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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 00:05

Une promesse - Sorj Chalandon 

Quatrième de couverture
Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autre, chacun son tour et chacun sa tâche. S'accomplit ainsi le serment de sept âmes vives à deux âmes sombres : la parole donnée pour retarder le deuil. Voici l'histoire d'un mystère et d'une fraternité.
Une promesse a obtenu le prix Médicis en 2006. 

 

Avis d'une lectrice du dimanche

J'ai aimé cette fable sur l'amour éternel, le souvenir qui maintient les disparus en vie dans nos coeurs, et surtout la fraternité de quelques amis, le respect de la parole donnée...

Je n'ai pas cherché de crédibilité dans ce récit car un conte n'est jamais objectif.
Je me suis juste laissée bercée par la chaleur et la douceur de l'écriture de Sorj Chalandon.
Un style intimiste, sobre, plein de métaphores.

Dans la société paysanne de la Mayenne, Etienne et Fauvette se sont aimés toute leur vie. Leur douceur a enveloppé depuis l’enfance Bosco, le frère d’Etienne, mais aussi Paradis, Léo, Madeleine, Ivan, Blancheterre et même l’Andouille, pauvre hère amoché par la vie. Les sept amis promettent de sauver Etienne et Fauvette des griffes de l’Ankou, la grande faucheuse, le plus longtemps possible. Ils tiendront dix mois.

Ce n’est pas un déni du deuil mais plutôt une manière de choyer le souvenir des gens qu’on a aimé. La vraie mort n’est-elle pas l’oubli de ceux qui sont partis ?

 

Quelques extraits

"Ils s'asseyaient par terre et Etienne ouvrait pour eux le secret de ses pages. Il lisait. Il lisait doucement pour capturer leur attention, puis leurs yeux, puis leur silence. Il lisait dix pages, jamais plus. Il lisait en mettant le ton. Il chaloupait l'océan, il soufflait le vent, il ricanait le chacal, il croassait le corbeau. Lorsqu'un coup de feu éclatait, ils sursautaient à la force du bruit. Etienne marchait. Il lisait en parcourant la pièce. Il tournait le dos, il revenait, il appuyait certains mots et tremblait certains autres. Il regardait un à un ces enfants de la terre, il les aimait, il en était. Pour eux, il tournait chaque page comme on ouvre un rideau et quand il était temps, lorsqu'il était soir, ou qu'il allait pleuvoir, ou qu'il fallait rentrer, il murmurait un mot, un dernier, comme une voix qui s'éteint d'avoir été brûlante."

"Il a raconté l'histoire d'une dame âgée et de son vieil homme, qui avaient hérité de cette lampe, il y a bien longtemps dans un autre pays. Ils savaient que lorsqu'ils mourraient, l'un, ou l'autre, ou les deux, ils vivraient encore un jour et une nuit s'ils offraient leur âme à sa lumière. Même partis brutalement, même surpris par l'Ankou, même tirés de la vie du fond de leur sommeil, il leur resterait toutes ces heures pour réfléchir encore et s'aimer un peu plus."

"Leurs regards se sont croisés là, au-dessus du champ de coquelicots passés. Il a regardé sa Fauvette, elle a regardé son vieil homme. Ni l'un ni l'autre n'ont pu tendre la main. Ils se sont pris des yeux, longtemps, sans ciller, sans rien voir que le pâle de l'autre, tellement, qu'une larme s'est faufilée et chez elle et chez lui. Une larme qui a coulé sur leurs deux peaux en ne faisant plus qu'une."

 

D'autres avis :

Choupynette, Laurence (Livroblog),  Karine :), A lire au pays des merveilles, Liyah, La liseuse, ...

 

Biographie et bibliographie de Sorj Chalandon

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 10:05

Serie-Z---JM-ERRE.jpg

 

