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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 12:56

Tom-petit-Tom-tout-petit-homme---Barbara-Constantine.jpg

 

Quatrième de couverture

Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre… Mais comme il a très peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (c’est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes.

Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n’était pas passé par là…

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Joli livre ! Un conte tout doux et gentil, cela fait du bien de temps en temps…

C’est une histoire un peu dans le style de celles que savent si bien écrire Frédérique Deghelt ou Anna Gavalda : les frontières s'ouvrent entre les différentes générations, l'âge n'est plus un obstacle au dialogue, aucun vrai méchant ne vient ternir le décor. Seuls quelques personnages un peu abîmés par la vie se débattent pour trouver le bon tempo. Un peu d’aide, d’écoute et de tendresse et ils se relèvent.

Tom est un adorable gamin de 11 ans. Des qualités humaines hors du commun pour son âge en font en personnage très attachant. Pourtant, le contexte social et familial ne le prédispose pas à cette douceur ! Joss, fille mère, ne le guide pas tellement dans la vie. C’est plutôt Tom qui gère le quotidien grâce à sa débrouillardise. Son père, complètement absent pendant de longues années,  est un petit délinquant en rémission. Mais l’espoir est là. Les deux adultes parviendront peut-être à finir de grandir et assumer leur rôle ! L’accompagnement de Madeleine, une dame âgée à la lucidité fragile, rassemble ces personnages dans les filets de la solidarité...

 

 Un grand merci à Leiloona qui a eu la bonne idée de faire voyager ce roman !

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 18:30

 

L effet Larsen - Delphine Bertholon 

Quatrième de couverture

"Cet été là, je venais d'avoir dix-huit ans. J'aurais dû être en bikini sur une plage, à me tartiner de crème solaire en reluquant les garçons à torses pain d'épice. J'aurais dû, précisément, être en Grèce, avec Marie et Johanna - nous programmions ce "voyage de la majorité" depuis nos quatorze ans. Cet été-là, j'urais dû être comme toutes les autres : une jeune fille ingrate, inconséquente et merveilleuse. La vie étant ce qu'elle était, je servais des cafés."

L'année de ses trente ans, Nola décide d'affronter les démons qui la hantent depuis plus d'une décennie, depuis cet été-là. Août 1998, il faisait trente-sept degrés, Paris est vide, les Bleus sont champions du monde, et la jeune Nola vient de perdre son père. Contrainte d'emménager avec sa mère, Mira, dans "l'immeuble-mutant", reflet architectural de leur vie décrochée, elle espère se reconstruire. Mais bientôt, Mira présente d'étrange symptômes...

L'effet Larsen nous plonge au coeur de la mémoire familiale, dans ces zones d'ombres où se nichent la culpabilité et les coups du sort.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

La mort de son père dérobe à Nola la fin de son adolescence. En plus de son chagrin, Nola se charge des soucis financiers et de la dépression de sa mère, Mira. Elle renonce pour un temps à sa vie d'étudiante, travaille dans un bar pour payer le loyer d'un appartement sinistre en banlieue. Mira se détache du monde des vivants et se renferme dans son chagrin. Question d'âge sans doute, Nola au contraire se rebelle contre l'adversité, renâcle et se tend vers l'avenir.

Sans jamais tomber dans le piège d'une écriture larmoyante, Delphine Bertholon décrit le processus du deuil lorsque la douleur d'une perte devient aussi aigüe qu'une pathologie. La convalescence est longue, surtout lorsque la mauvaise conscience avive les blessures. En effet, le mensonge peut avoir un effet encore plus dévastateur que la mort d'un être cher. Pour se réapproprier l'avenir, la première étape est de faire la paix avec soi-même...

 

Un grand merci à Keisha
pour ce beau livre voyageur ! 

N'hésitez pas à la contacter si vous souhaitez le recevoir...

 

Challenge

Rentree litteraire 2010

8 titres sur 7

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 00:05

L insomnie des etoiles - Marc Dugain

 

Quatrième de couverture

Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu'elle lui révélera un secret autrement plus capital.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

En 1945, Le capitaine Louyre et sa compagnie militaire découvrent Marie dans une ferme isolée, dans le sud de l’Allemagne vaincue. L’adolescente est seule, attend désespérément que son père revienne du front. Sa mère est décédée dans une mystérieuse maison de repos. Un cadavre calciné est également découvert et les explications de Marie laissent les soldats perplexes.

