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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 00:05

La-delicatesse---David-Foenkinos.jpg 

Quatrième de couverture

François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… – Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. '

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Lecture divertissante, légère…

Nathalie a connu un amour intense, fusionnel, qui s’arrête brutalement avec le décès de son mari. Cette très belle femme porte le deuil pendant plusieurs années et se consacre entièrement à son travail, dans une grande société suédoise. Au grand désespoir de son patron qui la poursuit de ses assiduités, elle portera finalement son regard sur un obscur employé de l’entreprise, dont le charme n’apparaît vraiment pas spontanément !

Cette gentille histoire ne restera probablement pas gravée dans ma mémoire. Mais la plume de David Foenkinos, légère, délicate et pleine d’humour, a le chic pour rendre cette comédie sentimentale irrésistible...



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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:30

Une-poignee-de-gens---Anne-Wiazemsky.jpg 

Quatrième de couverture

Un paysan appelé Vania poussait une barque entouré d'enfants. Il est mort d'un arrêt du coeur, là, quelque part dans l'herbe. Les enfants ont grandi en exil, sous d'autres nationalités. Ils sont devenus français, anglais, américains. La plupart ne sont jamais revenus en Russie.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Coup de cœur !

 Jusqu’à ses 40 ans, Marie Belgorodsky ne s’est jamais vraiment intéressée à ses origines russes. Elle est quasiment dans le déni car le passé a meurtri sa famille. Sa rencontre avec un vieil homme, Vassili Vassiliev, va changer son horizon. Il lui remet le Livre du Destin, journal intime de Adichka Belgorodsky, son grand-oncle, et de Nathalie, sa grand-tante. Le couple Belgorodsky est issu d’une lignée illustre, appartenant à la noblesse terrienne. Ce témoignage relate une période à jamais disparue, leur vie au début de la révolution communiste, entre 1916 et 1917. Cette famille a fuit pour survivre et s’est dispersée en Europe et aux Etats-Unis. Marie Belgorodsky, fascinée par ce récit, a désormais envie de revenir sur les pas de son passé pour rendre hommage à ce couple princier.

Ce roman est magnifique, sensible, écrit avec raffinement et fluidité. C’est la haute société russe avant la première guerre mondiale qui est décrite, avec son faste et son insouciance. Ces propriétaires terriens ont un niveau culturel exceptionnel. Musiciens remarquables, ils consacrent des heures à l'art. Ils vénèrent la littérature russe et française. Adichka Belgorodsky, le seigneur de Baïgora, est respecté par les paysans qui travaillent pour lui : Il les traite avec humanité et commence à adhérer aux idées nouvelles de partage des terres. Pourtant des restes d’insouciance obscurcissent sont jugement. Il n’évolue pas assez vite pour répondre aux aspirations de justice sociale de la population. Les vœux légitimes d’une vie meilleure des paysans se sont heurtés à l’autisme de la noblesse, isolée dans la cage dorée de l’oisiveté.

Le contexte historique est omniprésent dans ce roman avec les ravages de la guerre de 1914-18, la cruauté de Raspoutine et sa présence néfaste à la cour jusqu’à son assassinat. La révolution bolchevique est décrite comme une vaste manipulation, les basses manœuvres de quelques agitateurs opportunistes qui ont utilisé la misère du peuple. Toute partiale qu’elle soit, cette analyse n’est pas dénuée de fondement car la liberté du peuple russe a finalement toujours été confisquée, d’abord par les tzars et la noblesse, puis par les différents responsables du régime communiste. Les bolcheviques ont massacré un grand nombre d’êtres souvent innocents. Si toutes les révolutions se font dans le sang, de celle-ci la lumière et la démocratie n’ont pas réussi à émerger.

Ce beau livre m’a donné envie de lire les autres titres de Anne Wiazemsky, et surtout de me replonger dans la littérature classique russe !

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:40

 Le-choeur-des-femmes---Martin-Winckler.jpg

 

Quatrième de couverture

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Je n’aurais jamais eu l’idée (saugrenue !) de lire ce roman si Katell ne me l’avait pas prêté…
Et contre toute attente, j’ai aimé ! 

