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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 18:00

 

Je-veux-que-tu-m-aimes---Antoine-Rault.jpg

 

Quatrième de couverture
David a treize ans. Sa mère, Marlène, est la femme de sa vie. Mais que peut faire un adolescent comme lui pour attirer l'attention et l'amour de la sublime Marlène, toute jeune veuve qui multiplie les aventures sans lendemain ? David déploie une folle ingéniosité pour plaire à cette mère mal-aimante. Peu à peu, de déconvenue en tromperie qui tourne farce, il va mesurer les secrets qui ont entouré sa naissance, et s'approcher, avec témérité, de l'orée dangereuse de l'adolescence. Antoine Rault nous livre le portrait bouleversant d'un garçon trompé, et signe ici un magnifique premier roman mêlant avec grâce et humour la douleur à la fantaisie.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Un livre émouvant ! Une réflexion sur l'amour familial sur un ton à la fois poignant et d'un humour féroce.

 

L'auteur donne de beaux coups de dents à certaines idées communes : l'instinct maternel est inné et les adolescents sont individualistes, en divorce avec leur famille. 

Ce récit inverse les rôles. David, adolescent de 13 ans, et Sophie, sa petite soeur de 9 ans, essaient désespérément de retenir leur mère, sans cesse sur le départ. Avec la fougue et la maladresse de la jeunesse, David multiplie les initiatives pour cajoler sa mère, tisser les liens d'un cocon familial tout doux. Cette mère acariâtre, pourvue d'un degré exceptionnel d'égoïsme, résiste de toute ses forces et rejette les marques d'amour. David idéalise son père et essaie de s'identifier à ce héros trop tôt disparu.  L'auteur suit la solitude d'un adolescent qui tente de se construire sans hériter de la hargne maternelle.

Des conversations savoureuses entre adolescents nous livrent des réflexions très pertinentes sur les parents en général. Tous les points faibles mais aussi bons côtés des parents sont méticuleusement recensés, examinés, disséqués. Nos enfants semblent s'éloigner en grandissant mais en fait prennent le recul pour nous observer et analyser nos failles, les pièges de la vie qu'ils voudraient éviter.

Cet hymne à la jeunesse, sans complaisance,
nous fait rencontrer les adolescents d'une manière différente, plus juste...

 

Un extrait
"On connaît mieux les parents qu'ils ne nous connaissent parce que, eux, ils sont tellement dans leurs problèmes, ils n'ont pas le temps de nous connaître. Surtout qu'avec l'âge c'est pire, ils n'arrivent plus à penser à autre chose qu'à leurs problèmes, leurs problèmes, toujours leurs problèmes. Tu ne trouves pas ?"


 

Je remercie les éditions Albin Michel
de m'avoir fait découvrir ce beau roman

Logo Albin Michel copie

 

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 00:10

 

La-mecanique-du-coeur---Mathias-Malzieu.jpg


Quatrième de couverture
Edimburg, 1874 : le jour le plus froid du monde. Lorsque Jack naît, son coeur gelé se brise immédiatement. La sage-femme le remplace par une horloge et le sauve. Depuis lors, il doit prendre soin d'en remonter chaque matin le mécanisme. Mais gare aux passions ! Le regard de braise d'une petite chanteuse andalouse va mettre le coeur de Jack à rude épreuve...
Un conte initiatique cruel et merveilleux.

Avis d'une lectrice du dimanche

Un récit loufoque, inattendu, terriblement drôle et tellement triste...
Cette balade dans le monde déjanté de Mathias Malzieu a été très agréable, émouvante !


Jack est rejeté dès sa naissance par sa mère biologique. En ce jour le plus froid du monde, il sera cependant réchauffé d'amour par  Madeleine,  faisant office de sage-femme, guérisseuse et sorcière. Elle remplace le petit coeur trop faible du nourrisson par une horloge. Il sera couvé et choyé jusqu'au jour où Miss Acacia, une petite chanteuse gracieuse, myope et andalouse, dérèglera la belle mécanique de l'horloge. D'ailleurs, la mécanique du coeur humain est-elle conçue pour résister aux flammes de l'amour ?

Ce beau conte mélange amour maternel, passion dévorante, folie, amitié, voyage et aventures. C'est une ode à la tolérance, l'acceptation de la différence.

Extraits :

"C'est un orgue de barbarie, c'est joli n'est-ce pas ? me dit Madeleine. Cet instrument fonctionne à peu près de la même manière que ton coeur, c'est sans doute pour ça qu'il te plaît autant. C'est de la mécanique avec des émotions à l'intérieur."

"Ses bras ressemblent à des branches et ses cheveux noirs onduls embrasent son visage comme l'ombre d'un incendie. Son nez magnifiquement bien dessiné est si minuscule que je me demande comment elle peut respirer avec - à mon avis, il est juste là pour décorer. Elle danse comme un oiseau en équilibre sur des talons aiguilles, féminins échafaudages. Ses yeux sont immenses, on peut prendre le temps de regarder à l'intérieur."