Louyre sort totalement du rôle qui lui a été assigné et décide de mener son enquête sur ce meurtre. Cette décision paraît absurde aux yeux des soldats : pourquoi se préoccuper d’un cadavre alors que cette guerre abominable a fait des millions de morts ? Louyre est un homme complexe, il était astronome avant que la nécessité lui fasse quitter ses chères étoiles pour rejoindre les combats. Il sent que la ville faussement paisible, à proximité de la ferme, cache de terribles secrets. Sa quête s’arrêtera seulement lorsque les atrocités commises et la honte seront dévoilées. Louyre sait explorer le fond du cœur des êtres humains et parvient à remuer les consciences. L’astronome possède encore l’espoir que l’âme peut changer…

 

J’ai vraiment adoré les personnages de Louyre et Marie. Le soldat n’est pas un héros et Marie n’est pas une frêle victime. La jeune fille est intransigeante, elle dicte ses propres règles !

 

Le rythme de ce beau roman est très lent mais le lecteur n’est pas forcément pressé de découvrir la vérité dont on pressent l’horreur.
J’ai aimé la plume sobre et claire de Dugain qui nous retient avec force dans ce récit.

 

Challenge

Rentree litteraire 2010

 7 titres sur 7

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 13:25

Ouragan - Laurent Gaude 

Quatrième de couverture

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au cœur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Les romans de Laurent Gaudé conservent toujours la même intensité !
Ce récit est comme les précédents : beau, pessimiste, émouvant...

 

Ouragan évoque le cyclone Katrina qui a frappé la Nouvelle-Orléans en 2005. L'auteur ne nomme pas explicitement cet ouragan et le personnifie en une sorte de bête malfaisante, "ça sent la chienne".

A l'approche de cet événement apocalyptique, la peur exalte à la fois les instincts les plus bas et les sursauts héroïques. La plus grande partie de la population a fuit, ceux qui sont restés et ont survécu ne seront plus jamais comme avant.

Le libre-arbitre influence l'avenir de chacun, mais au final le destin inéluctable aura le dernier mot. Ouragan a la puissance des tragédies grecques, le rythme est martelé par les monologues de Joséphines Linc Steelson. Cette femme incarne la communauté noire américaine. Sa mémoire quasiment centenaire porte les stigmates de toute la violence et l'injustice subies par cette classe déshéritée. L'ancêtre affronte la colère des cieux sans peur, avec dignité, car aucun cyclone ne peut égaler la cruauté des racistes qui écrasent les siens depuis longtemps.

D'autres exclus de la société sont restés dans la ville : des criminels évadés de leur prison, un prêtre psychotaphe, une jeune mère célibataire, et enfin un homme traumatisé par les plateformes pétrolières... La mort enveloppe les êtres, louvoie, flirte avec certains pour finalement en frapper d'autres. Elle ne quittera la scène du désastre qu'après avoir prélevé son tribut.

 

Challenge

Rentree litteraire 2010

6 titres sur 7 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 11:20

Vivement-l-avenir.jpg 

Quatrième de couverture

«Dans les maternités, d'après moi, il n'y a que des princesses et des princes charmants, dans les petits berceaux en plastique. Pas un seul nouveau-né qui soit découragé, déçu, triste ou blasé.

Pas un seul qui arrive en se disant : Plus tard, je bosserai en usine pour un salaire de misère.

J'aurai une vie de chiotte et ce sera super. Tra-la-lère.»

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Des impressions plutôt mitigées après la lecture de ce roman.
J’attendais peut-être trop de ce récit dans la mesure où j’avais eu un coup de cœur pour La tête en friche ?

 

Alex, baroudeuse d’une trentaine d’années, accepte un travail précaire dans une usine de volailles. Marie-Sabine Roger évoque une région sinistrée où les perspectives d’emploi s’éteignent, engluant les habitants dans un marasme chaque jour plus sinistre. Alex est hébergée chez un couple peu avenant, qui supporte tant bien que mal le contexte économique. Pour tout réconfort, il y a le chien et le frère lourdement handicapé de ses logeurs. La jeune nomade se liera également d’amitié avec Cédric et Olivier, deux cabossés de la vie. Ensemble, ces exclus des faveurs de la société vont ébaucher des projets d’évasion. Ils vont rêver de portes ouvertes sur des perspectives plus riantes.

 

Ce livre a bien sûr un aspect sympathique, humain, résolument optimiste. Pourtant, ces ingrédients qui m’avaient tant séduite dans La tête en friche n’ont pas la même magie dans Vivement l’avenir.

Un aveu : je me suis ennuyée dans le premier tiers du livre. Puis les personnages ont commencé à prendre plus de consistance et la suite du livre se lit avec plaisir.