Quatrième de couverture
Félix Zac vit aux crochets de Sophie - qui a de nombreuses qualités, dont la plus remarquable est de supporter Félix. Elle a seulement des doutes, parfois, sur la santé mentale de son ami, qui a tendance à mélanger fiction et réalité. Cinéphile, Félix écrit des scénarios qu'il n'achève jamais. Jusqu'au jour où, mystérieusement inspiré, il met un point final à L'Hospice de l'Angoisse. L'intrigue se passe à la Niche Saint-Luc, joyeuse maison de retraite où de vieux acteurs terminent leur existence. Dans cet établissement au-dessus de tout soupçon, un cadavre va semer le trouble. D'autant plus qu'il est le premier d'une longue série... Félix est sûr du succès : un certain Boudini, producteur à Rungis, s'intéresse à son chef-d'oeuvre ! Les ennuis commencent quand la fiction rattrape la réalité, et que de vrais cadavres se ramassent à la pelle... Où est le vrai ? Où est le faux ?! Hommage plein de rebondissements au cinéma de " série Z ", regard décalé sur le grand âge, humour et légèreté : voici le nouveau roman de J. M. Erre, l'auteur de Prenez soin du chien.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Excellent !  Je n'ai pas échappé aux effets secondaires de cette lecture : mal à la machoire et aux abdos !
Il est déconseillé de lire ce roman dans les lieux publics car des témoins seront suspicieux en vous voyant secoués d'un rire irrépressible...

L'auteur jette un regard plein de tendresse sur les séries Z, ainsi que les cinéphiles qui plébiscitent ce cinéma bien particulier.

Félix Zac a le profil du parasite lymphatique. Incapable de s'insérer dans le milieu professionnel, et encore moins dans la réalité de la vie, il passe ses journées à regarder des séries Z, à les commenter sur son blog pour une dizaine de lecteurs aussi catastrophiques que lui. Félix essaie aussi d'écrire des scénarios. Mais il finit par se perdre dans les élucubrations de son cerveau embrumé et ne les termine jamais. 

Notre héros a tout de même deux grandes victoires à son actif : Sophie a été séduite par ce personnage fantasque et ils ont fait une fille, Zoé (un petit monstre, soit dit en passant...). Un souffle épique, et même héroïque, souffle sur les épisodes de la vie réelle où Félix joue son rôle de papa baby-sitter.

Le jour où un producteur s'intéresse à l'unique scénario achevé de Félix, un vent de folie s'insinue dans son existence si calme. Un grand suspense va faire vibrer le lecteur. Qu'est-ce qui changera finalement la vie de Félix (de manière radicale !) : des ennuis infernaux et disproportionnés, ou la gloire tant attendue ?

J'ai adoré :
1- ce grand n'importe quoi, no limite !
2- tous les portraits (ou plutôt caricatures ?) : Sophie, Zoé, Marie-Jo (la soeur de Félix), l'inspecteur et son fils et surtout les petits vieux de l'hospice pour acteurs ratés...

 

D'autres échos de fous rires :

Anne, Keisha, Leiloona, Gwenaëlle, ClaraDasola,  Armande, ...

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 00:00

 

D-ou-je-suis-je-vois-la-lune---Maud-Lethielleux.jpg

 

Quatrième de couverture
Moon a choisi la rue parce qu'elle a décidé d'être « elle-même dans ce monde où les gens sont devenus des autres ». Elle ne fait pas la manche, elle vend des sourires, et observe avec malice le manège des gens pressés.

« Je dis : Avec cinquante centimes d'euros, qu'est-ce qu'on achète à notre époque ? J'insiste, il accélère, petite pirouette : Non sans déc', à ce prix, franchement, tu trouves des trucs intéressants à acheter ? Le type finit par s'arrêter, il se demande où je veux en venir, et c'est là que je sors le grand jeu, tutti et compagnie, je dis : Un sourire à ce prix-là, c'est pas cher payé ! Et j'attends pas qu'il accepte, je lui refourgue un petit sourire façon majorette à dentelles, épaules en arrière et tête haute. Le type soupire, il pense qu'il se fait avoir. Il n'a que dix centimes mais je lui fais quand même le sourire en entier. Je suis pas une radine.»

Autour d'elle, il y a Michou et Suzie avec leur Caddie, Boule, son crâne rasé et sa boule de billard à dégainer en cas de baston, les kepons migrateurs avec leurs crêtes de toutes les couleurs, et surtout, il y a Fidji et ses projets sur Paname. Pour lui, elle a décidé d'écrire un roman, un vrai.

Et il y a Slam qui sort de prison, Slam qui aime les mots de Moon et a une certitude : un jour, elle décrochera la lune...

 

Avis d'une lectrice du dimanche  

Un grand merci à Géraldine pour ce livre voyageur !  

