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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 18:50

Au-coeur-de-l-antiterrorisme---Marc-Trevidic.jpg 

Quatrième de couverture

L'assassinat des moines de Tibéhirine, la poudrière de Karachi, le génocide rwandais... Ces dossiers «secret défense», parmi les plus sensibles de la République, hantent les jours et les nuits du juge Marc Trévidic, spécialiste de l'antiterrorisme au tribunal de Paris. Formé par Jean-Louis Bruguière, alias «l'Amiral», il a hérité de son domaine réservé. Envers et contre tous, faisant fi des pressions politiques, Trévidic l'obstiné enquête, inlassablement, en France et à l'étranger. Le jeune juge nous entraîne dans les coulisses de la galerie Saint-Éloi, quartier général de la lutte antiterroriste, dans ses déplacements sous haute protection ou dans les prisons secrètes. Il évoque pour la première fois les victimes anonymes des attentats de 1995 ou les moines de Tibéhirine, nous raconte ses face-à-face avec des apprentis kamikazes prêts à se faire exploser en Irak, ou avec des terroristes chevronnés impliqués dans les attentats du 11 Septembre. Ce livre est le témoignage brut d'un homme en colère qui ne se résigne pas. Plongée au coeur de l'antiterrorisme.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

 

Marc Trévidic nous livre son expérience de juge antiterroriste, ce témoignage est passionnant !

 

L'auteur nous fait découvrir son métier sous tous ses aspects : l'étude des faits, l'enquête, l'approche humaine à la fois des victimes et des suspects, et enfin le côté administratif, long et minutieux.

Ce livre est très intéressant car il aborde énormément de sujets et ne laisse jamais l'ennui s'insinuer dans le récit. Marc Trévidic décrit les rouages de la machine antiterroriste, les liens avec les différents corps de métier, de la greffière à la DST, la police, en passant par les responsables politiques. Il compare le fonctionnement français avec celui de l'étranger, explique la complexité de certaines affaires que juges et enquêteurs tentent de démêler depuis des années. Trévidic fait un bref historique d'Al-Qaida, montre comment les pouvoirs occidentaux ont favorisé l'expansion de cette organisation tant qu'elle servait leurs intérêts. Les mécanismes du jihad sont décortiqués, ainsi que les différents portraits types des terroristes, leur manière de penser et de fonctionner.

 

Ce magistrat essaie aussi de nous expliquer la manière d'être du juge pour instruire, sa posture, avec la hantise permanente de l'erreur judiciaire :

"Un juge d'instruction, même choqué par des faits, ne peut pas s'installer dans une posture morale. Il n'est pas là pour réprimander, punir ou psychanalyser un suspect. On lui demande de rechercher la vérité. D'enquêter puis d'informer et dans les deux cas, il faut laisser parler. Quand un juge d'instruction fait la leçon, quand il hausse le ton ou roule les yeux, la personne poursuivie se tait inexorablement et le dialogue est rompu. Il ne se rétablira pas." 

 

Enfin, Marc Trévidic laisse éclater son amertume devant le peu de respect du pouvoir politique pour sa profession. Il doit faire face à la fois aux manques de moyens, aux pressions de certains politiques pour étouffer des affaires, et enfin cerise sur le gâteau, l'acharnement implacable de Sarkozy pour dénigrer la profession, afin de supprimer la fonction de juge d'instruction et ainsi assujettir la justice à son bon vouloir :

"Le ministère de la Justice : Il prépare une tragédie dans la pure tradition d'Euripide, à savoir le meurtre des juges d'instruction commandité par le président de la République . Toutefois, deux services du ministère sont essentiels dans l'antiterrorisme : la DSJ (direction des services judiciaires), qui délivre les ordres de mission à l'étranger pour exécuter des commissions rogatoires internationales, et le BEPI (bureau de l'entraide pénale internationale), qui apporte une aide appréciable dans l'acheminement aux autorités étrangères des commissions rogatoires internationales."

"J'ai commis le péché capital dans la magistrature, le péché de la médiatisation, considéré comme un péché d'orgueil bien plus grave que l'incompétence, le mensonge ou la paresse. C'est étrange comme je suis tête à claque depuis que je ne suis plus premier de la classe. Le bon élève se tait ou marmonne dans son bureau. Il faudrait que les juges d'instruction acceptent de mourir en silence, que la galerie Saint-Eloi soit dépecée jusqu'à son agonie finale. Faudrait-il que je m'assoie sur certains de mes dossiers sensibles, quitte à toucher le plafond de mon bureau ?"