Pourtant, l’ensemble est trop stéréotypé. Marlène, la logeuse, est un personnage exécrable. Elle est affublée de tous les défauts : une blonde décolorée sans cœur et sans rien dans la tête. Un volet essentiel est évacué : elle gère au quotidien un adulte diminué physiquement et mentalement, sans être proche de lui. Il n’y a pas une once de compassion pour la vie de cette femme. Le mari de Marlène a le beau rôle : il supporte stoïquement une femme acariâtre et il aime gentiment son frère. Mais en fait, il se défausse entièrement sur Marlène pour la responsabilité de Roswell.

J’ai également tiqué sur la suggestion de la vie simple et idyllique à la campagne...

 

Bref, ce roman me semble trop manichéen, trop tranché, presque caricatural. J’ai trouvé une ressemblance avec "Ensemble et c’est tout" de Anna Gavalda, mais en moins bon. Encore moins crédible…

 

Je tiens tout de même à préciser que ce livre a séduit une majorité de lecteurs !
Mon avis grognon et très minoritaire n'engage que moi !

 

Je remercie Clara pour ce livre voyageur ! 

 

Challenge 

 

Rentree litteraire 2010

 

4 titres sur 7 

 

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 19:00

  echappee-belle ANNA GAVALDA

 

Quatrième de couverture

Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d’un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle.
Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adultes.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Une lecture légère et agréable qui se déguste comme une gourmandise...

Je mentirais si je disais que ce roman restera gravé dans ma mémoire. Mais si l'histoire s'oublie rapidement, il n'en n'est pas de même des sensations délicieuses que procure ce récit.

Anna Gavalda maîtrise l'art de raconter une histoire simple en lui donnant une lumière particulière. Après avoir craqué pour Ensemble, c'est tout, j'avais été déçu par d'autres titres : Je l'aimais, La consolante. Ce tout petit livre m'a réconciliée avec cet auteur !

Que trouverez-vous dans ce livre ? Un optimisme tout azimut qui enlève un peu de crédibilité à l'histoire, de jeunes (et un peu moins jeunes) adultes aux personnalités attachantes mais ébauchées de manière un peu trop floues et schématiques...

Qu'est-ce qui fait le charme de ce livre ? Quel est le filtre secret qui m'a fait oublier toutes les petites faiblesses du récit ? Anna Gavalda nous offre un beau présent : un retour en enfance ! Fuguer, faire l'école buissonnière une dernière fois, qui n'a jamais rêvé de cette pause magique ? Garance, Simon et Lola laissent en plan leur famille, fuient une cérémonie ennuyeuse de mariage pour rejoindre leur plus jeune frère et s'offrir un moment entre eux, dans une bulle d'insouciance.

Les deux frangines font la vie dure à la femme qui a osé gagner le coeur de leur frère chéri. Simon, de son côté, se laisse bousculer et chouchouter par ses deux soeurs, tout en entretenant une complicité toute masculine avec Vincent. L'amour mais aussi les faiblesses et les erreurs de leurs parents les ont soudés. Les contraintes de la vie adulte fragilisent peu à peu les liens de cette fratrie idyllique. Ils en sont conscients et dérobent à l'arrachée les dernières parcelles de l'insouciance de leur enfance.

J'ai bu avec le sourire cette journée avec ces quatre frères et soeurs. Peut-être parce que j'adore ma soeur et je rêverais d'avoir eu un frère ou un soeur supplémentaires pour jouer, se crêper le chignon dans un groupe solidaire et unique.

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 06:30

Laver-les-ombres---Jeanne-Benameur.jpg

 

Quatrième de couverture

Léa danse, jetée à corps perdu dans la perfection du mouvement. Elle est chorégraphe par nécessité. Léa aim, mais ne peut s'abandonner à Bruno, peintre de l'immobile. En pleine tempête, elle part vers l'océan retrouver sa mère, celle qui s'est toujours tue.
Alors ont lieu l'épreuve de la parole et celle de l'écoute. Jusqu'où une fille peut-elle entendre ? C'est ce péril fertile de la parole partagée qui est au coeur du roman.

Il conduira au corps d'une jeune fille de seize ans livré dans une maison close pendant la guerre, à Naples. Il conduira à l'énigme de l'amour qui consent et soumet. Il conduira au mystère de l'enfantement.

Par le jeu de onze tableaux dévoilant la vie des absents en contrepoint de la ligne narrative, dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les secrets de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

J'aimé ce beau livre sur le langage et l'amour entre une mère et sa fille.  

Que dire de plus que cette quatrième de couverture qui en raconte peut-être un peu trop ? Mais en même temps le mystère ne s'inscrit pas dans cette histoire.

