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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:10

Agnes-Grey---Anne-Bronte.jpg

Quatrième de couverture
« Miss Grey était une étrange créature ; jamais elle ne flattait et elle était loin de leur faire assez de compliments ; mais, quand elle parlait d'elles ou de quoi que ce fût qui les concernât en termes élogieux, elles pouvaient avoir la certitude que sa bonne opinion était sincère. Elle se montrait dans l'ensemble très prévenante, discrète et pacifique, mais certaines choses la mettaient hors d'elle ; certes, cela ne les gênait guère, mais pourtant mieux valait ne pas la désaccorder puisque, lorsqu'elle était de bonne humeur, elle leur parlait, était fort agréable et pouvait parfois se montrer extrêmement drôle, à sa manière, qui était bien différente de celle de Mère, mais faisait toutefois très bien l'affaire pour changer. Elle avait des opinions arrêtées sur tout, auxquelles elle restait farouchement attachée... Des opinions souvent rebutantes, puisqu'elle pensait toujours en termes de bien et de mal et avait une curieuse révérence pour ce qui touchait à la religion et un penchant incompréhensible pour les honnêtes gens. »

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Agnès Grey n’a pas le côté gothique, original, magnifique, flamboyant (bon d’accord j’arrête les superlatifs !) des romans de ses sœurs, Les Hauts de Hurlevent de Charlotte et Jane Eyre de Emily Brontë

J’ai malgré tout aimé ce livre, très conformiste il faut le reconnaître, très didactique sur les bienfaits de l’éducation, mais bien écrit, très humain.
Vraiment, j’apprécie toujours l’immersion dans la société victorienne…
   

Les parents d’Agnès forment le couple idéal aux yeux de leur fille. La mère d’Agnès a renoncé à son héritage et a épousé contre l’avis de sa famille un pasteur de condition modeste. Elle n’a jamais regretté son choix fondé sur l’amour en opposition à l’argent et l’arrivisme social. Ce couple est unis envers et contre tout, et offre un cocon douillet à Agnès pendant toute son enfance. Les soucis financiers de ses parents et également l’envie de voir un peu « le monde » poussent Agnès à s’engager dans une carrière de gouvernante. Il faut préciser qu’au 19ième siècle la société victorienne offre bien peu de choix en matière de métiers convenables pour les jeunes filles. Sa première expérience, chez les Bloomfield, sera un échec humiliant pour elle tant les parents et les enfants n’ont aucun respect. Elle passera ensuite quatre ans chez les Murray, une autre famille bourgeoise.

 Ce roman est en partie autobiographique. Timidement mais fermement, Anne Brontë formule quelques critiques envers les familles riches dans lesquelles l’argent pervertit les êtres. Les valeurs morales sont peu présentes dans l’éducation que donnent les parents à des enfants trop gâtés. Ensuite, les filles, encore dans l’adolescence, sont mariées (presque vendues ?) à des hommes dont le seul mérite est de posséder un nom et une fortune.

Tout comme l’auteur, Agnès Grey est fortement marquée par la religion. Pourtant cet aspect là ne m’a pas paru trop pesant, le personnage est très attachant. Elle n’est pas prétentieuse, plutôt anxieuse et timide, et elle dénonce l’hypocrisie de certains représentants religieux. Elle transmet les valeurs morales qui ont fait son bonheur dans sa vie familiale. Pour cette gouvernante, solidarité, amour et respect servent avant tout à rendre la vie plus douce, à mieux se soutenir dans les moments difficiles. 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 12:50

Un-bucher-sous-la-neige---Susan-Fletcher.jpg 

 

Quatrième de couverture

Au coeur de l'Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi. Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

 

Coup de cœur !

 

J’ai découvert avec bonheur les talents de conteuse de Susan Fletcher, sa plume enchanteresse.

Ce récit est une ode à la nature et à la liberté !

 

L’auteur revient sur une période sombre de l’histoire de l’Ecosse, plus particulièrement des Highlands.