Moon vit dans la rue et l'ensemble des galères qui s'accrochent à ce type d'existence, elle connaît ! Pourtant elle ne lâche sa fierté devant personne. Moon ne mendie pas, elle vend des sourires et se crée son petit coin de tendresse devant la boutique de la fleuriste, sous les étoiles, avec sa chienne Comète. Fidji, son amoureux, s'éloigne peu à peu et elle souffre de la solitude mais notre rebelle ne baisse pas la garde, pas question de rentrer dans le rang et d'accepter l'aide des associations ! Moon s'accroche aux mots, les apprivoise dans un calepin et les phrases libres s'adoucissent un peu pour se lier dans un manuscrit. Slam, récemment sorti de prison, se jure de faire imprimer les lignes de son amie mais qu'il est difficile d'éclater la carapace de la jeune fille ! De plus, l'édition n'est certainement pas le milieu fleur bleue dont lecteurs et écrivains rêvent souvent...

Maud Lethielleux nous offre une jolie fable, même si la violence et la misère du monde de la rue sont quelque peu estompées dans ce récit. On se prend à rêver à une solidarité qui existerait là où on ne l'attend pas.

 

Extraits

"C'est partout "là", alors tu peux pas en sortir, t'auras toujours quelqu'un pour te rappeler ton passé, t'auras toujours un trottoir, un type qui fait la manche, un calepin amoché, un petit chien abandonné, une foule avant Noël, une rue déserte en plein mois d'août, une Roumaine avec son môme, une odeur de goudron fondu ou une canette qui traîne pour te rappeler que tu fais partie de ce monde là et pas d'un autre. La rue, quand t'y mets un pied, c'est pour toujours. T'oublieras jamais le regard de ceux qui marchent debout quand t'as le cul sur le carreau. Même si t'essaies, ça te rattrapera et tu te senteras toujours minable même si un jour tu deviens quelqu'un."

"C'est vraiment spécial la mort, c'est accueillant et il fait chaud, c'est une sorte d'urgence pour âmes errantes. Mais d'un coup, c'est plus marrant du tout, on t'a fait croire que c'était tout beau tout chaud et d'un coup t'as froid, t'as mal partout, t'as envie de vomir, t'as la gueule de bois. C'est la vraie mort qui arrive, celle qui fait peur à tout le monde. La mort est comme tout le reste, elle te fait croire à des trucs et quand t'es bien ramolli avec ta confiance, elle te chope par le colback et t'as tellement mal que tu vas t'évanouir, mais t'as pas cette chance-là, tu voudrais hurler mais y'a un tube dans ta bouche, alors tu ouvres les yeux."

 

D'autres avis 

Géraldine, Antigone, Sylire, Clara, Stéphie, Alex mots-à-mots, Keisha, Mango, Gwenaëlle, Mirontaine, Liyah...

 

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 00:05

La porte des enfers - Laurent Gaude

Quatrième de couverture
Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s’enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville.
Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre…
Ceux qui meurent emmènent dans l’Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C’est dans la conscience de tous les deuils – les siens, les nôtres – que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l’histoire de l’humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, son nouveau roman nous emporte dans un “voyage” où le temps et le destin sont détournés par la volonté d’arracher un être au néant.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

J'ai retrouvé dans ce récit extrêmement noir le grand talent de conteur de Laurent Gaudé.

L'auteur revisite le mythe d'Orphée. Le joueur de lyre descendit aux enfers pour supplier Hadès de lui rendre Eurydice, sa bien-aimée. Le dieu des enfers, charmé par sa musique, accepta de laisser repartir Orphée avec Eurydice à condition qu'il ne se retourne pas et ne lui parle pas tant qu'ils n'auraient pas regagné tous les deux le monde des vivants. Mais Orphée, taraudé par le doute, ne put s'empêcher de se retourner vers Eurydice et perdit définitivement sa dulcinée.

Dans les années 80, Mattéo voir mourir sous ses yeux son fils de 6 ans, Pippo. L'enfant est victime d'une balle perdue lors d'un règlement de compte à Naples. Les parents ne parviennent pas à se soumettre à la douleur. Giuliana maudit et invective, elle réclame l'impossible à son mari : la tête du tueur ou bien le retour de son enfant. Mattéo noie sa détresse dans les bas-fonds de Naples.

Les quartiers miséreux de cette ville anéantie par la mafia recèlent quelques pépites : Gloria, prostituée au grand coeur, don Mazerotti, le curé en lutte acharnée contre la pensée corrompue du Vatican, Garibaldo,un cafetier qui détient le secret du café parfait, et enfin un étrange professeur qui a découvert la porte des enfers. Ce groupe improbable accompagne Mattéo dans sa quête. Quel père peut puiser suffisamment d'amour pour descendre aux enfers ? A quel prix la Mort laissera-t-elle s'échapper des âmes de son royaume ?