Léa, a ressenti dans chaque parcelle de son corps, et depuis toujours, le secret qui enserre l'amour de sa mère, le poids qui pèse chaque jour sur sa parole. Ces non-dits et cette angoisse diffuse ont façonné tout son être. Pour survivre et trouver sa place dans le monde, supporter la lourdeur de ses pensée, elle vit en permanence dans le mouvement, elle danse :

"Elle est un mot étranger jeté dans une langue.Comme un mot tout seul jeté dans le silence. Elle se sent intruse. Depuis toute petite. Alors elle danse. Il faut qu'elle trace, avec son corps, les lignes qui permettent d'intégrer l'espace. Seule la beauté du mouvement peut le sauver. C'est sa façon de trouver place dans la vie. Léa est chorégraphe par nécessité.  

"Elle retrouve la sensation délicieuse de ne plus éprouver son poids sur terre. C'est ce qu'elle aime quand elle a bien dansé. Elle ne pèse plus rien. Un atome de poussière parmi d'autres, infiniment d'autres. Elle disparaît. Ca lui va." 

Léa est incapable d'exprimer des sentiments, sa respiration se libère avec parcimonie dans la gestuelle rigoureuse. Elle rejette un homme aux sentiments sincères.
Elle voudrait intégrer sa mère au centre de sa chorégraphie pour finir de grandir sous la douceur de son regard. Les jours de la mère sont comptés et elle se rend compte de la fragilité de Léa.

Lors d'une nuit de tempête, les deux femmes se rencontrent. Les vannes vont alors s'ouvrir pour révéler l'indicible à son enfant.

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:50

La-vie-adulte---Virginie-Mouzat.jpg

Quatrième de couverture

"Ma mère était partie. Volatilisée. Je l'imaginais portant son vison jour et nuit, accrochant la lumière des phares sur sa fourrure sombre, jambes nues déjà."

La mère a disparu comme une image de ce temps-là, début des années 70, quand l'idéal de vie et de réussite était dans la maison individuelle, la Ford Taunus et le vison.
C'est ce vide que découvre sa fille adolescente, enfermée dans son désarroi, le blanc de la vie adulte devant elle en énigme.
Style minimaliste, rythme sourd, Virginie Mouzat explore ce ballet d'ombres, ce passage du négatif à la couleur quand on sort de l'enfance par l'épreuve de l'absence et du silence.
Virginie Mouzat a publié un premier roman très remarqué, Une femme sans qualités, en 2009.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

L’auteur dissèque le mal-être d’une famille des années 70. Tout semble sourire au couple et à leurs deux enfants : un pavillon en banlieue parisienne, une voiture de luxe… Ils ont peu à peu ajouté à leur collection tous les articles nécessaires à la vitrine de la réussite sociale.

Néanmoins, la mère est une éternelle insatisfaite et ne supporte plus son image de belle femme au foyer. Ses efforts pour coller une étiquette d’intellectuelle sur sa précieuse personne volent en éclat car cette potiche est désespérément creuse. La femme s’enfuit finalement, reniant même son rôle de mère.

Ses deux enfants sont à cette période là entrés dans l’adolescence. L’éclatement familial est raconté par Dominique, jeune fille de 15 ans. Sans repère véritable, elle cherche à se forger sa future personnalité d’adulte. Le symbole de cette décision est son changement de prénom : elle s’appellera désormais Nathalie. Elle embrasse d’un regard froid et sans concession la personnalité de ses parents, uniquement basée sur les apparences. Nathalie adapte une méthode presque clinique pour avancer dans sa vie : elle sélectionne les expériences nécessaire à son édifice personnel et rejette l’hypocrisie ambiante. L’adolescente raconte sa mère, son admiration pour elle et sa désolation. C’est presque un éloge funèbre car peu à peu Nathalie fait le deuil de cette mère narcissique qui n’a pas su, ou pas voulu, aimer ses enfants…
Ce roman s'installe dans la société des années 70 avec force détails sur cette période, mais l'essence du récit se transpose aisément dans notre actualité...

 

Je remercie les éditions Albin Michel
de m'avoir fait découvrir ce roman.

Logo Albin Michel copie  

Challenge

Défi initié par Schlabaya

La rentrée littéraire 2010

Rentree-litteraire-2010-copie-1.jpg 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 00:07

Made-in-China---JM-ERRE.jpg 

Quatrième de couverture

Toussaint Legoupil est préoccupé par le mystère de sa naissance. Il est persuadé de ne pas être comme les autres. Quelle a pu être la réaction de ses parents en le découvrant à l'orphelinat de Chengdu? Mado et Léon croyaient rentrer en France avec un petit Asiatique et Toussaint apparaît. Or il n'a rien d'un Asiatique. Toussaint est noir. Toussaint est un Chinois noir. Et il veut savoir pourquoi.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Un roman déjanté et extravagant.
J'ai une préférence pour Série Z, mais cela reste vraiment excellent, très drôle !