Médecin de formation, l’écriture détourne finalement Martin Winckler de cette profession. Néanmoins, sa vocation et sa passion pour la médecine restent intactes, comme en témoignent ses différents romans. D’ailleurs, il met à jour régulièrement son blog (www.martinwincker.com) pour guider les lectrices en quête d’informations  (accès à l’IVG, contraception, éthique, connaissances médicales, conseils, publications…).

Jean Atwood, interne au cursus brillant, jeune femme (comme son nom ne l’indique pas…) à l’égo démesuré, est obligée de passer quelques semaines dans la petite unité gynécologique du professeur Karma. Le mépris de Jean (le prénom se prononce Djinn…) pour les méthodes peu orthodoxes de ce médecin évolue peu à peu au fil des visites et expériences.

Le roman débute d’une manière un peu rigide avec l’affrontement de deux visions de la médecine et un long exposé de visites médicales et d’exemples de pathologies. Puis le récit s’emballe d’une manière extravagante, malicieuse : de nombreux rebondissements romanesques s’insèrent avec bonheur dans la démonstration. Humour, romantisme et dérision cohabitent très bien !

L’écriture de ce roman est agréable, dynamique, avec de nombreux apartés et digressions.

Je n’aurais jamais découvert spontanément ce roman, c’est clair ! Ma première question a été : quelle mouche a piqué cet écrivain ? Quel intérêt d’écrire (et de lire…) un pavé de près de 700 pages sur les affections gynécologiques ?

Dans le chœur des femmes, son leitmotiv est le respect du patient. Martin Winckler s’insurge contre les spécialistes et chirurgiens qui prennent leurs patients en otage de leurs ambitions, et de leurs préjugés. Les « petits » maux quotidiens de leurs patientes sont d’une importance infime à leurs yeux, les élites ne sont pas là pour écouter des jérémiades de bonnes femmes !

Sa présentation très tranchée, avec d’une part les médecins généralistes parfaits d’humanité et de l’autre côté les spécialistes dédaigneux, est évidemment un peu simpliste.

Toutefois, même si j’ai parfois frôlé l’overdose face à la multiplicité des exemples médicaux, j’ai été forcément séduite par le roman de ce défenseur des droits des patients, prenant en compte la peur et la douleur. L’auteur est un grand féministe de surcroît !

   

Petite précision : Katell a toujours plein d'idées sympa de lecture et elle commence un nouveau blog de lecture. N'hésitez pas à aller le visiter !...


 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:00

Du-domaine-des-murmures---Carol-Martinez.jpg 

Quatrième de couverture

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu'en Terre sainte. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Après son magnifique roman Le coeur cousu, Carol Martinez nous offre son deuxième titre, Du domaine des murmures.

Les critiques enthousiastes pour ce nouveau roman sont unanimes et je joue ici le vilain petit canard : malgré une écriture toujours aussi belle, je n'ai pas réussi à accrocher avec cette histoire. Je crois que le thème n'est pas pour moi, tout simplement. Le personnage d'Esclarmonde et son féminisme plus que timide ne m'ont pas du tout convaincue. Les crises de mysticisme m'ont glacée et donné une envie irrépressible de fuir loin de ce récit.

Pour me consoler de mon manque d'empathie avec Du domaine des murmures, je relirai avec délices Le coeur cousu et j'attendrai avec patience le prochain roman de Carol Martinez. 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:15

Les-vivants-et-les-morts---Gerard-Mordillat.jpg 

 

Quatrième de couverture

Lui, c'est Rudi. Il n'a pas trente ans. Elle, c'est Dallas. Bien malin qui pourrait dire pourquoi tout le monde l'appelle comme ça. Même elle a oublié son nom de baptême... Rudi et Dallas travaillent à la Kos, une usine de fibre plastique. Le jour où l'usine ferme, c'est leur vie qui vole en éclats, alors que tout s'embrase autour d'eux. A travers l'épopée d'une cinquantaine de personnages, Les Vivants et les Morts est le roman d'amour d'un jeune couple emporté dans le torrent de l'histoire contemporaine. Entre passion et insurrection, les tourments, la révolte, les secrets de Rudi et Dallas sont aussi ceux d'une ville où la lutte pour la survie dresse les uns contre les autres, ravage les familles, brise les règles intimes, sociales, politiques. Dans ce monde où la raison financière l'emporte sur le souci des hommes, qui doit mourir ? Qui peut vivre ?