 

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 10:20

 

La grosse - Francoise Lefevre

Quatrième de couverture 
Rien ne prédestinait Céline Rabouillot à devenir garde-barrière. Elle lit des livres, parle trois langues, comprend les enfants comme personne. Elle accompagne un homme âgé qui a aimé les abeilles, la bonne chère et les grands crus de Bourgogne. Mais elle est grosse, trop grosse pour les "autres" que dérangent ses manières et ses habitudes.
Dans ce récit tragique et touchant, Françoise Lefèvre, en même temps qu'elle évoque la cruauté par phrases impitoyables, s'attache à révéler la somme de grâce et de tendresse qui fait de Céline Rabouillot un être de passion, une femme vulnérable et sublime. 

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Coup de coeur !

Un livre magnifique, poétique, sensuel
Le récit est court mais tellement intense qu'il m'aurait été difficile d'y rester immergée plus longtemps...

A l'origine, rien ne m'attirait vers ce livre : je n'aimais ni le titre, ni la couverture, ni le thème.

Mais vous étiez si nombreuses à avoir aimé, et surtout si enthousiastes !  AntigoneAnne, Florinette, Leiloona, Cathulu, Mango, Sophie, Sylire, Jules, Aifelle, Liliba...

Tous vos billets m'ont tentée et grâce à vous j'ai pu découvrir ce petit bijou.

Céline Rabouillot survit à la perte d'êtres chers en prenant beaucoup de volume. Elle a ainsi plus de poids pour lutter contre la désespérance et ne pas se dessécher de l'intérieur. Ceux qui décèlent sa richesse et sa beauté sont les enfants et les personnes âgées. Elle accompagne les derniers mois de vie d'Anatolis, un vieillard épicurien. Chaque jour, elle lui insuffle son énergie et son amour pour la vie pour que son ami reste plus longtemps avec elle.

Mais dans notre société narcissime, exclusivement basée sur le paraître, la fierté de reine de Céline est inacceptable. Les gens aimeraient lui voir courber l'échine. Si la grosse ne fait pas preuve d'humilité, il faut à tout prix la briser. La haine des "autres" ne lui laissera aucune répit...

Françoise Lefèvre décrit à merveille la beauté de cette femme. 
Son écriture pleine de poésie nous fait ressentir fortement la capacité d'amour de cet être insoumis...

 

Extraits  
"Loin des regards, loin des jugements, elle entre dans la nature, s'y baigne comme dans une fontaine. elle sent les arbres qui poussent dans sa tête. La pluie fine gonfle ses cheveux comme dans une mansarde d'amour. Les yeux dans le ciel, elle boit la campagne comme une liqueur verte."  

"Elle sourit presque toujours et jette un châle sur ses épaules pour cacher l'absence, les chagrins, le poids d'un enfant mort. Un châle de soie noire à grandes fleurs qui éclatent comme des coquelicots."  

"Quand un livre ne lui plaisait pas, il le mettait au purgatoire, c'est-à-dire dans un cagibi, en attente avec d'autres volumes. Au fur et à mesure des besoins, il en arrachait les pages, les reliant avec une ficelle, afin qu'elles servissent au moins de papier hygiénique dans le cabanon d'aisance au fond du jardin.
- Aux chiottes, les dogmes et les doctrinaires ! Les verbeux, les pisse-froid, les peine-à-jouir, les baise-petit, les aigrefins ! Aux chiottes, te dis-je !"

 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 13:30

 

L avant-derniere chance - Caroline Vermalle

 

Quatrième de couverture

A Londres, lors du tournage d'une fiction pour la télévision, Adèle, une jeune stagiaire française, reçoit un texto totalement inattendu et absolument irréel : son grand-père, mort quelques jours auparavant, lui souhaite un joyeux anniversaire... Adèle se remémore alors les événements de ce dernier mois. Son papy, Georges, quatre-vingt-trois ans, les pieds plantés dans son potager, enraciné dans sa bonne vieille terre du Poitou, a subitement décidé de partir pour un tour de France avec son voisin et ami Charles, soixante-seize ans. Sa petite-fille a découvert leur projet et, inquiète pour la santé de son aïeul, lui a fait promettre de lui envoyer des nouvelles tous les jours par texto. Commence alors une drôle de correspondance, tendre et complice, entre le grand-père et sa petite-fille, qui ne se sont pas vus depuis dix ans. Ce beau récit, touchant et juste, mêle à la gouaille des dialogues l'émotion de sentiments qui peinent à se révéler.