Au XVIIe siècle, la guerre civile embrase l’Ecosse. Les partisans de Jacques, héritier des Stuarts, et ceux de Guillaume III d’Orange se déchirent pour des raisons à la fois politiques et religieuses. Afin d’écraser une bonne fois pour toute la résistance de certains clans, Guillaume III a fomenté le massacre de Glencoe. De nombreux civils appartenant au clan Donald ont été traîtreusement abattus en pleine nuit par des soldats auxquels ils avaient accordé l’hospitalité.


Cet épisode funeste est relaté par Corrag, jeune fille condamnée au bûcher pour sorcellerie. Charles Leslie, révérend irlandais fidèle à Jacques, le roi exilé en France, essaie d'obtenir de Corrag des détails sur ce massacre.


Le personnage de Corrag est magnifique ! Elle représente ces milliers de femmes qui au fil des siècles ont été assassinées impunément, juste en leur donnant le nom infâmant de sorcières. Ces femmes dérangeaient mais leurs seuls crimes étaient en général leur indépendance, leur connaissance des plantes, leur respect de la nature et parfois même leur beauté et leur instruction.


Pétri de tous ces préjugés, le révérend Leslie se rend d’abord avec répugnance au fond du cachot pour écouter Corrag. Puis sa perception évoluera au fil de leurs entretiens. Corrag ne parle pas de magie noire mais de liberté, d’humanisme. Même si elle en a peur, elle aime profondément les gens et souhaite leur apporter un peu d’aide en les soignant grâce aux plantes.


Corrag entretien un rapport rêvé avec la nature. Elle nous entraîne dans des chevauchées avec sa jument, sa seule amie. Elle nous fait partager les bains dans les lochs, les crépuscules sur les paysages sublimes de Glencoe, l’observation respectueuse de la faune et de la flore. L’auteur nous en parle d’une telle manière, que l’on a l’impression de ressentir le goût des baies sauvages, le vent fouettant le visage, la beauté du givre sur une toile d’araignée…

 

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:35

Les-aventures-d-Olivier-Twist---Charles-Dickens.jpg  

Quatrième de couverture

Olivier Twist et ses camarades supportèrent la torture d'une lente inanition trois mois durant : à la fin, ils devienrent... si enragés de faim, que l'un d'eux... laissa entendre d'un air sombre à ses compagnons quà moins de recevoir une écuellée supplémentaire per diem, il craignait bien d'en arriver quelque soir à dévorer son voisin de lit, un chétif freluquet d'âge tendre. Il avait l'oeil égaré et avide, et tous le crurent sans hésitation. On tint conseil et on tira au sort pour désigner celui qui le soir même, à la fin du dîner, irait trouver le surveillant pour lui demander un supplément ; le sort tomba sur Olivier Twist.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

J'ai apprécié ce roman, même s'il est loin d'être mon préféré de Dickens.
J'ai par exemple eu un immense coup de coeur pour David Copperfield.

Dickens décrit avec toujours autant de détails la noirceur de la société Victorienne à l'égart des indigents.

La mère d'Olivier Twist, abandonnée de tous, meurt à la naissance de son bébé. Son fils grandit dans un orphelinat où la misère fait mourir les pensionnaires à petit feu. Olivier est placé à l'âge de 9 ans chez un croque-mort. Cet apprentissage n'est qu'un long esclavage rythmé de mauvais traitements. Il se sauve alors à Londres mais là aussi le destin ne l'épargne pas car Olivier tombe entre les griffes d'une bande de malfrats. Heureusement, au milieu de ce cortège de malheurs, quelques bonnes âmes croisent le chemin du jeune orphelin et mettront tout en oeuvre pour le réhabiliter dans la société...

