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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 00:05

La-delicatesse---David-Foenkinos.jpg 

Quatrième de couverture

François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… – Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. '

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Lecture divertissante, légère…

Nathalie a connu un amour intense, fusionnel, qui s’arrête brutalement avec le décès de son mari. Cette très belle femme porte le deuil pendant plusieurs années et se consacre entièrement à son travail, dans une grande société suédoise. Au grand désespoir de son patron qui la poursuit de ses assiduités, elle portera finalement son regard sur un obscur employé de l’entreprise, dont le charme n’apparaît vraiment pas spontanément !

Cette gentille histoire ne restera probablement pas gravée dans ma mémoire. Mais la plume de David Foenkinos, légère, délicate et pleine d’humour, a le chic pour rendre cette comédie sentimentale irrésistible...



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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 14:25

Sapin-rouge---traineau.jpg

 

  Enfin les fêtes et les vacances sont là !


Il est temps de...


 

tempete-bretagne-phare.jpg   partir en Bretagne

 

sapin-illumine.jpeg   profiter du bonheur des enfants

 

sapin-blanc-et-neige.jpeg   hiberner sous la couette

 

sapin-livres.jpg   lire, lire et lire encore...

 

 

Je vous souhaite
de belles et douces fêtes de fin d'année !

 

 


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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:30

Une-poignee-de-gens---Anne-Wiazemsky.jpg 

Quatrième de couverture

Un paysan appelé Vania poussait une barque entouré d'enfants. Il est mort d'un arrêt du coeur, là, quelque part dans l'herbe. Les enfants ont grandi en exil, sous d'autres nationalités. Ils sont devenus français, anglais, américains. La plupart ne sont jamais revenus en Russie.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Coup de cœur !

 Jusqu’à ses 40 ans, Marie Belgorodsky ne s’est jamais vraiment intéressée à ses origines russes. Elle est quasiment dans le déni car le passé a meurtri sa famille. Sa rencontre avec un vieil homme, Vassili Vassiliev, va changer son horizon. Il lui remet le Livre du Destin, journal intime de Adichka Belgorodsky, son grand-oncle, et de Nathalie, sa grand-tante. Le couple Belgorodsky est issu d’une lignée illustre, appartenant à la noblesse terrienne. Ce témoignage relate une période à jamais disparue, leur vie au début de la révolution communiste, entre 1916 et 1917. Cette famille a fuit pour survivre et s’est dispersée en Europe et aux Etats-Unis. Marie Belgorodsky, fascinée par ce récit, a désormais envie de revenir sur les pas de son passé pour rendre hommage à ce couple princier.

Ce roman est magnifique, sensible, écrit avec raffinement et fluidité. C’est la haute société russe avant la première guerre mondiale qui est décrite, avec son faste et son insouciance. Ces propriétaires terriens ont un niveau culturel exceptionnel. Musiciens remarquables, ils consacrent des heures à l'art. Ils vénèrent la littérature russe et française. Adichka Belgorodsky, le seigneur de Baïgora, est respecté par les paysans qui travaillent pour lui : Il les traite avec humanité et commence à adhérer aux idées nouvelles de partage des terres. Pourtant des restes d’insouciance obscurcissent sont jugement. Il n’évolue pas assez vite pour répondre aux aspirations de justice sociale de la population. Les vœux légitimes d’une vie meilleure des paysans se sont heurtés à l’autisme de la noblesse, isolée dans la cage dorée de l’oisiveté.

Le contexte historique est omniprésent dans ce roman avec les ravages de la guerre de 1914-18, la cruauté de Raspoutine et sa présence néfaste à la cour jusqu’à son assassinat. La révolution bolchevique est décrite comme une vaste manipulation, les basses manœuvres de quelques agitateurs opportunistes qui ont utilisé la misère du peuple. Toute partiale qu’elle soit, cette analyse n’est pas dénuée de fondement car la liberté du peuple russe a finalement toujours été confisquée, d’abord par les tzars et la noblesse, puis par les différents responsables du régime communiste. Les bolcheviques ont massacré un grand nombre d’êtres souvent innocents. Si toutes les révolutions se font dans le sang, de celle-ci la lumière et la démocratie n’ont pas réussi à émerger.

