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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 00:10

Un-beau-jour-de-printemps---Yiyun-Li-1.jpg 

 

Quatrième de couverture

En ce jour de printemps 1979, la ville de Rivière-Fangeuse se prépare à l'exécution de Gu Shan, une ancienne garde rouge devenue dissidente. Pour ses parents et les quelques habitants écoeurés par cette ultime injustice, plus rien ne sera comme avant. Sous l'oeil omniprésent du Parti, contre la terreur ordinaire dans la Chine postmaoïste, ils tentent de modifier la trajectoire imposée.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Un livre dérangeant, terrifiant, mais à lire absolument !

 

La trame de ce roman se noue autour d’un fait divers tristement banal en 1979 : une jeune femme, Gu Shan, va être exécutée pour avoir osé critiquer le régime chinois. Cela constitue sans doute l’injustice de trop et les habitants vont se mobiliser pour dénoncer cette mise à mort arbitraire. L’espoir suscité par ce mouvement est hélas immédiatement étouffé. Le récit est pesant, dur, vraiment très dur ! Aucune issue positive ne semble possible, la dictature écrase les êtres et les réduit irrémédiablement au silence.

 

Cette démonstration des mécanismes de déshumanisation devient intolérable lorsqu’il s’avère que la répression amène l’ensemble d’une population à être coupable pour des motifs multiples : lâcheté, avidité, vengeance et ignorance. Gu Shan, la condamnée suppliciée, devient une martyre car une mise à mort classique aurait encore été trop douce ! Des médecins lui ont auparavant volé des organes pour soigner des notables. Pourtant cette jeune fille n’a rien d’un agneau. Elle a elle-même été bourreau quelques années auparavant, elle faisait partie des militantes les plus acharnées, avec à son actif des dénonciations et violences sur des personnes vulnérables, des femmes enceintes. C’est un cercle vicieux : des habitants dénoncent des voisins, qui eux-mêmes inventent sous la torture tout ce que leurs tortionnaires se plaisent à imaginer. Souvent les dénonciateurs sont rattrapés par leurs actes et châtiés à leur tour.

 

Yiyun décrit la société chinoise des années 80, dans laquelle la terreur est quotidienne, inéluctable et enlaidit les individus. Même la cellule familiale n’offre plus aucune protection. Les enfants, endoctrinés à l’école dès leur plus jeune âge, dénoncent leurs parents. Les époux livrent leur conjoint en pâture aux autorités. Tout participant à une simple manifestation est pourchassé, jusqu’aux simples spectateurs.

 

Le style est clinique et le récit est glacial, cruel.

En terminant ce roman, j’avais l’envie de croire que la dictature chinoise est un peu moins horrible aujourd’hui. Mais Yiyun Li, auteur américain d’origine chinoise, n’apporte aucune réponse sur le présent…

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 11:45

Le-Maitre-de-the---Yasushi-Inoue.jpg

Quatrième de couverture

Non, Monsieur Rikyu (1555-1591), Grand Maître de thé issu du bouddhisme zen, n'est pas mort dans son lit ! Il s'est fait hara-kiri à l'âge de soixante-neuf ans. Pourquoi s'est-il donné la mort ? Un vieux moine, son disciple, tente d'élucider le mystère de ce suicide.
Ce livre-enquête nous projette dans le Japon de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle.
A cette époque, la cérémonie du thé était un acte grave, empreint d'exigences éthiques et politiques, prétexte parfois à des négociations secrètes.
Le Maître de thé est donc un roman d'initiation, de méditation, lyrique et sensuel à la fois. A travers la figure historique de Rikyu, Yasushi Inoué (1907-1991) dresse le portrait d'une génération hantée par la mort.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Très beau livre, bien que difficile à comprendre pour moi, occidentale toujours tournée vers le mouvement !
J'ai trouvé fascinantes les descriptions des cérémonies du thé, la recherche du sens de la vie, le cheminement de toute une existence vers la beauté, la perfection...

 

Un moine bouddhiste venu de Chine a introduit le thé au Japon au XIIIe siècle. Les premières cérémonies du thé naissent au XIIIe siècle puis s'épanouissent sur la base des principes Zen au XVIe siècle.