 

Un extrait :

"Les membres de ce Bureau étaient des hommes fort sages, d'une pénétrante philosophie ; quand ils vinrent à porter leur attention sur l'hospice, ils s'aperçurent immédiatement d'une chose que le commun n'aurait jamais découverte : les pauvres s'y plaisaient ! C'était, pour les classes déshéritées, un véritable lieu de réjouissance publique, une taverne où, sans rien avoir à payer, on avait des petits déjeuners, des déjeuners, des thés et des dîners assurés tout le long de l'année, un élysée de brique et de mortier il n'y avait que plaisir et point de travail. "Ho, ho ! fit le Conseil, d'un air fort entendu, nous sommes gens à porter bon ordre à cet état de choses ; nous allons y mettre fin en un rien de temps." Aussi établit-il que tout pauvre aurait devant lui l'alternative - on s'en voudrait de contraindre quiconque, certes ! - de se voir affamé lentement dans la maison, ou rapidement au dehors."

 

Challenges :

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Dickens challenge

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 09:30

La-chambre-de-Jacob---Virginia-Woolf.jpg

 

Quatrième de couverture 

Capter l'insaisissable, le flux du temps, telle est la préoccupation majeure de Virginia Woolf à travers son œuvre. Dans ce troisième roman, publié en 1922, elle entend faire le portrait de Jacob, jeune britannique de petite noblesse, mort très jeune au champ de bataille de la Première Guerre mondiale. Plutôt que de tenter de trouver la voix de Jacob, l'écrivain s'approche de ceux qui l'ont connu de près ou de loin, persuadée que c'est en accordant leurs visions qu'elle effleurera la complexité de ce personnage. La mère, devenue veuve très tôt, les femmes aimées, trahies, les camarades de Cambridge, qui se livrent en même temps qu'ils l'évoquent. Leurs voix se heurtent, s'interrompent, s'unissent parfois, à l'image du choc brutal que représentent la rencontre entre les êtres et leurs tentatives pour se comprendre. La grande force de ce récit réside dans la justesse avec laquelle Virginia Woolf rend compte des sentiments, de leur inconstance, et du flot capricieux de la mémoire. Replaçant l'intimité de chacun dans un cadre plus large, naturel ou urbain, elle donne ainsi à entendre la musique des âmes, sur fond de vacarme du monde.

Avis d'une lectrice du dimanche

C'est un livre difficile, qui se mérite !

Je me suis perdue à maintes reprises pendant cette lecture. Je revenais en arrière pour essayer de saisir ce qui m'avait échappé. J'ai même consulté sur internet des biographies de Virginia Woolf pour mieux comprendre.

Pourquoi n'ai-je pas abandonné ?
Parce que cet auteur m'a  intriguée.
Parce qu'il est difficile d'abandonner cette belle écriture, poétique et recherchée.
Parce que j'ai finalement bien apprécié ces tableaux, ces instants de vie dont il faut scruter le détail pour discerner les contours.

C’est roman vraiment étrange et mélancolique.
Les descriptions sont nombreuses et très belles :

« Les îles Scilly bleuissaient ; une soudaine fièvre de bleu, de violet, de vert, saisit la mer : la laissa blême ; infligea une zébrure, vite disparue ; mais le temps pour Jacob de passer sa chemise par-dessus sa tête, toute l’étendue des vagues était bleue et blanche, ondoyante et crêpelée, bien que de temps en temps meurtrie d’une large marque violette, comme une ecchymose ; ou ornée d’une grosse émeraude teintée de jaune. »

 

Le personnage central est Jacob Flanders. Il n’est pas décrit de manière précise mais seulement esquissé grâce à quelques scènes très brèves depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte. Tous ceux qui croisent son chemin livrent leurs impressions sur le jeune homme. Jacob Flanders ne passe pas inaperçu et ne laisser personne indifférent, surtout la gent féminine. Sa vie est finalement classique avec un cursus d’études universitaires, un voyage à Paris, en Italie et en Grèce. Jacob ne s’attache à personne. Il est inconsistant, insaisissable, tout comme semble être la vie aux yeux de Virginia Woolf. La disparition de Jacob est peinte avec la même absence de relief que son existence.

Rien n’est clairement dit dans ce roman, tout est suggéré discrètement. Les scènes de vies sont peintes par petites touches pastel, très souvent sur un fond triste et dénué de vrais sentiments.
Seules les scènes d’enfance sont touchantes et affectueuses.