Ce beau livre m’a donné envie de lire les autres titres de Anne Wiazemsky, et surtout de me replonger dans la littérature classique russe !

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:40

 Le-choeur-des-femmes---Martin-Winckler.jpg

 

Quatrième de couverture

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Je n’aurais jamais eu l’idée (saugrenue !) de lire ce roman si Katell ne me l’avait pas prêté…
Et contre toute attente, j’ai aimé ! 

Médecin de formation, l’écriture détourne finalement Martin Winckler de cette profession. Néanmoins, sa vocation et sa passion pour la médecine restent intactes, comme en témoignent ses différents romans. D’ailleurs, il met à jour régulièrement son blog (www.martinwincker.com) pour guider les lectrices en quête d’informations  (accès à l’IVG, contraception, éthique, connaissances médicales, conseils, publications…).

Jean Atwood, interne au cursus brillant, jeune femme (comme son nom ne l’indique pas…) à l’égo démesuré, est obligée de passer quelques semaines dans la petite unité gynécologique du professeur Karma. Le mépris de Jean (le prénom se prononce Djinn…) pour les méthodes peu orthodoxes de ce médecin évolue peu à peu au fil des visites et expériences.

Le roman débute d’une manière un peu rigide avec l’affrontement de deux visions de la médecine et un long exposé de visites médicales et d’exemples de pathologies. Puis le récit s’emballe d’une manière extravagante, malicieuse : de nombreux rebondissements romanesques s’insèrent avec bonheur dans la démonstration. Humour, romantisme et dérision cohabitent très bien !

L’écriture de ce roman est agréable, dynamique, avec de nombreux apartés et digressions.

Je n’aurais jamais découvert spontanément ce roman, c’est clair ! Ma première question a été : quelle mouche a piqué cet écrivain ? Quel intérêt d’écrire (et de lire…) un pavé de près de 700 pages sur les affections gynécologiques ?

Dans le chœur des femmes, son leitmotiv est le respect du patient. Martin Winckler s’insurge contre les spécialistes et chirurgiens qui prennent leurs patients en otage de leurs ambitions, et de leurs préjugés. Les « petits » maux quotidiens de leurs patientes sont d’une importance infime à leurs yeux, les élites ne sont pas là pour écouter des jérémiades de bonnes femmes !

Sa présentation très tranchée, avec d’une part les médecins généralistes parfaits d’humanité et de l’autre côté les spécialistes dédaigneux, est évidemment un peu simpliste.

Toutefois, même si j’ai parfois frôlé l’overdose face à la multiplicité des exemples médicaux, j’ai été forcément séduite par le roman de ce défenseur des droits des patients, prenant en compte la peur et la douleur. L’auteur est un grand féministe de surcroît !

   

Petite précision : Katell a toujours plein d'idées sympa de lecture et elle commence un nouveau blog de lecture. N'hésitez pas à aller le visiter !...


 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 19:15

 Le vieux qui ne voulait pas feter son anniv - Jonas Jonasso

 

Quatrième de couverture

Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec quelques coups de pouce du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao…
« Un chef-d’œuvre dans l’art du mensonge. J’oserai même prétendre que le souffle d’Arto Paasilinna traverse les pages de ce livre. » Smålandsposten

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Voyage très agréable, à la fois géographique et temporel, avec un centenaire atypique.

Un road movie pimenté d’une bonne dose d’humour décalé. Enfin… Road movie n’est peut-être pas la définition exacte pour ce périple de toute une vie qui passe parfois par les airs, la mer, ou en toute simplicité par l’Everest !