"La vérité ne se trouve que si on la cherche. Evidemment, seul le juge qui cherche peut prendre des coups. Des collègues comme Renaud Van Ruymbecke ou Isabelle Prévost-Desprez en savent quelque chose. C'est également mon cas. La règle d'or pour un juge est de ne pas faire parler de soi. Et de ne pas faire de vagues. Or, la collecte des emmerdements est consubstantielle au travail du juge d'instruction. Le juge d'instruction est un emmerdeur ou il n'est pas."

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 21:14

LOGO Les citations du jeudi

 

Comme dit aussi Kertész : "Là-bas aussi, parmi les cheminées, dans les intervalles de la souffrance, il y avait quelque chose qui ressemblait au bonheur". Mais oui. Quand nous n'étions pas battues, quand nous pouvions nous reposer, quand nous parlions avec une copine, quand un jour la soupe était meilleure... Le bonheur de rencontrer mon père, de le voir vivant. Ou de voler un kübel de soupe à la barbe des SS, quel bonheur, je t'emmerde. Les briques empilées par mes copines pour m'éviter d'être au premier rang à cause de ma taille. Et cette planche de bois qu'elles ont trouvé pour me cacher quand j'avais 40 de fièvre, le temps de retrouver des forces, avant de reprendre la pelle et la pioche. Une femme que je ne connais pas, qui m'apporte une veste parce que je tremblais de froid. Une autre qui me tend la main alors que, tombée dans un caniveau plein de boue, avec mes 40 de fièvre, je crois que ça y est, c'est là que je vais mourir. Un geste fondammental, sans lequel je serais peut-être morte de froid.  Tous ces instants, on peut dire que c'est du bonheur."

                               Marceline Loridan-Ivens (Ma vie Balagan)

 

Vous retrouverez tous les participants
à la citation du jeudi sur le blog de Chiffonnette

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 12:56

Tom-petit-Tom-tout-petit-homme---Barbara-Constantine.jpg

 

Quatrième de couverture

Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre… Mais comme il a très peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (c’est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes.

Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n’était pas passé par là…

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Joli livre ! Un conte tout doux et gentil, cela fait du bien de temps en temps…

C’est une histoire un peu dans le style de celles que savent si bien écrire Frédérique Deghelt ou Anna Gavalda : les frontières s'ouvrent entre les différentes générations, l'âge n'est plus un obstacle au dialogue, aucun vrai méchant ne vient ternir le décor. Seuls quelques personnages un peu abîmés par la vie se débattent pour trouver le bon tempo. Un peu d’aide, d’écoute et de tendresse et ils se relèvent.

Tom est un adorable gamin de 11 ans. Des qualités humaines hors du commun pour son âge en font en personnage très attachant. Pourtant, le contexte social et familial ne le prédispose pas à cette douceur ! Joss, fille mère, ne le guide pas tellement dans la vie. C’est plutôt Tom qui gère le quotidien grâce à sa débrouillardise. Son père, complètement absent pendant de longues années,  est un petit délinquant en rémission. Mais l’espoir est là. Les deux adultes parviendront peut-être à finir de grandir et assumer leur rôle ! L’accompagnement de Madeleine, une dame âgée à la lucidité fragile, rassemble ces personnages dans les filets de la solidarité...

 

 Un grand merci à Leiloona qui a eu la bonne idée de faire voyager ce roman !

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 06:16

L-oeil-de-la-lune.jpg

 

Quatrième de couverture

Personne n’a oublié le Bourbon Kid, mystérieux tueur en série aux innombrables victimes. Ni les lecteurs du Livre sans nom, ni les habitants de Santa Mondega, l’étrange cité d’Amérique du Sud, où sommeillent toujours de terribles secrets. Alors que la ville s’apprête à fêter Halloween, le Bourbon Kid célèbre lui le dix-huitième anniversaire de son premier homicide. Il est alors loin de se douter qu’il est devenu la proie d’une agence très spéciale. Une proie particulièrement coriace, de celles qu’il ne faut pas rater, sous peine d’une impitoyable vengeance. Mais cela n’est rien à côté de ce qui attend Santa Mondega lorsqu’une mystérieuse momie disparaît du musée local…

Avec Le Livre sans nom, diffusé sur Internet avant de devenir l’un des premiers ouvrages cultes du siècle nouveau, un auteur anonyme nous donnait pour la première fois l’équivalent littéraire des films jubilatoires et explosifs de Quentin Tarantino ou de Roberto Rodriguez. Avec L’oeil de la lune, le même auteur, toujours aussi anonyme et déjanté, revient sur les lieux du crime pour un nouvel opus, tout aussi inclassable, de cette saga survoltée et jubilatoire.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Accrochée par Le livre sans nom,
je me suis bien sûr précipitée sur la suite, L'oeil de la lune...
Et je n'ai pas retrouvé l'intérêt du premier livre.