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Un beau roman, à lire absolument !

Gérard Mordillat fait revivre l’esprit de Zola : il parle des ouvriers, leur quotidien, les difficultés pour vivre correctement avec des salaires bas, les licenciements.
Pas de moralisation ni de sensiblerie, juste de l'observation

 

Ce style de roman réaliste n’est plus tellement à la mode de nos jours car medias et politiques répètent à l’envie que la lutte des classes a disparu dans nos démocraties ! Du coup, à quoi bon parler de ce qui n'existe pas ?

 

L’histoire est simple, classique, et se répète hélas chaque année dans les usines qui fonctionnent encore dans les pays occidentaux. Un plan social est annoncé aux salariés : des licenciements ! Une réduction des salaires et la suppression des avantages sociaux sont le prix à payer pour ceux qui échappent à la "charrette". Le chantage de la fermeture définitive de l’entreprise fait accepter les pires mesures aux plus récalcitrants.

Le scenario mis en place par quelques financiers sans scrupule est bien rodé, planifié de manière cynique. Après le plan social, les ouvriers s’investissent avec acharnement pour sauver leur outil de travail, les politiques offrent des subventions pour que l’usine continue à fonctionner. Les promesses faites aux collectivités locales et aux salariés sont oubliées dans les un ou deux ans qui suivent, les usines sont discrètement vidées de leurs richesses, pour finalement être délocalisées.

 

Dans Les vivants et les morts, les ouvriers de la Kos, une usine de fibre plastique, se fédèrent pour lutter contre la fermeture du site. La délocalisation, c'est la mort du village. Aucune alternative ne sera proposée à ces nouveaux chômeur. Alors que certains essaient de sauver leur emploi avec de la négociation, et à coup de trahisons, d'autres se battent jusqu'au bout, le désespoir les amène vers des actes violents, irrémédiables.

 

Le ton est réaliste, les individus ne sont pas idéalisés. Toute la complexité de la nature humaine est bien dépeinte par Gérard Mordillat.

 

Et les très méchants me direz-vous, comment l’auteur les décrit-il ? Et bien ils sont tout simplement invisibles ! Grâce à la mondialisation, les financiers qui ont droit de vie ou de mort sur les usines se dissimulent, souvent confortablement installés dans d’autres pays. Des directeurs, sur place, gèrent les plans sociaux catastrophiques. Ils aiment souvent leur entreprise et respectent leurs salariés mais ils sont impuissants, assujettis aux ordres de rentiers qui ne se salissent jamais directement les mains.

 

Un "détail" négligemment glissé dans ce roman :

Les investisseurs reprennent des sites industriels rarement pour accroître leur cheptel d'usines et d'ouvriers. L'objectif est d'acquérir des procédés industriels, des brevets. Une fois qu'ils ont en poche les précieux savoir-faire et sésames, ils jettent sans ménagement les humains qui ont permis l'émergence de ces compétences.

 

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 06:30

grace-et-denuement---Alice-Ferney.jpg 

 

Quatrième de couverture

Rares sont les Gitans qui acceptent d'être tenus pour pauvres, et nombreux pourtant ceux qui le sont.

Ainsi en allait-il des fils de la vieille Angéline. Ils ne possédaient que leur caravane et leur sang.

Mais c'était un sang jeune qui flambait sous la peau, un flux pourpre de vitalité qui avait séduit des femmes et engendré sans compter. Aussi, comme leur mère qui avait connu le temps des chevaux et des roulottes, ils auraient craché par terre à l'idée d'être plaints. A. F.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Ce livre m’a laissé une sensation de perplexité, voire même un certain malaise. J’ai beaucoup aimé l’écriture d’Alice Ferney et également les thèmes abordés dans ce roman. Mais la gêne s'installe pendant le récit car tout est trop tranché, caricatural.

