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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:15

Les-vivants-et-les-morts---Gerard-Mordillat.jpg 

 

Quatrième de couverture

Lui, c'est Rudi. Il n'a pas trente ans. Elle, c'est Dallas. Bien malin qui pourrait dire pourquoi tout le monde l'appelle comme ça. Même elle a oublié son nom de baptême... Rudi et Dallas travaillent à la Kos, une usine de fibre plastique. Le jour où l'usine ferme, c'est leur vie qui vole en éclats, alors que tout s'embrase autour d'eux. A travers l'épopée d'une cinquantaine de personnages, Les Vivants et les Morts est le roman d'amour d'un jeune couple emporté dans le torrent de l'histoire contemporaine. Entre passion et insurrection, les tourments, la révolte, les secrets de Rudi et Dallas sont aussi ceux d'une ville où la lutte pour la survie dresse les uns contre les autres, ravage les familles, brise les règles intimes, sociales, politiques. Dans ce monde où la raison financière l'emporte sur le souci des hommes, qui doit mourir ? Qui peut vivre ?

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Un beau roman, à lire absolument !

Gérard Mordillat fait revivre l’esprit de Zola : il parle des ouvriers, leur quotidien, les difficultés pour vivre correctement avec des salaires bas, les licenciements.
Pas de moralisation ni de sensiblerie, juste de l'observation

 

Ce style de roman réaliste n’est plus tellement à la mode de nos jours car medias et politiques répètent à l’envie que la lutte des classes a disparu dans nos démocraties ! Du coup, à quoi bon parler de ce qui n'existe pas ?

 

L’histoire est simple, classique, et se répète hélas chaque année dans les usines qui fonctionnent encore dans les pays occidentaux. Un plan social est annoncé aux salariés : des licenciements ! Une réduction des salaires et la suppression des avantages sociaux sont le prix à payer pour ceux qui échappent à la "charrette". Le chantage de la fermeture définitive de l’entreprise fait accepter les pires mesures aux plus récalcitrants.

Le scenario mis en place par quelques financiers sans scrupule est bien rodé, planifié de manière cynique. Après le plan social, les ouvriers s’investissent avec acharnement pour sauver leur outil de travail, les politiques offrent des subventions pour que l’usine continue à fonctionner. Les promesses faites aux collectivités locales et aux salariés sont oubliées dans les un ou deux ans qui suivent, les usines sont discrètement vidées de leurs richesses, pour finalement être délocalisées.

 

Dans Les vivants et les morts, les ouvriers de la Kos, une usine de fibre plastique, se fédèrent pour lutter contre la fermeture du site. La délocalisation, c'est la mort du village. Aucune alternative ne sera proposée à ces nouveaux chômeur. Alors que certains essaient de sauver leur emploi avec de la négociation, et à coup de trahisons, d'autres se battent jusqu'au bout, le désespoir les amène vers des actes violents, irrémédiables.

 

Le ton est réaliste, les individus ne sont pas idéalisés. Toute la complexité de la nature humaine est bien dépeinte par Gérard Mordillat.

 

Et les très méchants me direz-vous, comment l’auteur les décrit-il ? Et bien ils sont tout simplement invisibles ! Grâce à la mondialisation, les financiers qui ont droit de vie ou de mort sur les usines se dissimulent, souvent confortablement installés dans d’autres pays. Des directeurs, sur place, gèrent les plans sociaux catastrophiques. Ils aiment souvent leur entreprise et respectent leurs salariés mais ils sont impuissants, assujettis aux ordres de rentiers qui ne se salissent jamais directement les mains.

 

Un "détail" négligemment glissé dans ce roman :

Les investisseurs reprennent des sites industriels rarement pour accroître leur cheptel d'usines et d'ouvriers. L'objectif est d'acquérir des procédés industriels, des brevets. Une fois qu'ils ont en poche les précieux savoir-faire et sésames, ils jettent sans ménagement les humains qui ont permis l'émergence de ces compétences.

 

 

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commentaires

keisha 08/10/2011 06:40



Marie, je suis ravie de te revoir, mais prends ton temps, trouve ton rythme! profite de pouvoir courrir!



Marie 11/10/2011 23:17



Justement, comme je dois faire une petite pause dans la course en ce mois d'octobre, j'en profite pour écrire quelques billets !!!  


 



Krol 07/10/2011 19:10



Un très bon livre qui se lit rapidement malgré le nombre conséquent de pages.



Marie 07/10/2011 21:58



C'est clair, ce livre se dévore !


 



keisha 02/10/2011 16:31



? ???? Blog en friche? OK tu as le droit, mais ça fait drôle, d'un coup d'un seul!



Marie 07/10/2011 22:01



Tu vois, tu as bien fait de me secouer un peu ! Je suis en phase de bonnes résolutions, et tentative de reprise du fil des conversations bloguesques ! 



Yv 22/09/2011 15:58



J'avais beaucoup aimé lorsque je l'avais lu, il y a longtemps.



Marie 07/10/2011 22:02



Difficile de ne pas éprouver d'empathie pour tous ces personnages en pleine crise !


 


 



dasola 21/09/2011 18:39



Bonsoir Marie, ce livre raconte un travers de notre époque pas reluisant du tout. Cela donne envie de pleurer. Bonne soirée.



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