 

Avis d'une lecture du dimanche

Un beau livre sur la vieillesse, la liberté, l'amitié et l'indifférence...

Georges, 83 ans, est très entouré par Françoise, sa fille. Mais une peur le taraude : être interné contre son gré dans une maison de retraite. Cette angoisse est malheureusement partagée par de nombreuses personnes âgées ! Il devient difficile de conserver une place dans la société lorsque les êtres sont diminués par la maladie. Georges revendique haut et fort ce droit de partir dans la dignité.

Lorsque Françoise se programme de longues vacances à l'étranger, il en profite pour se libérer de sa tutelle. Avec son copain Charles, 76 ans, ils vont faire le tour de France, en voiture bien sûr !

Adèle, sa petite-fille, est responsable de son grand-père en l'absence de Françoise. Ils vont alors commencer un long échange de textos. Ces messages auront d'abord pour unique fonction de contrôler si tout va bien. Puis peu à peu, une relation privilégiée se tisse entre le grand-père et sa petite fille. Chacun redécouvre une génération qui leur paraissait à des années lumières de leurs préoccupations. Ils s'apercevront que les besoins d'amitié, d'amour et de liberté s'invitent à tous les âges et transgressent allègrement toutes les barrières intergénérationnelles. 

 

Mille fois merci Keisha, pour ce livre voyageur !

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 13:05

 

Mon traitre de Sorj Chalandon

 Quatrième de couverture  

"Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..."

 

Avis d'une lectrice du dimanche  

Ce roman magnifique, à la fois engagé et nuancé,
m’a permis de connaître l’Irlande du Nord,
mieux comprendre le contexte économique et social 
et le conflit qui a opposé pendant plusieurs décennies
l’IRA (Armée républicaine Irlandaise) aux forces britanniques
.

 

Dans les années 70, Antoine, jeune luthier français, découvre l’Irlande du nord presque par hasard. Son premier contact avec ce pays sera un coup de foudre, une histoire d’amour qui ne s’éteindra pas. Il se lie d’amitié avec des combattants de l’IRA, leur lutte pour l’indépendance de leur pays devient sienne. Il rencontre alors Tyrone Meehan, figure emblématique du mouvement de résistance.

Dès les premiers instants, Antoine désigne ce personnage qui le fascinera jusqu’à la mort par un laconique « mon traître ».

Pendant la plus grande partie du récit, je pars souvent sur le lapsus de « Mon maître ». Tyrone apprend tout à Antoine, il lui transmet l’âme de ce pays et le guide dans sa vie de jeune adulte. Le luthier français est définitivement accepté dans la communauté des catholiques irlandais.

Antoine va faire l’apprentissage de l’amour éternel pour l’Irlande, mais il va également apprendre la douleur de la trahison, la fragilité des liens d’amitié, la complexité des caractères humains. Il partagera les heures les plus noires des populations et vivra un espoir historique lorsque l’IRA déposera les armes.

 

Ce récit est un témoignage personnel à peine romancé.
Le personnage d’Antoine est en fait Sorj Chalandon.
Lorsqu’il était reporter en Irlande,
il s’était lié d’amitié avec Denis Donaldson,
dont la trahison envers l’IRA, au profit des britanniques,
a été révélée en 2005.

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 22:00

 

La mare au diable - Georges Sand

 

Quatrième de couverture

De grands écrivains, George Sand en particulier, ne sont ce qu'ils sont que pour avoir jalousement préservé, dans un coin de leur âme, malgré les pourritures de la maturité, les grâces exquises de leur enfance ou de leur adolescence, c'est-à-dire ces rêves azuréens d'avenir dont ils ont enchanté un présent noir ou gris. Le miracle de La Mare au diable, n'est-ce pas cela ? A la faveur d'un souvenir ancien, c'est le rêve évangélique d'une pureté d'adolescente possédant, avec «le respect de soi», le besoin de servir et d'aimer, la vraie noblesse et la vraie distinction - qui vient, après tant de calamités et, peut-être, de noirceurs, promettre le salut à cette femme de lettres, qu'on avait nommée Aurore. Pierre Reboul.

 

Avis d'une lectrice du dimanche  

J'ai découvert ce roman lorsque j'avais une douzaine d'années, mes souvenirs s'étaient fortement estompés !

C'est une lecture agréable, même si l'histoire d'amour, simple et prévisible, m'a plus touchée lorsque j'étais adolescente...