 

Pour ma première découverte de l’œuvre de Virginia Woolf, j’ai été frappée par l’abondance des portraits féminins, tous fortement pessimistes à l’exception de celui, très beau, de la mère de Jacob.
La beauté et la virginité des femmes semblent être l’idée fixe de cette époque. Mais comme ces jeunes filles ont une instruction très limitée, une certaine stupidité va de pair avec les deux premières caractéristiques.

« La question, elle et ses pareilles l’ont réglé en la réduisant à une bagatelle, quoi, se laver les mains le soir avant de se coucher, le seul point étant de choisir entre l’eau froide et l’eau chaude ; cela tranché, la tête a vraiment toute latitude. Mais, il faut le dire, l’idée vint à Jacob, à mi-repas, de se demander si elle avait une tête. »

« Le problème est insoluble. Le corps est attelé à un cerveau. La beauté va de pair avec la stupidité. Elle était là à regarder le feu comme elle aurait regardé le moutardier cassé. »

 

Des portraits féroces :

« Vivant de champagne et d’épices depuis deux siècles au moins (quatre, même pour les femmes), la comtesse Lucy avait l’air bien nourrie. Un subtil odorat et un nez allongé toujours en quête de senteurs ; sa lèvre inférieure poussait en avant une étroite corniche rouge ; les yeux, petits ; des houppes blond roux en guise de sourcils ; et la mâchoire lourde. »

 

Virginia Woolf semble s’être exprimée à travers Julia Hedge. Sa rancœur est palpable lorsqu’elle évoque la condition des femmes, vouées par la société à être méprisées et jamais reconnues.

« Miss Julia Hedge, la féministe, attendait ses livres. Ils n’arrivaient pas. Elle trempa sa plume. Elle observa autour d’elle. Son regard fut attiré par les finales du nom de Macauly. Elle lut tous les noms sur le pourtour du dôme – les noms des grands hommes qui nous rappelle… « Et zut ! » dit Julia Hedge, « Eliot, Brontë, elles n’avaient pas leur place, là-dedans ? » Infortunée Julia ! qui trempait sa plume dans l’amertume et laissait dénoué ses lacets de chaussures. Quand ses livres arrivèrent, elle s’attela à ses travaux titanesques, non sans s’apercevoir par l’un des nerfs de sa sensibilité exacerbée avec quel sang-froid, quelle décontraction, quelle componction les lecteurs mâles s’attelaient aux leurs. Ce jeune homme, par exemple. A part recopier les vers, qu’avait-il à faire ? Elle, il lui fallait mettre le nez dans les statistiques. Il y a plus de femmes que d’hommes. Oui ; mais si on laisse les femmes travailler comme les hommes, c’en sera fait d’elles beaucoup plus vites. Elles s’éteindront. C’était là sa thèse. La mort, le fiel et une amère poussière étaient au bout de sa plume ; à mesure que l’après-midi s’avançait, le rouge avait pénétré ses pommettes et une flamme brillait dans son regard. »

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 20:10

Emma---Jane-AUSTEN.jpg

Quatrième de couverture

"Emma est la plus française des héroïnes de Jane Austen (1775-1817), qui, à juste titre, craignait que personne ne puisse l'aimer. Elle est en effet aussi peu anglaise qu'une jeune fille intelligente, élégante, ironique et soucieuse des formes peut se permettre d'être. Emma aime l'intrigue et ignore à la passion, elle est romanesque. Mais, à la différence de Mariane ou de Catherine, héroïnes respectives de Raison et Sentiments et de Northanger Abbey, elle est romanesque intellectuellement et non émotivement. Et c'est en celoa qu'elle est la rivale de son auteur".
                                                                                                                                            Ginevra Bompiani 

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Une belle immersion dans la société anglaise du XIXème siècle, à un rythme effréné, enjoué.