La cérémonie du thé est à la fois une discipline spirituelle et un art. La vocation est d'accéder à la sérénité, au calme de l'esprit, dans le calme et la pureté. La grâce et l'esthétisme sont essentiels pour cette expérience mystique.

 

Le moine Honkakubo a été le fidèle disciple d'un grand maître de thé, Rikuyu. Ce dernier se donnera la mort sur l'ordre de son seigneur, Taïko Hideyoshi. L'incompréhension de cet acte hantera le moine jusqu'à la fin de sa vie. Le reste de sa vie sera une longue quête pour comprendre les raisons de ce suicide, comprendre la philosophie de Rikuyu et percevoir l'essence même de la cérémonie du thé.

 

Voici le lien d'un site qui donne de précieuses explications sur la culture japonaise et sur la cérémonie du thé...

Un article concernant l'expérience d'une cérémonie du thé est également très intéressant...

 

Challenge

10ième titre pour ce challenge initié par Choco

Challenge In the mood for Japan 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 06:05

Park life - Yoshida Shuichi

Quatrième de couverture

Ce petit roman est une bouffée d'air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXI siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tôkyô, où l'on pénètre sur les pas d'un jeune employé légèrement excentrique, et soudain "l'exhalaison de terre et d'herbe vous chatouille les narines". Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants, rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s'exerce à chambouler la perspective pour voir le monde autrement. Il arrive que s'y nouent des idylle, à peine plus tangibles que le bruissement des pigeons qui s'envolent. Ce récit a le charme des parenthèses qui s'ouvent parfois dans la vie pour laisser entrer l'enchantement, comme un léger vertige teinté de déraison. La ville n'est pas loin, les buildings cernent l'horizon, mais dans cet espace clos et protégé, se jouent les menues aventures qui donnent son goût unique à l'existence, la petite musique d'un grand parc au coeur d'une immense capitale.

Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, le Goncourt japonais. 

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Je n'ai vraiment pas aimé !
(Zut ! Où est donc passé mon manuel d'apprentissage de la délicatesse et de la diplomatie ?)

J'attendais peut-être trop de ce livre : il a eu un prix prestigieux au Japon (équivalent à notre Goncourt), la quatrième de couverture est alléchante... 

Quel est l'intérêt de ce livre ? Mystère et boule de gomme, je suis complètement passée à côté du récit et je me suis ennuyée d'un bout à l'autre de ce livre très court (à peine 125 pages).

Il n'y a pas véritablement d'histoire, juste quelques instants de vie, quelques impressions. En fin de lecture, les personnages me sont restés inconnus et même... insignifiants ?

 

D'autres avis (plus positifs que le mien !) :

Lecturissime, La plume dilettante, Maeve, A propos de livres, ...

 

Challenge :

9ième titre pour ce challenge initié par Choco

Challenge In the mood for Japan

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:30

Un-cri-d-amour-au-centre-du-monde---Kyoichi-Katayama.jpg 

Quatrième de couverture

Qu'advient-il del'amour quand l'être aimé disparaît ? Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville de province du Japon. Leur relation évolue de l'amitié à l'amour lorsqu'ils se retrouvent ensemble au lycée. En classe de première, Aki tombe malade. Atteinte de leucémie, elle sera emportée en quelques semaines. Sakutaro se souvient de leur premier baiser, de leurs rendez-vous amoureux, du pèlerinage en Australie entrepris en sa mémoire.
Quel sens donner à sa souffrance ? Comment pourrait-il aimer à nouveau ?
Puissant et pudique à la fois, le roman de Kyoichi Katayama est devenu au Japon un véritable phénomène de société le plus grand best-seller de tous les temps, adapté au cinéma, et sous forme de manga.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Ce roman a le profil typique du roman que j'essaie d'éviter...
Sentimental, terriblement triste... et j'ai adoré !
Ce titre de Kyoichi Katayama est à lire avec une boîte de mouchoirs tout près... 

L'amour des deux adolescents Sakurato et Aki est tellement fort qu'il pourrait déplacer des montagnes, mais il ne vaincra pas la mort. Après une bataille acharnée, une leucémie fauche Aki en pleine fleur de l'âge. Sakurato est le narrateur et des années plus tard, il plonge dans ses souvenirs vivaces. La perte de l'âme soeur a la violence d'un séisme avec toute l'énergie de la jeunesse. Le premier amour reste ancré pour toujours dans la mémoire du jeune homme mais la puissance de la vie n'a pas dit son dernier mot. Passées les années de deuil, l'existence estompe les douleurs les plus aigües et pousse énergiquement les vivants vers des avenirs plus sereins. Et même parfois vers le bonheur ?

