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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 09:50

  Le-quai-de-Ouistreham---Florence-Aubenas.jpg

 

Quatrième de couverture

" La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu'en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l'impression d'un monde en train de s'écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J'ai décidé de partir dans une ville française où je n'ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail. J'ai loué une chambre meublée. Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j'avais trop à faire là-bas. J'ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n'ai plus quitté mes lunettes. Je n'ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m'arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c'est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009. J'ai gardé ma chambre meublée. J'y suis retournée cet hiver écrire ce livre. ", Florence Aubenas.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Un reportage très bien fait, à lire absolument ! 
Ce n'est pas une oeuvre littéraire, mais un témoignage, une enquête.   

Florence Aubenas s'est installée pendant quelques mois à Caen pour vivre dans les mêmes conditions qu'une femme sans emploi et sans autre diplôme que le bac. Elle décrit son parcours du combattant à l'ANPE et ensuite avec des employeurs toujours plus exigeants.

Dans cette ville sinistrée au niveau de l'emploi, la seule perspective professionnelle pour le profil choisi par Forence Aubenas réside dans les ménages. Les entrevues au Pôle Emploi sont souvent humiliantes et n'amènent pas grand chose.

 Les employeurs proposent des heures de ménage comme s'ils accordaient des faveurs. Les horaires sont très inconfortables et surtout ces femmes sont payées 2 heures pour en fait 3 ou 4 heures de travail acharné. C'est systématiquement de l'exploitation.

Le quotidien s'apparente à de la survie. Leur revenu les enlise souvent en de-dessous du seuil de pauvreté. L'accès au logement et à la nourriture est problématique. Se soigner correctement relève de la science fiction. Peu de médecins et de dentistes acceptent de soigner les malades pris en charge par la CMU. C'est moche n'est-ce pas ?

Mais ce que j'ai trouvé le plus navrant dans ce reportage, c'est le mépris des gens pour les femmes de ménage et les caissières. La cerise sur le gâteau, c'est le mépris des syndicats pour ces professions précaires, et pour les femmes en général. Quelle honte venant d'organisations chargées de lutter pour plus d'équité dans notre société :  

"Victoria et Fanfan avaient créé la section des "précaires" qui devait réunir la masse montante des travailleurs aux emplois éclatés, les employés d'hypermarchés, les intérimaires, les femmes de ménage ou les sous-traitants. Le syndicalisme n'était pas une affaire facile dans ce monde d'hommes, organisé autour des grosses sections, les métallos, les chantiers navals, les PTT."

"Dans les manifs, certains avaient honte d'être vus à côté des caissières de Continent ou des femmes avec un balai. C'était leur grève à eux, leur marche à eux, leur banderole à eux, leur syndicat à eux".

"Cela devait être au début des années 80, à une réunion bien sûr, où Victoria donnait encore une fois le point de vue des femmes de ménage. Un copain lui a coupé la parole. "Je me rends compte que les militants ne passent plus jamais le balai dans les locaux. On cherche quelqu'un pour le faire. Pourquoi pas toi, Victoria, quelques heures par semaine ? Tu serais salariée."

"Un responsable est nommé pour diriger la section des "précaires", un vrai lettré, bardé de diplômes. "Il faut un intellectuel pour représenter dignement le syndicat, disent les permanents. On ne peut quand même pas envoyer une caissière ou une femme de ménage aux réunions."

Florence Aubenas nous amène à mieux regarder autour de nous et à réaliser que de plus en plus de gens vivent dans des conditions précaires, sans revenu décent. La plus grande leçon de ce reportage est la question des classes sociales. Un mépris croissant salit toute une population désargentée et laborieuse. 

 

L'avis de Claudia

 

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commentaires

La plume et la page 06/01/2011 22:07


Ce n'est pas que je ne l'ai pas trouvé réaliste mais on a l'impression qu'elle débarque d'une autre planète... Paris ce n'est pas si loin de Caen pourtant! Elle fait passer les Normands pour des
abrutis et des naïfs et puis je n'ai pas du tout aimé la façon dont le livre est construit.


Marie 12/01/2011 22:31



Ah, je n'ai pas perçu ce livre comme ça. Je pense que l'intelligence des gens qui sont au chomage n'est pas du tout remise en question. Mais comme il y a très peu d'emplois, ils n'ont pas le
choix, les patrons en profitent pour exploiter les personnes fragilisées.


 



Noukette 06/01/2011 22:02


Un livre nécessaire...


Marie 12/01/2011 22:30



Ce livre fait prendre conscience de pas mal de choses, d'un développement du mépris et même racisme entre les classes sociales.


 



La plume et la page 09/12/2010 15:29


Je n'ai pas du tout été emballée par ce livre. Même plutôt déçue... Peut-être parce que je suis Normande et que je m'attendais à autre chose.


Marie 09/12/2010 20:27



Tu as trouvé que ce livre n'était pas réaliste ?


 



dominique 09/12/2010 11:07


Un bon documentaire! je l'ai lu et chroniqué aussi! Comme le précédent de l'auteur.

Le mépris pour le personnel de service m'a beaucoup touchée aussi, quoique pas étonnée.


Marie 09/12/2010 20:26



Ben si, moi je suis tombée des nues et j'ai été surprise et écoeurée par ce mépris...



Yv 09/12/2010 09:55


Toujours pas lu, mais toujours tenté


Marie 09/12/2010 20:22



De toutes façons, c'est un livre qui restera hélas d'actualité pendant longtemps à mon avis...


 



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