Le côté déjanté et drôle du Livre sans nom disparaît dans le tome 2. Même le suspense est beaucoup moins intense ! Par contre, l'accent est particulièrement mis sur les scènes gores, qui m'ont au début écoeurée et à la fin agacée, frôlant le grotesque. La scène de L'oeil de la lune est en permanence envahie par les vampires et les loups garous, les humains sont presque inexistants.

J'imagine qu'il était difficile de conserver l'originalité du Livre sans nom sans tomber dans la surenchère. Pourtant j'avais hâte de retrouver Bourbon Kid, Dante et Kacy. Mais même ces trois personnages manquent de consistance.

Je ne pense pas lire le troisième tome...

 

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 18:00

Le-coeur-de-l-hiver---Dominic-Cooper.jpg

 

Quatrième de couverture

Sur la côte ouest de l'Ecosse, Alasdair Mor exploite la petite ferme familiale, seul après la mort de son père et le départ pour la ville de son frère. Il vit de la pêche au homard. Il aime profondément la nature sauvage et grandiose qui l'entoure. Mais un couple s'installe dans les environs, et le vol et le mal font irruption dans la vie d'Alasdair qui répond par l'incompréhension. L'homme s'en prend aux animaux d'Alasdair, et l'entraîne dans un affrontement à mort après une poursuite hallucinante à travers les collines sauvages.

Au-delà des personnages austères et attachants, les véritables héros du livre sont l'océan, le vent glacial et la lande inhabitée. Les descriptions de la mer ou du passage des saisons vers un inévitable "cœur de l'hiver" sont inoubliables.

Ce texte poétique et lyrique aux accents steinbeckiens est écrit dans une langue magnifique.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Un texte terrible, tragique et poétique !

Il y a très peu d'action dans roman, mais l'écriture magnifique de Dominic Cooper nous immerge brutalement dans le climat âpre des Highlands en hiver et surtout dans la bêtise humaine, insondable, la cruauté gratuite. C'est noir, sans espoir...

 

Alasdair vit dans une contrée désolée dans les Highlands, sur la côte Occidentale. Les rares habitants ont fui depuis longtemps vers des cieux plus cléments pour trouver du travail et des conditions de vie moins dures. Alasdair est resté seul dans la ferme familiale. Il pêche du homard et élève un peu de bétail. Il ne compte qu’un ami, qu’il voit brièvement de temps à autres. La solitude ne lui est pas si pénible car il a été la cible de moqueries pendant toute sa jeunesse. Son physique ingrat, sa lenteur et sa timidité l’ont fait passer pour un simple d’esprit. Il vit avec peu de choses, en accord avec la nature, et a conservé une sorte d'innocence. Son existence peut sembler frustre, dérisoire même, mais il a peut-être trouvé le trésor le plus précieux, une forme de bonheur : la sérénité.
An Sionnach, un homme mystérieux, arrive dans cet endroit désertique et trouble cette quiétude. Pétri de haine, il va empoisonner l’existence d’Alasdaire par un harcèlement violent, méthodique. La tension monte jusqu’à un duel sans merci.

 

Quelque extraits :

"En contrebas se trouvaient les deux terrasses surplombant la grève, là où la famille de son grand-père avait fait pousser l'orge pour son whisky. Grandes marches vertes contre les collines brunes et la mer hyaline, elles étaient à présent en friche, les sillons dans l'herbe disparaissaient rapidement sous la fougère qui proliférait. C'était là que broutaient les moutons d'Achateny, tels des poux à fourrure éparpillés le long de la côte, leurs bêlement pathétiques se mêlant aux folles menaces des goélands marins, des goélands argents et des corneilles mantelées qui plongeaient, s'élevaient et tournoyaient au-dessus du littoral. Au-delà, les grands donjons crénelés des rochers noirs contrastaient avec les langues de terre et les récifs qui mouchetaient le léger ressac et que la marée était en train de recouvrir."

"S'ils se connaissaient depuis des années, on aurait pu croire qu'ils se voyaient pour la première fois, étrangers se croisant sur la route. Car l'affection entre habitants, dans les Highlands, était presque invisible, et rarement exprimée. Aider et être aidé était leur manière de manifester leur amitié." 

"Pendant plusieurs heures encore la tempête virevolta et bondit parmi les falaises et les collines, piétinant, riant et grognant dans l'excitation de l'attaque ; et la terre sans voix continuait à somnoler en paraissant ignore les maraudages de son agile agresseur."