Je suis tombée dans les filets de ce roman sentimental car le texte est très bien écrit, d'une manière sobre et belle qui rend les émotions plus intenses... 

 

Challenge

8ième titre pour ce défi initié par Choco

Challenge In the mood for Japan

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 12:00

Le-convoi-de-l-eau---Akira-Yoshimura.jpg

 

Quatrième de couverture

Un homme étrange s'engage au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue, se révèlent les contours d'un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux. Au cours de ce terrible chantier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l'exil. A la veille du départ qui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau. Des images de toute beauté, inoubliables.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Très beau roman !

 

Akira Yoshimura reprend ses thèmes de prédilection, déjà évoqués dans son roman Naufrages : l’être humain vit difficilement en harmonie avec la nature, il l’asservit en saccageant tout. Quelques sites difficiles d’accès conservent encore un caractère grandiose et indompté. Des communautés y survivent difficilement, façonnées tout en rudesse, à l’image de leur habitat.

 

 Akira Yoshimura décrit des paysages somptueux où l’homme n’a pas sa place.


L’écriture de cet auteur est magnifique et enrobe des contes rugueux, sans concession.

 

Après plusieurs jours de marche forcée, des ouvriers rejoignent le fond d’une vallée perdue afin d’y bâtir un barrage. Ces hommes souvent frustres et violents s’engagent pour plusieurs mois, voire des années, dans un labeur difficile en échange de salaires un peu moins misérables que la moyenne. Ils arrivent encordés les uns aux autres, officiellement pour des raisons de sécurité dans ce terrain accidenté. En fait, ils sont symboliquement liés comme des esclaves. Cette condition sera la leur durant toute la durée de leur mission : une soumission totale à leurs supérieurs hiérarchiques, une vie entièrement réglée pour satisfaire les besoins du chantier.

En arrivant, ils découvrent un hameau vivant dans une nature préservée, au rythme d’un ruissellement d’eau permanent. Les habitants, complètement hors du temps, se sont repliés sur eux-mêmes depuis plusieurs générations.

La cohabitation s’annonce difficile car ce village est voué à la destruction par les eaux. Leur seul point commun est religieux avec le culte des morts.

Ce conte intemporel est dur, aucun personnage n’est attachant. Villageois ou ouvriers, la civilisation n’est pas parvenue à humaniser ces êtres. Le narrateur lui-même n’échappe pas à cet aspect sombre. Ancien détenu, il n’éprouve aucun remord pour ses actes passés et vit dans un état de colère permanente. Il cherche la rédemption dans cette contrée éloignée de la société...

 

Challenge

7ème titre pour ce challenge initié par Choco 

 

Challenge In the mood for Japan

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 16:00

CRONOS---Linda-Le.jpg 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture

A Zaroffcity, le pouvoir est détenu par deux absolutistes : le Grand Guide, intronisé après un coup

d’Etat, et son ministre de l’Intérieur, Karaci, surnommé la Hyène par des habitants qui vivent sous

le régime de la terreur. Alors que les exactions se multiplient, alors que les opportunistes se rangent sous la bannière des nouveaux dirigeants, s’élève une voix, celle d’Una, fille d’un ancien

astronome devenu sénile, qui a dû le sauver en acceptant d’épouser Karaci. Sœur d’un comédien

exilé, elle lui écrit en secret des lettres sur sa solitude de captive, exprimant son amertume, ses

indignations, ses rancœurs, mais aussi son amour pour son vieux père, pour un gamin des rues

venu, malgré les dangers, lui apporter une consolation, pour un insurgé, auteur de pamphlets

subversifs. Peu à peu, une métamorphose s’opère en elle : d’abord résignée, elle rejoint les opposants et se mue en conspiratrice au moment où elle apprend qu’elle va être mère. Fable politique, tragédie mettant en scène les excès d’une dictature, les compromissions des arrivistes, la corruption par l’argent et le musellement des rébellions, Cronos est aussi le chant d’amour d’une Antigone, résolue au sacrifice.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Coup de cœur pour cette fable terrifiante !

