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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:27

Le-village-de-l-Allemand-Boualam-Sansal.jpg

 

Quatrième de couverture

Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid... Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. «À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles.» Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Coup de cœur !

 

Ce roman magnifique, bouleversant, dénonce les extrêmes, laïques ou religieux, qui mènent inéluctablement à la destruction et à la mort d’innocents.

 

Boualem Sansal a réussi à créer deux personnages très attachants avec les frères Schiller. Ils ont été élevés tous deux par leur oncle dans une banlieue parisienne et suivent chacun des voies très différentes. Rachel réussit à la fois ses études, sa vie sociale et affective. En revanche, Malrich s’enfonce dans l’échec scolaire et la petite délinquance. Le récit ne démarre qu’après le suicide de Rachel, lorsque Malrich découvre le journal intime de son frère, avec les révélations et le cheminement intellectuel qui l’a conduit à sa perte. Comment continuer à vivre lorsque, après avoir appris que leurs parents viennent de se faire égorger par des islamistes en Algérie, les deux fils découvrent que leur père est un ancien tortionnaire nazi ?

 

Malrich partage l’horreur qu’a éprouvé Rachel mais prend une direction différente. Il fait un parallèle entre la fureur meurtrière du nazisme et la montée de l’extrémisme islamiste qui ravage certains pays et défigure nos banlieues. L’auteur a été fortement critiqué pour cette comparaison mais je ne peux m’empêcher d’adhérer à cette idée que beaucoup d’intellectuels qualifient de simpliste. Bien sûr, le système n’est pas comparable mais la similarité des mécanismes font froid dans le dos : la misère économique et social engendre la délinquance, les systèmes mafieux, puis la montée de voix populistes qui prônent le racisme (racial ou religieux) et suggèrent des solutions radicales.

 

J’ai lu d’une traite ce livre, un appel vibrant à la tolérance, au droit de vivre une existence libre, et surtout un plaidoyer pour le devoir de mémoire. Nos systèmes éducatifs et même médiatiques doivent insister sans relâche sur l’horreur de l’holocauste et sur les dérives extrémistes. De nombreuses références à des témoignages exceptionnels jalonnent cet ouvrage. Le livre très fort de Primo Lévi, Si c’est un homme, est souvent mentionné et occupe en place essentielle dans ce roman…

 

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commentaires

dasola 29/04/2013 19:25

Bonsoir Marie, ce roman fut aussi un coup de coeur (lu en 2008) et je l'ai écrit: http://dasola.canalblog.com/archives/2008/04/09/8415641.html . Bonne soirée.

Choupynette 02/04/2013 17:28


Je l'avais complètement oublié depuis notre rendez-vous lectures moyen-orientales! tu me le remets en mémoire avec ton billet coup de coeur!

keisha 01/04/2013 08:21


Une bonne lecture, en effet!


Je suis tes exploits sur F...k, tu va bien?

Marie 01/04/2013 18:38



Oui très bien ! Je suis juste devenue trop fainéante sur les blogs... Mais ce beau titre a réussi à me motiver pour faire une fiche de lecture !  :-)


 



yueyin 31/03/2013 21:27


Une petite merveille ce roman :-)


 

Marie 01/04/2013 18:36



Oui, et je l'ai découvert grâce à toi ! Ca me donne envie de lire d'autres titres de cet auteur !


 



DENIS 31/03/2013 19:55


j'ai envie de le lire d'autant qu'il rentre dans mon challenge "littérature francophone d'ailleurs" 

Marie 01/04/2013 18:35



Un titre à ne pas rater !  :-)


 



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