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 11:45

Le-Maitre-de-the---Yasushi-Inoue.jpg

Quatrième de couverture

Non, Monsieur Rikyu (1555-1591), Grand Maître de thé issu du bouddhisme zen, n'est pas mort dans son lit ! Il s'est fait hara-kiri à l'âge de soixante-neuf ans. Pourquoi s'est-il donné la mort ? Un vieux moine, son disciple, tente d'élucider le mystère de ce suicide.
Ce livre-enquête nous projette dans le Japon de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle.
A cette époque, la cérémonie du thé était un acte grave, empreint d'exigences éthiques et politiques, prétexte parfois à des négociations secrètes.
Le Maître de thé est donc un roman d'initiation, de méditation, lyrique et sensuel à la fois. A travers la figure historique de Rikyu, Yasushi Inoué (1907-1991) dresse le portrait d'une génération hantée par la mort.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Très beau livre, bien que difficile à comprendre pour moi, occidentale toujours tournée vers le mouvement !
J'ai trouvé fascinantes les descriptions des cérémonies du thé, la recherche du sens de la vie, le cheminement de toute une existence vers la beauté, la perfection...

 

Un moine bouddhiste venu de Chine a introduit le thé au Japon au XIIIe siècle. Les premières cérémonies du thé naissent au XIIIe siècle puis s'épanouissent sur la base des principes Zen au XVIe siècle.

La cérémonie du thé est à la fois une discipline spirituelle et un art. La vocation est d'accéder à la sérénité, au calme de l'esprit, dans le calme et la pureté. La grâce et l'esthétisme sont essentiels pour cette expérience mystique.

 

Le moine Honkakubo a été le fidèle disciple d'un grand maître de thé, Rikuyu. Ce dernier se donnera la mort sur l'ordre de son seigneur, Taïko Hideyoshi. L'incompréhension de cet acte hantera le moine jusqu'à la fin de sa vie. Le reste de sa vie sera une longue quête pour comprendre les raisons de ce suicide, comprendre la philosophie de Rikuyu et percevoir l'essence même de la cérémonie du thé.

 

Voici le lien d'un site qui donne de précieuses explications sur la culture japonaise et sur la cérémonie du thé...

Un article concernant l'expérience d'une cérémonie du thé est également très intéressant...

 

Challenge

10ième titre pour ce challenge initié par Choco

Challenge In the mood for Japan 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 23:50

LOGO Les citations du jeudi

 

"A l'Alliance française sauront-ils m'expliquer pourquoi une nation continue à véhiculer les mots et la parole du colonisateur qui l'a durement exploitée, pourquoi le Brésil parle la langue de son oppresseur portugais et les pays d'Amérique du Sud l'espagnol, pourquoi les Africains acceptent l'insultant "discours de Dakar" du président français"...

                                                 Franck Pavloff (Pondichéry - Goa)

 

Vous retrouverez tous les participants
à la citation du jeudi sur le blog de Chiffonnette
 

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 07:00

Photo-de-groupe-au-bord-du-fleuve---Dongala.jpg 

Quatrième de couverture

Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole dans cette négociation. L'enjeu de ce qui devient rapidement une lutte n'est pas seulement l'argent et sa faculté de transformer les rêves en projets - recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille... Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l'oppression au travail et dans la famille, les "casseuses de cailloux" découvrent la force collective et retrouvent l'espoir. Cette journée ne sera pas comme les autres, c'est sûr, et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde. Par sa description décapante des rapports de pouvoir dans une Afrique contemporaine dénuée de tout exotisme, Photo de groupe au bord du fleuve s'inscrit dans la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Coup de cœur !

 

Des femmes congolaises cassent des pierres au bord d’un fleuve. Leur sueur produit le gravier nécessaire pour les grands chantiers de constructions. Leurs sacs de cailloux sont achetés par les négociants à un prix de misère alors que pendant ce temps, entrepreneurs et intermédiaires s’enrichissent de manière indécente. Un jour, ces casseuses de cailloux décident de se révolter pour obtenir un salaire qui leur permette de nourrir et éduquer décemment leur famille. Leur mouvement se structure et évolue de manière sensible, intelligente, pacifiste.

 

Les portraits de ces femmes déterminées sont exceptionnels, attachants !

 

Emmanuel Dongala ébauche une peinture terrible de l’Afrique en dénonçant tout ce qui la meurtrit : la violence des militaires, la dictature, la corruption, le sida, les femmes écrasées par le machisme et la tradition. Méréana, porte-voix du mouvement, répète à l'envie que les lois en faveur des femmes sont seulement des bouts de papiers destinés à faire plaisir à l’ONU. Dans la réalité, elles n’ont aucun droit. Leur unique chance de s’en sortir est d’accéder à tout prix à l’éducation.