   

Une écriture ciselée pleine de finesse. Grâce à sa plume lumineuse, Linda Lê parvient à rendre lisible l’indicible, l’insupportable. Un langage très recherché coexiste harmonieusement avec des expressions d’un registre presque familier.

 

L’auteur dissèque les mécanismes qui permettent aux dictatures de s’installer. La somme de petites négligences et lâchetés permettent à des hommes politiques démagogues, sans scrupules, d’installer des régimes sanguinaires et cruels.

Souvent ces personnages ne sont pas pris au sérieux au départ. Leurs déclarations tonitruantes font sourire certains, tandis que leurs discours racistes et vindicatifs font grincer les dents des autres. Les populations sont hélas faciles à diriger, il suffit de manipuler et d’actionner des leviers efficaces tels que la division, les boucs émissaires.

 

Una a épousé le ministre de l’intérieur, Karaci, contrainte et forcée, uniquement pour sauver la vie à son père. Dans une correspondance clandestine et désespérée, elle livre son quotidien, ses états d’âme et surtout son cheminement intellectuel à son frère adoptif. Ce dernier a réussi à fuir Zaroffcity pour s’établir dans une contrée démocratique.

Una est une jeune femme à la personnalité à la fois exceptionnelle et ambiguë. Comme la plus grande partie de la population, elle plie d’abord devant la force brutale et pense avant tout à la survie de ceux qu’elle aime.

L'héroïne se raccroche à Marko, petit garçon des rues dont l'insolence et l'inconscience rappellent beaucoup le personnage de Gavroche dans Les misérables de Victor Hugo. Marko est un feu follet, incarnant légèreté et bohème !

 

Toutefois, personne ne peut résister longtemps à l'arbitraire. Les monstres s'attaquent aux opposants, puis aux plus faibles, jeunes filles, enfants... Ceux qui restent sagement dans le rang et même collaborent sont souvent rattrappés par la barbarie.

L'idéal citoyen de Una reprend peu à peu le dessus, sa révolte d’abord murmurée deviendra clameur ! Le courage n’est pas inné mais s’apprend, se cultive au quotidien.

 

Dans ce récit plein de noirceur, Linda Bê laisse une lueur d’espoir. Les tyrannies ne sont pas éternelles, des insurgés finissent toujours par briser ces régimes infernaux. Néanmoins, le prix à payer en vies humaines est lourd, extrêmement lourd…

 

Challenge
Rentree litteraire 2010-copie-1

  2ème titre / 7

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 10:25

Zakuro---Aki-Shimazaki.jpg

 

Quatrième de couverture
La dernière fois que Tsuyoshi Toda a vu son père, c'était en 1942, quand ce dernier partait travailler en Mandchourie, d'où il a été déporté en Sibérie après la fin de la guerre. Vingt-cinq ans plus tard, alors que sa mère sombre peu à peu dans les errances de l'alzheimer tout en conservant l'espoir de revoir un jour son mari, Tsuyoshi apprend que son père, porté disparu, est vivant au Japon. Lorsque le père accepte de rencontrer son fils, seul, il lui remet une lettre dans laquelle il explique les raisons de sa disparition: ce qui s'est passé sur le bateau qui le ramenait au Japon a brisé net le cours de sa vie. D'une logique dramatique imparable, ce roman explore le destin d'êtres que l'Histoire a broyé dans les replis de ses silences honteux.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Aki Shimazaki nous plonge dans l’histoire du Japon, de la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours. Les Japonais ont durement payé leur défaite car nombre d’entre eux ont été déportés dans des camps de travail en Sibérie après la défaite du Japon. Sous la pression internationale, Staline a finalement relâché quelques  prisonniers mais beaucoup n’ont pas résisté aux conditions inhumaines d’internement.

 

Tsuyoshi Toda, adolescent lors de la disparition de son père en Sibérie, a pris en charge l’ensemble de sa famille. Cela a déterminé sa vie d’adulte car son sens du devoir l’a dissuadé d’avoir des enfants avec son épouse.