Allan Karlson est un être particulier, sans passion. Durant sa jeunesse, le autorités suédoises le suspecteront de folie, déroutées par sa personnalité disons un peu « différente », et sidérées par quelques manipulations hasardeuses au niveau des explosifs. Allan est inculte mais passionné par les explosifs. Autodidacte, il deviendra le meilleur dans son domaine. Durant toute son existence, la colère a peu d’emprise sur lui, il ne s’intéresse ni à la politique ni à la religion. Ses seules ambitions dans la vie sont de prendre de bons petits repas et surtout pouvoir siroter un verre (voire une bouteille). Ces traits de caractère, son génie pour les explosifs ainsi qu’une chance insolente, lui permettront de côtoyer toutes les grandes figures du XXe siècle et d’en ressortir indemne. Au soir de sa vie qui joue les prolongations, il ne supporte plus la discipline de la maison de retraite dans laquelle il était sensé attendre sagement la faucheuse. Il se sauve par la fenêtre, en charentaises, et va encore réussir à s’entourer de tous les déjantés qu’il rencontre dans sa fugue. Après le vol d’une valise, une facétie supplémentaire, notre centenaire se retrouve avec des malfrats et la police à ses trousses…

Aucun souci de vraisemblance dans ce récit, l’auteur s’amuse et nous fait plaisir…

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:50

 Un-employe-modele---Paul-cleave.jpg

 

Quatrième de couverture

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d'être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d'avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu'une de ces femmes n'a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu'il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d'une originalité confondante transfigure tous les clichés du genre et révèle un nouvel auteur, dont on n'a pas fini d'entendre parler.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Joe, mène deux vies parallèles : Homme de ménage dans un commissariat, il est fier d’être en même temps le « Boucher de Christchurch ». Pendant son travail, il se fait passer pour un gentil attardé, complètement insignifiant. Par contre, son cynisme et son ego démesuré s’expriment sans retenue lorsqu’il assassine des femmes. Un autre tueur commence à sévir en copiant son mode opératoire. Joe décide de trouver ce plagiaire pour lui faire passer l’envie de recopier son œuvre. Les choses se corsent lorsque notre manique est confronté à d’autres psychopathes tout aussi cinglés que lui.

Le Boucher de Christchurch est le narrateur, et j’ai trouvé vraiment inconfortable d’être dans la tête d’un tueur en série pendant tout le roman ! Enfin, il n'y finalement pas une grande originalité dans ce récit dont le fin est prévisible...


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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 17:30

  L-Immeuble-Yacoubian---Alaa-El-Aswany-1.jpg

 

Quatrième de couverture

Construit en plein cœur du Caire dans les années 1930, vestige d'une splendeur révolue, l'immeuble Yacoubian constitue un creuset socioculturel très représentatif de l'Egypte du XXIe siècle naissant. Dans son escalier se croisent ou s'ignorent Taha, le fils du concierge, qui rêve de devenir policier ; Hatem, le journaliste homosexuel ; le vieil aristocrate Zaki, perdu dans ses souvenirs ; Azzam, l'affairiste louche aussi bigot que lubrique ; la belle et pauvre Boussaïna, qui voudrait travailler sans avoir à subir la convoitise d'un patron... Témoin d'une époque, Alaa El Aswany pose, sans juger, un regard tendre sur des personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège, celui d'une société dominée par la corruption politique, la montée de l'islamisme, les inégalités sociales, l'absence de liberté sexuelle, la nostalgie du passé. Mais ce roman n'aurait pas conquis un tel nombre de lecteurs dans le monde entier s'il se contentait d'évoquer l'Egypte au tournant du millénaire : en digne héritier d'un Dostoïevski comme d'un Zola ou d'un Mahfouz, c'est bien de l'homme que nous parle Alaa El Aswany, de ses vices et de ses faiblesses, de ses rêves et de ses échecs, et le miroir qu'il tend, pour indulgent qu'il soit, n'en est que plus effrayant.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Très beau roman !

Alaa El Aswany nous offre un instantané de la population égyptienne et des conditions de vie
dans ce pays au début des années 90.
Cet état des lieux, paru en janvier 2006, est lucide et humain. La situation devait être d’ailleurs exactement la même à la veille de la révolution qui a conduit l’ancien président Hosni Moubarak à la démission en février 2011.