Emma est un personnage complexe, mêlant modernité et anachronisme. Elle appartient à une vieille famille et ses ressources financières sont plus que confortables. Emma s'occupe avec dévouement de son père dans leur imposante demeure familiale. Elle a un côté consternant car elle fait l'apologie des différences de classes. Très imbue de sa personne du fait de son appartenance à la haute société, elle s'est mise en tête de marier une jeune fille de condition modeste qu'elle a prise sous sa protection. Elle multipliera gaffes et bévues, au grand désarroi d'Harriett Smith qui se retrouve ainsi dans des situations impossibles ! La succession de certaines scènes est vraiment très drôle.

Le seul côté moderne d'Emma est sa résolution de ne pas se marier afin de ne pas se soumettre à l'autorité masculine. Elle souhaite rester complètement autonome mais sa résolution se révèlera tout aussi inconstante que la personnalité de ce personnage fantasque.

Comme dans d'autres romans de Jane Austen, l'intrigue se focalise sur les manipulations de la gent féminine pour déjouer les règles édictées par les hommes. Ces derniers ont d'ailleurs toujours des personnalités plus fades, plus schématiques...

 

Challenges

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 10:05

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Quatrième de couverture
Angleterre, fin de l'ère victorienne. Constance Langton reçoit la visite d'un avocat, John Montague. Celui-ci lui annonce qu'elle vient d'hériter d'un manoir de famille dans le Suffolk, Wraxford Hall, et lui conseille de vendre la propriété sans perdre une seconde. Wraxford Hall jouit en effet d'une sinistre réputation : ses précédents propriétaires y sont morts dans d'étranges circonstances et une jeune femme, Eleanor Unwin, y a mystérieusement disparu avec sa fille. Quels terribles secrets renferme Wraxford Hall ? Au fil du journal intime d'Eleanor et des recherches de Constance, deux femmes dont le désir d'indépendance dénote en pleine époque victorienne, se lèvent peu à peu les mystères qui entourent l'étrange demeure. Pièges machiavéliques et coups de théâtre en cascade, terreurs intimes, étranges obsessions et secrètes inconvenances, tout est réuni pour faire de cet hommage très moderne au roman gothique et victorien un chef-d'oeuvre du genre.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Il m'a été impossible de lâcher ce roman une fois commencé...

John Harwood nous transporte dans la société victorienne, tous les ingrédients sont habilement mêlés pour retrouver l'atmosphère de cette période tant décrite par les auteurs anglais.

J’ai adoré le décor de l’intrigue, le vieux manoir de famille soupçonné d’être hanté. Des drames horribles s’y sont déroulés ! Constance Langton, l’héritière inattendue, mène l’enquête car elle est persuadée d’être intimement liée à Eleanor, victime elle aussi de la malédiction du manoir. Il est rapidement évident que le surnaturel n’est pas l’unique artisan de tous les décès et disparitions survenus dans la sinistre demeure… Je n’en dirai pas plus car la quatrième de couverture évoque suffisamment les principaux mystères ! 

Je trouve la mention de chef d’œuvre un peu exagérée mais cette lecture a été néanmoins délicieuse !
Ma seule réserve concerne le thème du spiritisme. Il m'a semblé que quelques longueurs dans ce domaine auraient pu être évitées...

 

D'autres avis :  

George, Keisha, Leiloona, Clara, Karine, Ys, Pimprenelle, ...

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 12:20

Sans-nom---W-Wilkie-Collins.jpg   

Quatrième de couverture

Nul doute que Wilkie Collins n'ait donné avec Sans nom (1862) l'un de ses plus intraitables chefs-d'oeuvre : celui en tout cas qui privera le mieux de sommeil le lecteur assez téméraire pour s'y plonger, s'y perdre. De tous ses romans, celui que préférait Dickens... et celui dont se sera peut-être le plus directement inspiré Charles Palliser pour ourdir la trame diabolique de son Quinconce.
C'est aussi le plus noir : portrait et itinéraire d'une femme dépossédée de toutes ses espérances (et même de son identité) à la suite d'un complot fomenté par des gens du meilleur monde. Elle se battra, se salira les mains, fera le terrible apprentissage de la liberté... et nous tiendra en haleine huit cents pages durant au fil d'une intrigue qui ne nous épargne rien. Prétexte, pour l'auteur, à décorseter la bonne société victorienne avec un sadisme tout Hitchcockien.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Coup de coeur !