 

Une bibliothécaire, Esther, décide de s’attaquer à l’illettrisme dans un camp de gitans et prend l’habitude de s’y rendre chaque semaine pour offrir des lectures aux enfants. Il lui faudra d’abord obtenir l’autorisation d’Angéline, la doyenne de la famille, et ensuite surmonter la méfiance des cinq fils de la matriarche, ainsi que de leurs épouses. Elle est peu à peu acceptée et même invitée dans les caravanes, elle reçoit les confidences, donne des conseils pour scolariser les enfants les plus âgés.

 

Il n’est certes pas facile de parler des gens du voyage en gardant un ton juste et sans tomber dans l’angélisme. Mais il me semble tout de même que l’auteur n’a pas évité l’écueil des clichés.

 

Tout d’abord, Esther est gentille et un peu mère Térésa, elle gagne leur affection et le respect. Mais la réciproque n’existe pas car elle sépare catégoriquement sa bonne action de sa vie privée. Elle refuse de présenter son mari et ses enfants, malgré des demandes insistantes. La confiance n’est pas partagée ! La relation de l’héroïne du roman avec les gitans se limite à de la charité condescendante. Est-ce la seule alternative ?

 

Ensuite, l’auteur évoque très peu la culture gitane. Elle nous parle simplement du machisme des hommes, voleurs, sans aucune activité pour vivre, souvent alcooliques et violents. La saleté repoussante, les enfants lavés une fois toutes les deux semaines car il faut faire chauffer l’eau sur le feu. Les femmes soumises et malheureuses, écrasées par l’autorité du mari et de la belle-mère tyrannique. Des enfants aimés d’une certaine manière mais battus durement. La nourriture est essentiellement trouvée en fouillant dans les poubelles... etc, etc...

 

Je n’ai pas de connaissances précises du monde des tziganes, mais il m’est difficile de croire que ces descriptions reflètent fidèlement leurs conditions de vie actuelles. Même si les traits décrits se retrouvent bien sûr dans certains cas, il est dommage de réduire à cela cette société méconnue et décriée. Aucun savoir-faire, utilité ou dignité ne leur sont vraiment reconnus dans ce roman.

 

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 18:15

Seule-Venise---Claudie-Gallay.jpg 

 

Quatrième de couverture

A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C'est l'hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l'arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l'attente du désir et de l'autre.

Dans une langue ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage, Claudie Gallay dépeint la transformation intérieure d'une femme à la recherche d'un nouveau souffle de vie. Et médite, dans le décor d'une Venise troublante et révélatrice, sur l'enjeu de la création et sur la force du sentiment amoureux

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Une lecture plutôt agréable, mais pas inoubliable…

 

Ce titre m’a un peu réconciliée avec les écrits de Claudie Gallay, car ma première approche de cet auteur s’était soldée par un échec : j’avais abandonné Les déferlantes.

 

L’écriture me laisse un peu sur ma faim car le style est haché, les phrases très courtes.

 

Je n’éprouve guère d’empathie pour l’héroïne, ma foi bien fade, à la fois maniaque et vélleitaire. Plutôt qu’essayer de se reconstruire après une rupture douloureuse, elle jette son dévolu sur un libraire totalement inconnu, complètement inconsistant. Les portraits de certains des personnages sont toutefois très attachants. J’ai craqué pour Vladimir Pofkovitchine, le vieux prince russe handicapé et Carla, la danseuse classique.

Claudie Gallay décline la gamme des relations affectives avec l’amitié, l’amour fusionnel et indestructible, les histoires impossibles…

 

Le récit m’a semblé parfois un peu surfait et artificiel mais je me suis laissée prendre par l’ambiance du roman car l’auteur a su transmettre l’atmosphère ensorcelante de Venise.

 

Bref, il m'est finalement difficile de parler de ce livre car cette lecture m’a laissé des sentiments mitigés, plutôt agréables dans l’ensemble bien que superficiels… et une furieuse envie de découvrir Venise !