Alors que sa mère, atteinte de la maladie d’ Alzheimer, arrive peu à peu vers la fin de sa vie, Tsuyoshi Toda apprend que son père a finalement survécu et a fondé une nouvelle famille. Les deux hommes se rencontreront pour comprendre comment leurs existence respectives ont évolué, bousculées par les soubresauts de l’histoire.

 

J’ai aimé ce roman, même si je n’ai pas trouvé l’histoire aussi élaborée et la psychologie des personnages aussi complexe que dans Le poids des secrets.

 

Challenge

Sixième titre dans le cadre du challenge initié par Choco 

Challenge In the mood for Japan

 

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 09:48

Kyoto---Yasunari-Kawabata.jpg

 

Quatrième de couverture
L'entente entre la nature et l'homme trouve sans doute son accomplissement dans Kyôto. Deux jumelles ont été séparées à leur naissance. Elevées dans des milieux différents, l'une à la ville, l'autre dans la montagne, vont-elles pouvoir se rejoindre, adultes, et se comprendre ? Au-delà de cette histoire limpide et bouleversante, c'est l'affrontement du japon traditionnel et du japon qui s'américanise chaque jour davantage, qui est ici mis en scène. Ecrit en 1962, Kyôto est sans doute l'œuvre qui exprime le plus profondément le déchirement métaphysique et psychologique de l'écrivain japonais.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Le style est extrêmement travaillé,
tous les détails sont étudiés pour révéler au lecteur un esthétisme très pur. Même les dialogues sont d'une politesse irréprochable.

Cette recherche de la beauté et de la perfection a hélas pour conséquence une ambiance glacée... J'ai trouvé ce livre quelque peu déprimant.

 

Chieko a été adoptée par une famille très honorable de marchands en gros. Elle fait preuve d'une grande déférence et d'une obéissance sans faille vis à vis de ses parents :
- Quand je demandai d'entrer à l'Université, mon père se récria : "L'Université pour notre fille, celle qui héritera de nos biens, ça n'a aucun intérêt. Regarde plutôt comment se traitent les affaires..."

En plein XXième siècle, Chieko fait preuve de la même soumission lorsque son père évoque le futur époux qu'il entend lui choisir.

Sa rencontre avec sa soeur jumelle est un choc pour Chieko. Mais même cette relation s'épanouira difficilement dans le cadre sévère des règles sociales. Les sentiments personnels sont étouffés au profit de l'intérêt familial et social.

La société japonaise est longuement décrite en mettant à jour les mécanismes psychologiques et traditionnels qui motivent son type de fonctionnement.

Ce roman,  fin et très intéressant, m'a laissée de marbre quant à la fiction proprement dite. Les personnages suivis dans ce récit sont lointains, froids, désespérément inaccessibles.

 

Challenge

5ème titre dans le cadre du challenge japonais initié par Choco

Challenge In the mood for Japan

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 07:22

La-formule-preferee-du-professeur---Yoko-Ogawa.jpg

Quatrième de couverture
Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle gagne sa confiance et, à sa demande, lui présente son fils âgé de dix ans. Commence alors entre eux une magnifique relation. Le petit garçon et sa mère vont non seulement partager avec le vieil amnésique sa passion pour le base-ball, mais aussi et surtout appréhender la magie des chiffres, comprendre le véritable enjeu des mathématiques et découvrir la formule préférée du professeur... Un subtil roman sur l'héritage et la filiation, une histoire à travers laquelle trois générations se retrouvent sous le signe d'une mémoire égarée, fugitive, à jamais offerte...

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Coup de coeur !

Histoire d'une amitié belle et désintéressée entre trois êtres diamétralements différents :
un ancien mathématicien à la mémoire défaillante, une femme de ménage et son fils plein de vie.

Le vieux scientifique est extrêmement fragilisé depuis qu'un accident l'a privé de la plus grande partie de sa mémoire. Ses souvenirs se sont arrêtés en 1975 et sa mémoire immédiate se reformate au bout de 90 minutes. De multiples post-its collés sur ses vêtements l'aident à se repérer au quotidien, il reste généralement enfermé dans son appartement car la foule le terrifie. Le visage de son aide-ménagère lui est inconnu chaque matin et les questions lors de leurs retrouvailles deviennent un rituel incontournable.