L’immeuble Yacoubian existe vraiment. Cet édifice, construit dans les années 30 au Caire, fut d’abord un immeuble  luxueux avant de perdre peu à peu son aura. Il abrite maintenant des habitants pauvres dans ses sous-sols et sa terrasse.

A travers la vie des locataires au profil disparate, les travers de la société Egyptienne sont mis en évidence. La corruption atteint des proportions infernales et le cloisonnement social est très rigide. Toute évolution favorable dans la hiérarchie est impossible pour les classes pauvres, même avec un bon niveau d’études. Les jeunes sont peu à peu récupérés par les mouvements islamistes. A la base, il ne s’agit pas de recrues mues d’un désir de sang et d’intolérance. Le cheminement sur la voie de l’intégrisme est complexe. Les recruteurs essaient d’abord d’offrir respect, chaleur et humanité aux étudiants et travailleurs pauvres. Mais le pouvoir traque tous les sympathisants religieux, emprisonne, torture, humilie. Les survivants des geôles égyptiennes sont marqués à vie, leur désespoir est utilisé par les responsables des mouvances intégristes pour franchir l’étape du terrorisme.

Les minorités sont opprimées. Les homosexuels sont contraints de se dissimuler pour survivre. La condition des femmes est tragique également car le mélange de puritanisme, d’hypocrisie et de misère les enferme dans des situations intenables. Soad, par exemple, est une jeune veuve avec un garçon à sa charge. L’unique solution pour elle pour nourrir son enfant et ne pas sombrer dans la prostitution est d’accepter de se marier avec Azzam, un vieux homme libidineux. Le pacte de mariage ressemble étrangement à un deal de proxénétisme. Le contrat lui impose l’abandon de son enfant, l’obligation de passer son temps à attendre et à amuser sont seigneur et maître, et enfin l’interdiction formelle de tomber enceinte.

Les habitants de l'immeuble ont un point commun : la "débrouille". Pour s'en sortir, il faut déployer des trésors d'imagination pour inventer des astuces et combines...

J’ai adoré ce roman plein de vie et de couleurs. Le style n’est pas mélancolique, mais plutôt énergique. Même si l’auteur présente une situation sombre, sa vision recèle quand même des pépites d’espoir, tant au niveau individuel que collectif. L’évolution de l’Egypte a donné raison à Alaa El Aswany : les politiciens véreux qui se moquaient ouvertement de la misère du peuple et de son apparente servitude ont été balayés de belle manière par l’envie de liberté et de justice des Egyptiens.

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 17:30

Un-ete-sans-les-hommes---Siri-Hustvedt.jpg

 

Quatrième de couverture

Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu’elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui a, depuis la mort de son mari, pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l’œuvre chez les sept adolescentes qu’elle a accepté d’initier à la poésie le temps d’un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable…

Parcours en forme de « lecture de soi » d’une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d’une humanité fragile mais se réinventant sans cesse.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Mia, poétesse et enseignante, ne supporte pas la « pause » imposée par son époux dans leur relation de mariage. Boris cède au démon de la cinquantaine et s’amourache d’une femme beaucoup plus jeune. Dire que Mia vit très mal cette rupture est un euphémisme, elle fond tout simplement les plombs ! Un petit séjour dans un hôpital psychiatrique sera nécessaire pour reprendre ses esprits. Convalescente, Mia se réfugie pour un temps dans le Minnesota afin de donner des cours de poésie à sept jeunes filles. Elle s’installe juste à côté de la maison de retraite dans laquelle résident sa mère et son groupe de copines octogénaires. Les blessures vont s’apaiser au contact d’adolescentes mal dans leur peau et de veilles femmes épicuriennes pour qui Carpe Diem est une maxime appliquée au quotidien. Sa propre fille lui assure également un soutien sans faille et sa rencontre avec Lola, jeune mère de famille, met également du baume au cœur.