 

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 18:00

Les-insurrections-singulieres-Jeanne-Benameur.jpg

 

Quatrième de couverture

Au seuil de la quarantaine, ouvrier au trajet atypique, décalé à l'usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d'une place dans le monde. Entre vertiges d'une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il lui faudra se risquer au plus profond de lui-même pour découvrir une force nouvelle, reprendre les commandes de sa vie.

Parcours de lutte et de rébellion, plongée au cœur de l'héritage familial, aventure politique intime et chronique d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu'au Brésil.

Dans une prose sobre et attentive, au plus près de ses personnages, Jeanne Benameur signe une ode à l'élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que « on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie ».

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Encore une fois, Jeanne Benameur nous offre une bien belle lecture.
Elle mêle avec humanisme et tolérance une quête politique, sociale, syndicale et également le parcours initiatique d’un homme qui peine à définir sa place dans le monde, tant dans sa vie amoureuse que professionnelle.

 

Une rupture amoureuse contraint Antoine à faire le bilan de sa vie. A la quarantaine, il est censé atteindre une certaine maturité et se rend compte que tous ses choix mènent à une impasse. Fils d’ouvrier, il a choisi d’emprunter la même voie professionnelle que son père, sans pour autant se soumettre aux caprices des investisseurs. Lorsque les dirigeants avides d’argent choisissent d’accroître leurs dividendes en délocalisant encore et encore leurs usines, Antoine se révolte et se lance à corps perdu dans le syndicalisme. Même dans ce domaine, son étrangeté éloigne ses camarades. Il ne se sent pas à sa place non plus auprès de sa famille pourtant aimante, sans pouvoir expliquer ce sentiment de solitude.

Sa rencontre avec Marcel, passionné de vieux livres, sera l’étincelle pour réellement démarrer sa vie. Cette amitié offre une nouvelle naissance pour Antoine. Afin de trouver des racines culturelles et un sens à son existence, Antoine ira jusqu’au Brésil, berceau de la métallurgie française et nouveau site de délocalisations. Sa révolution est une quête intérieure, la construction de sa personnalité.

 

L’écriture lumineuse de Jeanne Benameur donne la parole au milieu ouvrier, tant dans l’amour du travail bien fait, l’espoir toujours vivace d’une belle vie et la peur de tout perdre brutalement lorsque l’usine ferme ses portes. L’auteur restitue une consistance à des humains rendus complètement anonymes et abstraits par la mondialisation. Ses mots éclairent toutes ces vies suspendues aux aléas de la course aux profits. Elle souligne les nuances pour se positionner harmonieusement à la fois dans la société, la vie professionnelle, l’insoumission, les relations amicales et amoureuses. Une vie est tellement courte pour cet apprentissage…

 

D'autres avis

Bellesahi, Géraldine, NouketteSylire, Clara, Krol, Sandrine, ...

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 13:15

Alice-KAHN---Pauline-Klein.jpg

 

Quatrième de couverture

... mais je dépose des traces de ma présence.
                                            Pauline Klein

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Un premier roman original, léger, très agréable à lire !

Une jeune femme, suite à une méprise sur la terrasse d’un café, usurpe l’identité de Anna. William Stein, photographe reconnu, se laisse abuser par ce caméléon inattendu.

La narratrice a visiblement l’habitude de se fondre dans la peau d’inconnus. Elle a même le talent de créer des personnages imaginaires, comme Alice Kahn, jeune artiste entièrement née de son imagination.

L’héroïne de ce roman est atypique, insaisissable. Son vécu affectif la pousse à tenter de s’effacer pour disparaître, aucun miroir ne lui rappelle sa véritable identité dans son appartement impersonnel. Elle sait passer inaperçue pour mieux ressurgir dans des métiers qui ne sont pas les siens, dans des silhouettes dessinées avec intelligence, des caractères inventés de toutes pièces.

On ne voit au début qu’une femme perturbée et manipulatrice. Mais finalement, n’est-ce pas elle la véritable artiste dans ce milieu superficiel et factice ? Elle a l’œil acéré du photographe, la créativité et l’intelligence du peintre. La narratrice crée un monde parallèle en vraie virtuose…

 

Un grand merci à Mirontaine pour ce livre voyageur !