J'ai accompagné avec un grand plaisir les pérégrinations en Chine de Toussaint Legoupil ! Même s'il a le profil du looser parfait (j'ai l'impression que c'est le type de héros favori de Erre !), je me suis prise d'affection pour le personnage, j'ai ri de ses multiples mésaventures et en même temps tremblé pour son avenir. Il est difficile de déterminer si on craint plus pour sa vie ou plutôt pour la sauvegarde de sa raison (parfois bien vacillante). Notre cher Legoupil cumule de sérieux handicaps pour accéder à une vie équilibrée. Sa mère adoptive est une nymphomane dont toute l'énergie s'est par la suite transformée en un amour maternel féroce, exclusif, étouffant. Son père est le maire corrompu de leur petite ville et son parrain occupe hardiement le poste de gourou d'une secte !
Je vous laisse découvrir à quel point les découvertes qu'il fera sur son passé sont croustillantes et complètement inattendues...

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 07:31

L-ancre-des-reves---Gaelle-Nohant.jpg

 

Quatrième de couverture
" - Dis donc, gamin, on t'a pas appris qu' c'était pas poli de zieuter comme ça ? J'aime pas les malins. Fais bien attention à toi. Les morts marchent, ce soir. Fais bien attention à toi. Un long frisson le frigorifia comme une bourrasque giflant un corps trempé. Les morts marchent, ce soir. Une comptine dont il avait perdu le souvenir lui traversa la tête. " Faut boire à la santé des gars Qui sont coulés, au fond, en tas. " Dans un petit village de la côte bretonne, chaque nuit, les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents... Enogat, leur mère, a toujours interdit à ses quatre fils d'approcher le bord de l'eau. Est-ce seulement pour les protéger des dangers de la nature ? Ou d'une autre menace qui ne dit pas son nom ? Entre conte fantastique et roman d'initiation, L'Ancre des rêves sonde le mystère des peurs d'enfant.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Une belle immersion dans la Bretagne des marins,
une atmosphère onirique, poétique.

Enogat a rompu avec son passé familial, trop lourd, trop douloureux. Les deuils ont assombri son enfance. Sa propre mère ne s'est pas détachée des morts, elle lui a refusé la tendresse. Ewan a en partie sauvé Enogat de sa détresse lorqu'il l'a rencontrée. Il l'a acceptée, toute enveloppée de ses mystères, et quatre garçons sont nés de leur amour. Benoît, Lunaire, Guérinde et Samson sont choyés, Enogat les éloigne de la mer pour les protéger d'un destin funeste. Pourtant la malédiction de leurs ancêtres les rattrappe très rapidement et les morts s'approprient de leurs rêves. Les quatre enfants vont essayer de toutes leurs forces d'apprivoiser ce passé. Avec la naïveté et la détermination de la jeunesse, ils regardent en face leurs terreurs, fuient d'abord, puis bataillent et se rebellent. Surtout Lunaire. Le deuxième de la fratrie décide d'en découdre avec l'affreux capitaine aux yeux de tueur qui le hante chaque nuit. Le garçon cherche du secours auprès de ceux qui ont une longue mémoire, une vie fleuve. Il sera aidé par Ebenezer et surtout Ardelia, une vieille dame de 98 ans. Elle a conservé son âme impétueuse de jeune fille et affronte avec Lunaires leurs fantômes communs.

 

Extrait

"Les nuits d'Ebenezer Gautreau ressemblaient à des galets ricochant d'une insomnie à l'autre. Il espérait toujours dormir d'une traite, s'endormait sans lutte, et puis l'idée venait. Une idée de rien du tout, presque gênée de son inconsistance. Elle s'installait dans un vestibule de sa tête, prétendant de rien déranger. Il lui fallait à peine quelques minutes pour ruiner tout espoir de sommeil. Les idées nocturnes d'Eb prenaient la forme de ballerines sautillantes dont les entrechats lui mettaient le feu au cerveau. Il finissait toujours par rallumer sa lampe, dans cet état de fatigue effervescente. Alors il prenait un livre, un bon gros livre, où chaque pensée pesait son poids de papier, et il se laissait balader sur le fil, jusqu'à prendre l'idée en tenaille, la retourner, l'estourbir."

 

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