 Une vision féministe, de beaux portraits sans fard, tout cela délicatement enrobé de références littéraires. Les générations se croisent sur fond de solidarité, rivalités et recherche d’identité.

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 11:30

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett

 

Quatrième de couverture

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

  

Avis d’une lectrice du dimanche

Coup de cœur !

 

Ce roman plein d’humanité est superbe, les faits décrits dans le récit nous rappellent les dégâts de la ségrégation. L’amitié complètement improbable entre Skeeter, jeune bourgeoise blanche, et Aibileen et Minny, deux bonnes noires, est abordée avec beaucoup de réalisme, de justesse et de tendresse.

 Dans les années 60, tout reste à faire dans le Mississippi pour faire respecter les droits individuels des noirs. Les femmes de couleur obtiennent uniquement des emplois de bonnes et de nounous. Toute la bonne société des femmes blanches et oisives se repose entièrement sur leur savoir-faire, sans offrir en échange la moindre estime ou reconnaissance.

Skeeter vient de terminer ses études et essaie de faire son chemin dans une carrière de journaliste. Comme les femmes sont finalement à peine plus respectées que les noirs, cela s’avère difficile et elle commence par tenir une modeste rubrique de conseils destinés aux ménagères. La jeune fille est parfaitement intégrée socialement mais se sent à l’étroit dans ce moule. Motivé par une éditrice, elle se lance dans l’écriture d’un reportage original, inédit : un recueil de témoignages des bonnes, leurs relations avec les familles blanches du Mississippi.

 Le personnage est vrai, attachant. Plutôt craintive et naïve, Skeeter doit se faire violence pour commencer le livre dont le contenu sera explosif. Elle n’est pas spontanément une femme libérée et militante. Sa personnalité se forge lentement, elle laissera peu à peu tomber ses propres préjugés et oeillères au contact des bonnes.

Le temps que Skeeter passera à apprivoiser Aibileen puis Minny, gagner leur confiance et leur amitié, servira à contenir ses propres peurs.

Aibileen et Minny sont des femmes exceptionnelles ! Elles font preuve d'un courage incroyable. Leur vision de cette société est savoureuse ! Elles ne jugent pas avec haine, elles analysent leurs patronnes sans indulgence mais d'un oeil finalement impartial. Aibileen raconte aussi son attachement pour les enfants dont elle s'occupe et sa tristesse lorsque ces petits êtres affectueux se transforment en jeunes gens intolérants et ingrats.

 Sans jamais tomber dans le sentimentalisme et la caricature, l’auteur montre toute la difficulté des habitants du Mississippi à se libérer de codes sociaux injustes. Dans les années 60, la répression du Ku Klux Klan terrorisait les quartiers populaires et l’appareil judiciaire était complice de toutes les exactions à l’égard de la communauté noire.

L’humour et une jolie écriture accrochent définitivement le lecteur pour suivre avidement ce récit vivant et sincère. L'auteur décrit le quotidien, une hiérarchie sociale pesante mais aussi de belles histoires d’amitié.

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:00

Du-domaine-des-murmures---Carol-Martinez.jpg 

Quatrième de couverture

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu'en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Après son magnifique roman Le coeur cousu, Carol Martinez nous offre son deuxième titre, Du domaine des murmures.

Les critiques enthousiastes pour ce nouveau roman sont unanimes et je joue ici le vilain petit canard : malgré une écriture toujours aussi belle, je n'ai pas réussi à accrocher avec cette histoire. Je crois que le thème n'est pas pour moi, tout simplement. Le personnage d'Esclarmonde et son féminisme plus que timide ne m'ont pas du tout convaincue. Les crises de mysticisme m'ont glacée et donné une envie irrépressible de fuir loin de ce récit.

Pour me consoler de mon manque d'empathie avec Du domaine des murmures, je relirai avec délices Le coeur cousu et j'attendrai avec patience le prochain roman de Carol Martinez. 

 

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