Les premières pages sont consacrées à la description du bonheur de la famille Vanstone. Le père est l'incarnation de la générosité, la mère est aimante, douce, de santé un peu fragile. Les enfants du couple, Norah et Magdalen, sont deux jeunes filles très différentes l'une de l'autre. Dès le début du roman survient une lettre de la Nouvelle-Orléans dont le contenu est jalousement gardé secret par les parents.  C'est le premier nuage qui vient ternir le bonheur idyllique de la famille.

Très bien intégrées dans la bonne société, les deux jeunes filles se retrouvent pourtant complètement seules lorsque le malheur s'abat sur elles. Quelques "bonnes âmes" les dépouillent aussitôt de leur héritage.  Leur gouvernante est l'unique personne à se soucier d'elles et à les prendre sous sa protection.

La société victorienne encensera Norah, la jeune fille discrète qui se soumet à son sort. Par contre, sa jeune soeur sera vilipendée. Magdalen, ivre de haine, se révolte et n'a de cesse de récupérer son bien.

J'ai vibré pour cette jeune héroïne qui a voulu en découdre avec les puissants. L'ombre inquiétante du Capitaine Wragge l'a guidée vers le chemin de l'escroquerie. Le combat entre Magdalen et Mrs Lecount, la protectrice du nouvel héritier, est féroce, machiavélique, sans pitié. Tout cela avec style et enrobé des meilleures manières.

L'auteur orchestre un vrai suspense ! Jusqu'à la dernière page, machinations, révélations et coups de théâtres s'enchaînent...

 

Deux challenges

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 07:00

Pour ce roman, point de photo du livre ni de quatrième de couverture !

J’ai préféré ne pas scanner la couverture de la vieille édition que j’ai dans ma bibliothèque tant l’état laisse à désirer !

 

C’est le troisième roman que je lis de Dickens et j’ai beaucoup aimé ce récit. Je crois être définitivement tombée sous le charme de cet auteur !

 

J'avoue une légère préférence pour David Copperfield et Un conte de Noël qui ont été des coups de cœur.

La petite Dorrit est un roman que j’ai trouvé un peu plus difficile, avec une intrigue alambiquée et de très nombreux personnages. Toutefois, l’histoire est immédiatement captivante et le talent de conteur de Dickens s’est encore une fois exprimé avec bonheur...

 

 

Amy Dorrit, surnommée affectueusement La petite Dorrit par tous ses proches, est née en prison. Son père et sa famille y ont été incarcérés après avoir été dans l’impossibilité d’honorer des dettes. Pour aider les siens, la petite Dorrit effectue des travaux de couture, notamment pour Mme Clenman. Arthur Clenman ne supporte pas la situation de la jeune fille et se transforme en preux chevalier pour faire sortir de prison cette famille. Son enquête le conduira à retrouver la trace de biens appartenant aux Dorrit. Ces derniers se retrouvent miraculeusement à la tête d’une fabuleuse fortune.

Après de nombeux mystères et rebondissements, certains personnages se dévoilent d’une manière surprenante et des liens rattachant le passé des deux familles Dorrit et Clenman surprendront le lecteur…

 

Les personnages de Amy Dorrit et Arthur Clenman sont très attachants. D’autres protagonistes beaucoup moins sympatiques évoluent dans cette bonne société anglaise : assassins, voleurs et parasites, rien ne manque !

 

Charles Dickens ébauche de nombreux portraits intéressants et jette ses personnages dans les affres d’histoires d’amour bien souvent contrariées.

 

Le thème récurrent est une critique féroce de l’Angleterre victorienne, dans laquelle la course à l’argent broie les gens, brise de nombreuses vies. L’univers carcéral qui enferme de manière arbitraire de familles entières est longuement décrit et analysé.