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 07:00

Double-bonheur---Stephane-Fiere.jpg 

Quatrième de couverture

Peut-on changer d'identité en même temps que de pays? Quand il se retrouve à Shanghai François Lizeaux a 24 ans et des rêves plein la tête. Fort de sa seule connaissance de la langue chinoise, il arrive dans un monde dont il a beaucoup rêvé, mais dont il ne sait à peu près rien. Qu'importe! le jeune homme a bien l'intention de se faire une place au sein de cette ville gargantuesque et fébrile, où il se sent étrangement chez lui. Au consulat de France, où il exerce la fonction d'interprète, sa bonne volonté lui vaut pourtant très vite quelques déconvenues. Taillable et corvéable à merci, il découvre, au fil de ses missions, l'univers sans gloire des expatriés. Peu à peu, l'écart se creuse avec ses compatriotes. Si bien que l'interprète, qui s'est familiarisé avec les modes de vie locaux, se rapproche insensiblement de ses interlocuteurs chinois. Ingénu et roublard, il va se lancer dans des activités louches mais lucratives qui ne tarderont pas à le dépasser. Jusqu'au jour où son amour pour la belle An Lili le fera basculer du côté chinois, du moins le croira-t-il. Car il n'est pas si facile de se défaire de ses origines, pas plus qu'il n'est aisé de se fondre dans la culture de l'autre, au risque de se perdre. Un grand danger dont le héros de cette histoire à la fois cocasse, cruelle et troublante fera les frais.

Inventif, plein d'ironie, le style de Stéphane Fière rend compte avec brio des métamorphoses de son personnage. Son récit tour à tour drôle et féroce, nous entraîne dans une Chine parfaitement vraisemblable, où se joue un épisode de la mondialisation.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

 

Un grand merci à Keisha pour ce livre voyageur très particulier !

 

Une lecture difficile pour moi, à cause de l’écriture à laquelle je n’ai pas du tout accroché. C’est une plume qui m’a définitivement déplu, je le crains ! Après avoir bataillé page après page, je suis néanmoins allée jusqu’au bout de ce livre, en un temps record d’une quinzaine de jours (ouf !). Je n’avais jamais passé autant de temps sur un roman ! Je ne le regrette pas car le point de vue de l’auteur sur le Chine et le monde consulaire est vraiment intéressant, l’histoire originale.

 

François Lizieux obtient son premier poste de traducteur à Shangaï, au consulat français. La personnalité de cet homme de 25 ans est un mélange de candeur et d’ambition. Sa jeunesse le rend boulimique de vie, de plaisirs faciles et de rêves d’avenir. Ses débuts dans cette société particulière sont laborieux car il est exploité sans vergogne par ses patrons du consulat, il se fait systématiquement escroquer par les chinois dans chaque démarche de la vie courante, dans chaque fête aussi.

Ses fantasmes sur la Chine ne sont pas atténués par toutes ces déconvenues ! Ecoeuré par les mesquineries des expatriés français, François Lizieux se sent de plus en plus proche des habitants de Shangaï, son cœur est tourné vers la Chine.

Avec l’illusion de s’intégrer dans ce pays tellement différent et étrange, François Lizieux se laisse griser par la sensation d’être indispensable grâce à sa maîtrise du mandarin. Il dérape peu à peu dans les négociations en donnant l’avantage aux industriels chinois.

François tombe éperdument amoureux d’An-Lili, il épouse à la fois sa belle et la société chinoise. Les valeurs en vogue à Shangaï deviennent siennes : cupidité, course effrénée pour l’argent, petites combines. Des situations inextricables sont inévitables lorsqu’il cède aux sirènes des services secrets chinois.

 

Finalement, il n’est pas aisé de choisir soi-même son identité, son pays. Nos déterminismes sont bien ancrés par notre éducation, notre cadre de vie, et vouloir se débarrasser brutalement de tout son passé est une illusion.

  

 

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