 

Méréana écoute systématiquement les informations à la radio le matin, chez elle, en vaquant à ses occupations. Ces journaux créent des apartés intéressantes en instruisant brièvement le lecteur des faits divers, politiques et sociaux qui rythment le quotidien des populations. En filigrane, sans jamais alourdir le récit, l’auteur glisse en leitmotiv les difficultés de tout un continent.

 

Emmanuel Dongala écrit ce roman féministe d’une très belle manière. Son écriture est vigoureuse ! Il raconte la vie et la lutte de ces femmes en s’adressant à Méréana à la deuxième personne du singulier. Il interpelle son héroïne avec respect et humour aussi. Ce procédé plutôt original donne souffle et puissance à ce récit, à la fois dur et optimiste. L’auteur ne sombre pas dans le mélodrame, un sourire flotte toujours au détour des mots…

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 11:10

Festival-LIVRE-JEUNESSE---janvier-2011.jpg

Ce week-end avait lieu à St Orens (31) le Festival du Livre de Jeunesse.

C'était vraiment une belle manifestation avec des ateliers et animations pour les enfants.

 

De nombreux auteurs étaient présents !


PEF fêtait les 30 ans du Prince de Motordu...

 

Mes filles ont obtenu de belles dédicaces pour les livres suivants :

  • Le coeur en abîme, de Christian Grenier
  • Les six filles du dragon, de Michel Laporte
  • Le monde des songes, de Marie-José Segura
  • Les 4 belles lisses poires du prince de Motordu, de Pef

Pef m'a écrit une dédicace très sympa sur le livre qu'il a écrit avec Alain Serres :
Tous en grève, tous en rêve - Il y a 40 ans Mai 68...


De plus l'auteur m'a offert le livre anniversaire du Prince de Motordu : Tendre an déjà !...

 

Pour mémoire, Pef a également écrit l'album : Travailler moins pour lire plus !

 

Dedicace Leane DRAGON

  Le monde des songes (de Marie-José Segura)

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 00:10

Ciel bleu - Galsan Tschinag

Quatrième de couverture

Galsan Tschinag raconte son enfance dans la steppe aux confins du désert de Gobi, dans les terres du Haut-Altaï.

Le groupe familial se déplace en fonction des pâturages et des saisons, on monte les yourtes et on rencontre les gens. Les enfants ont une place bien définie que vient troubler l'obligation de scolarisation imposée par le gouvernement communiste.

Mais il y a toujours les vacances pour retrouver la grand-mère choisie et adoptée par l'enfant, pour jouer dans la montagne avec son chien et parcourir à cheval ces étendues sans fin où le galop sert aussi mesurer l'espace et le temps.

Un auteur contemporain dont le livre s'inscrit dans la lignée de Dersou Ouzala.

Galsan Tschinag nous dit le destin d'un peuple pris entre ciel et terre, entre nature et dieux : deux univers mystérieux, muets, injustes, puissants. Ciel bleuest comme un chant d'amour, un guide spirituel, un secret à partager avec ceux qu'émerveille l'aube des peuples.
                                                                 Michèle Gazier, Télérama

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Epoustouflant, éblouissant...

La plume à la fois brute et pleine de poésie envoûte et nous transporte au cœur de la Mongolie.

Galsan Tschinag nous fait partager des souvenirs d'enfance dans le Haut Altaï. En suivant les traces de cet garçon de sept ans, le dépaysement est absolu !

Tout est différent de notre quotidien : les traditions d’un peuple d’éleveurs nomades, la liberté et les grands espaces, mais aussi la lutte pour survivre au sein d’une nature grandiose et impitoyable.

L'enfant évoque avec beaucoup de tendresse son amour pour sa famille, son chien, son troupeau et les courses en toute liberté dans ces espaces infinis. Pourtant, son attachement à son mode de vie est très tôt tiraillé par l’envie d’une existence un peu moins rude, avec plus d’instruction. La vie estivale est idyllique mais les hivers, lorsqu’ils sont rigoureux, imposent la fureur des éléments, font mourir les bêtes et rendent les humains exsangues.

Galsan Tschinag évoque les difficultés de ces éleveurs à conserver leur identité au contact des bouleversements de notre monde moderne.

Comment ne pas avoir envie de s'évader dans la steppe pour découvrir ce pays ?

 

Quelques photos piochées sur internet,
juste pour rêver un peu...

 

Mongolie yourte 2

 

Mongolie-4 

Mongolie-1

 

Mongolie-2 

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