 

Charles Dickens mord à belles dents dans l’incapacité chronique de la bureaucratie de l’époque. Il caricature la suffisance de nombreux fonctionnaires avec la narration savoureuse des démarches d’Arthur Clenman auprès du Bureau des Circonlocutions

 

 

 3 challenges : 

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 09:27
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Quatrième de couverture

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.



Avis d'une lectrice du dimanche

La plume légère et impertinente de Jane Austen est un vrai bonheur !
Proche du coup de coeur,
mon seul regret pour cette lecture est sa brièveté et une fin un peu trop rapide.

Jane Austen capte notre attention à merveille gràce à ce roman épistolaire.

A travers la correspondance des plusieurs personnages, l'auteur nous entraîne dans les machinations d'une jeune et séduisante veuve. Dans la société anglaise du XIXème siècle où les femmes des familles bourgeoises ne peuvent espérer exister qu'à travers leur statut social, Lady Susan est prête à tout pour faire fortune. Elle vendrait père et mère, y compris sa propre fille, pour parvenir à ses fins. Jusqu'où peut aller la coquette en toute impunité ?

Lady Susan est une délicieuse peste, détestable à souhait : manipulatrice, irrespectueuse, un monstre d'égoïsme, hypocrite. Elle incarne tous les travers de cette société anglaise du XIXème sième que Jane Austen aime tant égratiner dans ses romans.

Les hommes occupent une place secondaire dans ce roman. Les principaux protagonistes sont des femmes, avec d'un côté celles qui séduisent et humilient la gent masculine, et en face, celles qui protègent les mâles crédules et faibles des prédateurs en jupon.
Cette vision est amusante, pétillante et ironique à une époque où les hommes étaient tout-puissants et despotiques


Extrait :

"Ma chère Alicia, quelle erreur n'avez-vous pas commise en épousant un homme de son âge - juste assez vieux pour être formaliste, pour qu'on ne puisse avoir prise sur lui et pour avoir la goutte -, trop sénile pour être aimable et trop jeune pour mourir."


Lecture commune avec

Marie L., Vanounyme, et Maijo


D'autres avis :


Malice, Sylire, les livres de Georges Sand et moi, Karine :)Cynthia, Leiloona, Géraldine, Cuné, Stephie, ...



 Ce titre s'insère dans 3 challenges :

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 00:05

David Copperfield - Dickens


Quatrième de couverture :
Lorsqu'en 1850 il publie David Copperfield, Charles Dickens offre à ses lecteurs le premier roman qu'il ait écrit àla première personne, et, derrière l'histoire de son jeune héros, c'est aussi parfois la sienne qu'on peut lire. Mais ce que dessinent surtout les douloureuses premières années, le dur apprentissage de la vie dans une fabrique, puis la fuite et l'errance picaresque du jeune Copperfield, c'est un roman de formation où le personnage se fait son propre biographe. Il arrive alors qu'on ne sache pas si le réel évoqué est celui que l'enfant vécut au présent ou celui que l'adulte revisite au passé. Car, d'épreuve en épreuve, c'est une nouvelle image de soi que le narrateur peu à peu reconstruit, avant de devenir lui-même, à la fin du livre, un écrivain semblable à celui qui, dès le début, a pris la plume pour raconter sa vie - et nous offrir ce qui est encore aujourd'hui le plus grand roman anglais du XIXe siècle.


Avis d'une lectrice du dimanche

Coup de coeur !

Charles Dickens a écrit cette oeuvre de 1849 à 1850. Ce récit relate la vie du héros, David Copperfield, de sa naissance jusqu'à l'âge mur.

Ce roman dense et foisonnant
nous offre une peinture très noire de la société de l'Angleterre Victorienne,
une galerie exceptionnelle de portraits,
un style à la fois poignant et plein d'humour
et enfin un nombre important de détails autobiographiques...