Retrouver la plume de Georges Sand est toujours un plaisir. Son oeuvre est riche d'une multitude de détails quant à la l'existence quotidienne des paysans dans les campagnes françaises au XIXème siècle. Elle décrit les traditions mais aussi le dénuement dans lequel vivaient ces populations. Loin de toute condescendance, elle les pare de grandes qualités morales alors que l'argent éloigne les bourgeois de la beauté de la vie.

 

Veuf inconsolable, Germain élève ses enfants avec l'aide de sa belle famille. Discipliné et respectueux, il accepte d'aller rencontrer une future épouse potentielle, choisie par son beau-père. Pendant son voyage, une jeune fille, Marie, lui est confiéepour être accompagnée dans une riche ferme dans laquelle elle a été engagée comme bergère. La petite caravane s'accroît avec l'arrivée d'un nouveau membre : Petit Pierre, le fils de Germain, les a suivis subrepticement. Le trio se perd dans la forêt et bivouaque près de la mare au Diable. Ce lieu enchanteur va tisser des liens indéfectibles entre les trois jeunes voyageurs... 

 

Challenge initié par Marie L.

Challenge-CLASSIQUES.jpg

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 13:00

 

Les mains libres - Jeanne Benameur

 

Quatrième de couverture

"Y a-t-il un signe dans le ciel qui indique que quelque part, dans une ville, au milieu de tant et tant de gens, deux êtres sont en train de vivre quelque chose qui ne tient à rien, quelque chose de frêle comme un feu de fortune? " Madame Lure est une vieille femme comme on en croise sans les remarquer. Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve grâce aux brochures de voyages qu'elle étale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit. Un jour, surprenant les doigts voleurs d'un jeune homme dans le grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu'à son campement, sous l'arche d'un pont. Qu'ont-ils en commun, Yvonne, celle qui garde, et Vargas, l'errant? D'une écriture forte et lumineuse, Jeanne Benameur capte comme jamais les destins obscurs de deux parias innocents, tissant entre eux des liens intenses. Ressuscitant des pans de mémoire palpitante, elle aiguise le vide en chacun de nous.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Je suis d'ordinaire une inconditionnelle de Jeanne Benameur,
mais je suis restée perplexe devant ce roman. 

L'écriture de Jeanne Benameur est toujours aussi belle, à la fois sobre et évocatrice.

Malheureusement je n'ai pas réellement compris ce livre.  C'est évidemment une belle ode à la différence et à la tolérance. Toutefois, je n'ai pas su appréhender les personnalités de Yvonne Lure et de Vargas. L'empathie qui s'installe entre eux ne semble pas les pousser vraiment vers l'avant. La vieille dame et le jeune nomade sont restés pour moi obscurs, incompréhensibles et même inconsistants...

J'ai la sensation d'être passée à côté de ce livre, c'est frustrant.

 

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 07:10

 

Manhattan---Anne-Revah.jpg

 

Quatrième de couverture

Elle part. Elle fuit après avoir appris l'inacceptable. Elle n'a pas peur, non, mais elle veut mettre de l'ordre dans sa vie. C'est une lettre qu'elle choisit d'écrire, une seule lettre. Les mots coulent comme un torrent, emportant sur leur passage la vie d'avant, les secrets, les mensonges, les blessures non refermées. Elle écrit et se délivre, fait place nette, se retrouve enfin et peut, apaisée, aller vers son destin.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

J'ai apprécié ce roman malgré sa rudesse,
et même si je n'ai vraiment ressenti aucune empathie avec l'héroïne.
Si vous souhaitez le lire vous aussi,
Cynthia continue à le faire voyager ! 

 

Le destin d'une paisible mère de famille bascule lorsqu'elle reçoit un verdict médical pessimiste, irrémédiable. Tout à coup, le passé refoulé ressurgit avec fureur et balaie tous ses efforts pour vivre une vie normale. Elle réalise qu'elle s'est réfugié dans les apparences depuis le drame de son enfance. Le traumatisme qu'elle a subit l'a amputée de toute capacité d'aimer réellement ses enfants et son mari. Elle fuit, hurle dans une confession écrite sa colère envers sa propre mère, distante et incapable de la protéger. Les mots jetés sur le papiers sont les derniers vestiges d'une vie dévastée, d'une coquille vide...

 

Le point de vue de l'auteur est particulier mais j'ai été séduite par son écriture et la construction de son livre.

 

 D'autres avis :

Cynthia, Les livres de l'Arrajou,  Les livres de Georges Sand et moi,  Stephie, Sylire, Laure, Leiloona, Amanda, Mango, EmiLie, Clara, Choco, Aifelle, ...

   

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