"Anna et Luna ne viennent jamais les mains vides. Toujours un bouquet de fleurs piquées au cimetière, ou la rodingote d'un client mort pendant un coöt. Pour mon anniversaire, elles m'ont offert un hamster. Je l'ai appelé "Cunnilingus". Elles avaient l'air très touchées que je le baptise ainsi."

"Anna est une grande rose fanée au regard arc-en-ciel dont la pupille gauche, un quartz installé par Madeleine pour remplacer son oeil crevé par un mauvais payeur, change de couleur selon la météo."

"Aux côtés de mon Capitaine Mélies, je me sens invincible. Nous traversons la frontière espagnole arc-boutés sur nos planches à roulettes, un vent chaud s'engouffre en moi, changeant les aiguilles de mon coeur en ailes de moulin. Un moulin à moudre les graines du rêve pour fabriquer du vrai. Miss Acacia, j'arrive !"

D'autres avis :
Manu, Edelwe, ...

Challenge

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 00:05
Saga---Tonino-Benacquista.jpg
Quatrième de couverture
Nous étions quatre : Louis avait usé sa vie à Cinecittà, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit en vain trente-deux romans d'amour, et moi, Marco, j'aurais fait n'importe quoi - mais n'importe quoi ! - pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais. "Saga", c'était le titre.

Avis d'une lectrice du dimanche

Avis mitigé !

Quatre scenaristes à la réputation de loosers sont réunis par une chaîne de télévision afin de produire une série qui sera diffusée à 4h du matin. L'objectif de la production n'est pas de créer un bon film mais seulement de se mettre en conformité par rapport au nombre d'heures consacrées à la création française.
Le Directeur de l'unité de production prononce les mots magiques pour l'imagination débridée de ces quatre scénaristes : "Faites-nous n'importe quoi, absolument n'importe quoi, pourvu que cela soit le moins cher possible".
Contre toute attente, Saga connaît le succès...

J'ai aimé la personnalité de Louis, Jérôme, Mathilde et Marco. Leur inspiration loufoque est amusante. Ils tissent des liens d'amitié et de solidarité privilégiés. J'ai également apprécié la présentation des coulisses de la télévision, les enjeux politiques et financiers, la description des méthodes d'endoctrinement et de manipulation, avec les messages subliminaux et autres recettes peu avouables.

Mon plaisir a été vraiment atténué par plusieurs points :
1- Ce roman est une ode à la gloire de la création scénique. Or n'étant pas une grande fan de télévision, j'ai eu des difficultés à éprouver une grande complicité à cet égard.
2- Ensuite, même si ce récit est à prendre au second degré, le téléspectateur est généralisé comme un idiot de base, accro des séries, incapable du moindre jugement personnel, capable d'extrêmisme quasi religieux... Téléspectatrice très modérée, cela m'a vexée je l'avoue !
3- Il me semble enfin que l'auteur surévalue le pouvoir de l'audiovisuel avec son portrait de scénaristes qui se placent au même niveau qu'un démiurge...


Lectures commune avec
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:15
Neige---Maxence-Fermine.jpg
Quatrième de couverture
Dans le Japon raffiné du XIXème siècle, le jeune Yuko a choisi sa voie : il sera poète, contre l'avis de son père. Soseki, l'ancien samouraï et vieux peintre aveugle, lui enseignera l'art du haïku. Entre les deux hommes plane l'image obsédante d'une femme, disparue dans la neige...
Une langue épurée, concise et sans artifices, qui parle d'amour de la vie et de quête d'absolu.


Avis d'une lectrice du dimanche :

Les sonorités pures et sobres, ainsi que les belles images
qui naissent du texte de Maxence Fermine m'ont éblouie !

S'il avait suivi le chemin tracé par son père, Yuko aurait dû embrasser la carrière de guerrier, ou prêtre éventuellement. Mais il s'oppose à la volonté de sa famille en devenant poète. Il promet à son père "d'écrire seulement soixante-dix-sept haïku par hiver".
La réputation de ses vers parvient jusqu'à la cour. Avant de présenter ses poèmes à l'empereur, il doit apprendre la couleur afin de teinter ses poèmes, pour l'instant blancs comme la neige.
Le maître Soseki lui apprendra l'art des couleurs mais aussi l'amour, la vie...

Ce livre m'a donné envie de découvrir les haïku, la poésie japonaise.
Les haïku sont définis comme "un petit poème extrêmement bref  visant à dire l'évanescence des choses"...


D'autres avis :

Primprenelle
, Stephie, Cynthia, Gio, ...