La première partie de la vie de David Copperfield est très difficile et met en relief la misère morale et matérielle subie par un grand nombre d'enfants à cette époque ! Orphelin de son père, l'enfant est d'abord choyé par sa mère et sa bonne, Peggotty. La douceur de ces toutes premières années va s'éteindre définitivement lors du remariage de sa mère. L'homme est alors tout puissant dans le foyer, maltraitant femmes et enfants. Les enfants de familles riches sont souvent internés dans des pensions où ils sont battus, les autres sont obligés de travailler dès leur plus jeune âge. David Copperfield subit tour à tour ces deux situations.

Alors que la situation du jeune Copperfield semble désespérée, sa tante fantasque le prend sous son aile. A force de travail et de persévérance, David Copperfield accède finalement à l'éducation, un privilège !

Le malheur des enfants, souvent soumis à de la maltraitance, est longuement évoqué.

Ensuite vient la peinture de la seconde catégorie souffrant le plus en ce terrible 19ème siècle : les femmes !

Dickens montre grâce à une foule d'exemplaires que peu de représentantes de la gent féminine peuvent se prévaloir d'une vie satisfaisante !
Les plus humbles, comme Peggotty, sont bonnes dans les maisons bourgeoises. Les femmes de petite condition à qui la nature a offert la beauté, deviennent des proies pour les aristocrates avant d'être rejetées, déshonorées.
Les veuves, comme La mère de David Copperfield, tombent souvent sous le joug d'un mari haineux et n'ont même plus la liberté de chérir leurs enfants.
Les jeunes filles riches sont élevées comme des petits chiens de compagnie, transformées en petits êtres fragiles, souvent idiots et incapables de gérer correctement leur vie, leur maison et leurs enfants.

Les seules femmes qui survivent dignement dans cette société Victorienne sont celles douées d'une intelligence au-dessus de la moyenne et d'une force de caractère exceptionnelle.

J'ai suivi, subjuguée, les destins de la fantasque Mlle Trotwood, Peggotty, Mme Micawber, Mme Strong, la belle P'tite Emilie et la douce Agnès. il est difficile de ne pas éprouver à la fois pitié et exaspération avec les portraits de la mère de David et ensuite Dora !

Après l'amour familial, Charles Dickens exalte l'amitié virile et sincère.
Des caractères plus ou moins attachants gravitent autour de notre héros : l'aristocrate gâté James Steetforth, le fidèle Traddles, l'original M Micawber, la compassion de Mr Dick, la générosité sans borne de M Strong, la figure idéale du père incarneée par M. Peggotty...

Des méchants sont décrits avec la même fureur et la même absence de nuance que ceux qui peuplent les contes pour enfants !
J'ai évidemment frémi face aux personnages de M. Murdstone, le beau-père et tortionnaire de David, et ensuite l'odieux Uriah Heep, caricature de l'arriviste malveillant...

Le flux migratoire vers l'Australie est également évoqué. Cette destination représente le dernier espoir pour un certain nombre d'anglais désespérés et rejetés par la société fermée du vieux continent.



Quelques extraits :

"Je suis au nombre des douze sténographes qui recueillent les débats du Parlement pour un journal du matin. Tous les soirs, je prends note de prédictions qui ne s'accompliront jamais ; de professions de foi auxquelles on n'est jamais fidèle ; d'explications qui n'ont pas d'autre but que de mystifier le bon public. Je me vautre dans les mots. La Grande-Bretagne, cette malheureuse vierge qu'on met à toutes les sauces, je la vois toujours devant moi comme une volaille bien troussée, embrochée sur des plumes de bureau et pieds et poings liés par un de ces rubans rouges qui servent à attacher les dossiers. Je suis assez au courant des mystères de la coulisse pour apprécier à sa valeur la vie politique : aussi je suis à cet égard un incrédule fini ; jamais on ne me convertira la-dessus."

"Les tantes de Dora s'accordèrent bientôt pour regarder ma tante comme une personne excentrique et tant soit peu masculine, mais d'une grande intelligence ; et, quoique ma tante exprimât parfois, sur certaines convenances sociales, des opinions hérétiques qui ébouriffaient les tantes de Dora, cependant elle m'aimait trop pour ne pas sacrifier à l'harmonie générale quelques-unes de ses singularités."



2 challenges :

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