretenir, ça me fait halluciner !


Ensuite, la montée des religions monothéistes (je les mets toutes dans le même panier), avec des appétits très clairs de retour à un pouvoir social (et même politique), n'arrangent pas les
choses...


 



lizagrèce 28/09/2010 22:27


Les années 70 étaient en effet les années de mutation d'une société occidentale qui allait changer grâce surtout à la "libération" des femmes


Marie 29/09/2010 21:05



C'est tout le dilemne soulevé par ce livre. Le féminisme a été un mouvement superbe et nécessaire. Mais certaines femmes s'y sont perdues et n'ont pas su faire la part des choses entre
authenticité, apparences, égoïsme forcené...


 



DF 28/09/2010 20:21


Ca me parle - et assez d'accord avec Quichottine pour dire que notre société crée les insatisfactions qu'elle prétend résoudre...

Donc je note cette référence dans un coin de mémoire. Merci pour ce coup de projecteur!


Marie 29/09/2010 21:01



Les insatisfaction sont une bonne chose lorsqu'elles permettent de se dépasser et d'améliorer notre quotidien. Cela devient navrant lorsque cela devient des frustrations qui font perdre de vue
tout le trésor des relations humaines...


 



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