Le vieil homme aime profondément les enfants, des êtres aussi fragiles que lui, qu'il faut protéger. Le fils de la jeune femme de ménage les rejoindra chaque soir lorsque sa mère travaille. Le jeune garçon sans père accepte avec reconnaissance la tendresse fragile et sincère du mathématicien.

Les liens de l'affection de ce trio vont se tisser avec le langage que l'infirme maîtrise encore si bien : les mathématiques. La passion des nombres premiers les rassemblent. La femme de ménage et son fils découvrent la beauté des formules et des chiffres. La compréhension des quêtes scientifiques se visualise avec l'esthétique très pure des oeuvres d'art. D'une infinie patience, le scientifique ouvre leur esprit au plaisir du raisonnement mathématique.  
L'amitié entre les trois personnages s'épanouit également à travers leur amour du base-ball. Les sentiments qui les animent  transcendent en partie le cruel handicap et semblent pouvoir survivre à toutes les difficultés...

 

Challenge

4ième titre pour le challenge
lancé par ChocoChallenge In the mood for Japan

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 13:00

Memoires-d-une-geisha---Yuki-Inoue.jpg 

Quatrième de couverture  

Née en 1892, vendue à l'âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l'apprentissage du dur métier de geisha. C'est un peu l'envers du décor qu'elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts de divertissement et endurer pour cela privations, exercices physiques traumatisants, soumission aux coups sous les ordres de la " Mère " et des " grandes soeurs ". Après son initiation sexuelle, elle s'enfuira, puis reviendra vivre dans le " quartier réservé " avant de devenir elle-même patronne d'une maison de geishas. Récit bouleversant, description édifiante de la vie de tous les jours dans l'intimité d'une okiya, avec ses cérémonies, ses coutumes, ses fêtes et ses jeux. On y entend des histoires de plaisirs, de chagrins, de courage aussi, qui éclairent sous un jour nouveau ce monde fermé sur lequel l'Occident ne cesse de s'illusionner.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Ce témoignage décrivant l’existence d’une geisha est authentique.
Kinu avait plus de 80 ans lorsque Yuki Inoue a recueilli le récit de sa vie.

Une geisha est une dame de compagnie raffinée et réservée à une clientèle très aisée. Elle se consacre souvent dès son enfance à l’apprentissage des arts traditionnels japonais. La geisha excelle dans le métier de l’art.

Très nombreuses au XVIIIe et XIXe siècles, les geishas existent encore de nos jours mais leur nombre est infime.

Ce livre nous révèle le quotidien des femmes exerçant cette profession, avec deux facettes bien distinctes. L'aspect artistique, les fêtes et les "paillettes" sont bien présents. Mais le récit se focalise également sur le manque de liberté de ces femmes pendant la plus grande partie de leur jeunesse et surtout sur le rapport ambiguë avec la prostitution. Les geishas se façonnent l’image d’artistes accomplies dont les faveurs sexuelles sont loin d’être systématiquement offertes à leurs clients. La réalité est beaucoup moins reluisante et leur liberté de choix est bien souvent illusoire.

 

Kinu Yamagushi est vendue à l’âge de 8 ans à une okiya, une maison officielle de geisha. Son père, pauvre et alcoolique, ne parvient plus à nourrir sa famille. Quelques temps plus tard, sa petite sœur sera également bradée. Commence ensuite une vie d’esclave durant environ 20 ans. En effet, lorsque une jeune fille accèdait au statut de geisha, une quinzaine d’années étaient nécessaires pour rembourser leur éducation à la patronne de la maison. L’enfance des fillettes se partage entre corvées domestiques et l’apprentissage des arts. Certaines mourraient d’épuisement…

 Ce livre évoque d’une manière assez précise la société japonaise du XXe siècle. Les filles se résignent à leur sort, elles sont soumises. Les enfants des familles pauvres survivent dans des conditions extrêmement difficiles. Le plus jeune frère de Kinu n’a certes pas été vendu mais l’apprentissage de son métier manuel s’apparente également à de l’esclavage. Il a travaillé gratuitement pendant de longues années, soumis à la tyrannie du maître qui lui donne sa formation. Kinu décrit également l’évolution de la société japonaise suite aux différentes guerres et à son ouverture progressive aux étrangers…

 

3ème titre pour le challenge lancé par Choco :

Challenge In the mood for Japan

 

 

 

 

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