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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 00:05

O-Verlaine---Jean-Teule.jpg



Quatrième de couverture

Alcoolique phénoménal, amant frénétique et désordonné, bigame maltraité par ses deux compagnes, Paul Verlaine oscilla jusqu'au tombeau entre l'ignoble et le sublime. C'est à la toute fin de sa vie, au moment de la pire déchéance morale et matérielle, au moment où les gloires de l'époque l'accablaient de leur mépris, qu'une soudaine vague de sympathie naquit en sa faveur parmi les étudiants et la jeunesse du Quartier latin. En quelques semaines, il devint leur idole.

Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé a choisi de raconter cette période extravagante à travers le regard du jeune Henri-Albert Cornuty - un adolescent de Béziers qui monta à pied à Paris dans le seul but de rencontrer Verlaine...



Avis d'une lectrice du dimanche

Jean Teulé rend hommage à Paul Verlaine à sa manière très particulière... pour le meilleur et pour le pire !

L'auteur décrit les derniers mois de vie de Paul Verlaine dans les quartiers artistiques qui ressemblent plutôt à la cour des miracles.

Le pauvre Lelian (anagramme de Paul Verlaine) se vautre au milieu des immondices, l'absinthe, les prostituées. Entre bagarres et insultes, les merveilleux vers du poètes éclosent dans les ruines d'une vie absurde, vouée à l'autodestruction.

Jean Teulé prend sa plus belle plume pour décrire la beauté de l'oeuvre, l'adulation des étudiants pour Verlaine, la misère intellectuelle de certains critiques littéraires...
En contraste, les descriptions nauséabondes prolifèrent pour peindre le monde décadent des artistes. La surenchère des détails avilissants est parfois lassante. Et qu'apporte au récit la scène immonde avec boa (un affreux serpent de 6 m... mais je ne vous donnerai pas plus de détails...) ?

Je ne connais pas la vie de Verlaine, mais finalement je ne sais rien de plus après cette lecture car je n'ai pas su démêler la fiction et la biographie...


Quelques extraits :

"- Vous êtes en retard Michaud.
- Et  je vous prie de bien vouloir m'en excuser, monsieur le préfet de police. Mais... vous rappelez-vous, l'autre jour, sur le boulevard Saint-Michel, ce petit voleur qui vous a vendu un livre de poèmes ?...
On vient une nouvelle fois d'en arrêter l'auteur et on a eu un mal de chien à le mettre en cellule.
- Libérez-le.
- Pardon ?
- La France a déjà failli pendre Villon. Alors ça suffit. On n'arrête plus Verlaine. Privilège de ma nouvelle fonction. Et vous serez gentil, Monsieur le commissaire, de faire diffuser, dans tous les postes de police du Quartier latin, une circulaire précisant : Interdiction d'arrêter Paul Verlaine quelles que soient ses frasques."

"Ce qu'aimait au-delà de tout Henri-Albert, c'était la bouleversante musique de Paul. Il l'entendait jusque dans le clapotis de l'hémoglobine qu'il convoyait. Ce chant intime et prenant... L'enfant avait infusé sa vie et son corps dans la poésie de Verlaine. Impressions, sensations... étourdissement."

A grands coups de son baton de vagabond, il démolit tous les hauts-de-forme autour de lui, posés sur les tables ou accrochés aux chaises : "Je hais ce noir mensonge social à reflets de soie !" Les jeunes furent stupéfaits devant les chapeaux cylindriques aplatis en galettes. Verlaine leur dit  : "Or ça, les enfants, quand j'aurai claqué ma gueule, dans ma notice funèbre, n'oubliez pas d'écrire que cette fin de siècle a eu son Saint Antoine et pas doux  !" On lui offrit quand même son enveloppe qui contenait quatre cent cinquante francs - une manne. Paul regarda les billets puis ceux qui s'étaient cotisés. Il tendit les bras vers eux :
- Je vous étonnerai par mon ingratitude !
Et il s'en alla.

"Maintenant, c'était trop tard pour les derniers aveux. Verlaine s'obstina à garder les paupières baissées et les lèvres hermétiquement closes. Le jeune curé tout frais émoulu du séminaire se redressa, contempla la pièce dore, dit :
- Maître, je vous ai lu... puis il lui chuchota à l'oreille : - Dieu n'aura pas le courage de vous damner.
"


D'autres avis :
Fanyoun, Midola, Amanda, Antoine, ...


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 00:05

Reve-amour---Laurence-Tardieu.jpg



Quatrième de couverture :

Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Gérard Oury est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Ça encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n'en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas. Je vais retrouver quelque chose de ma mère. Je ne sais pas. Les choses les plus importantes sont-elles celles que l'on sait, ou celles que l'on cherche? Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Je cherche ma mère.



Avis d'une lectrice du dimanche :

Un peu déçue...
J'ai beaucoup aimé son autre titre Puisque rien ne dure... Sa sensibilité et son style sobre m'avait nouée d'émotion.
Je n'ai pas retrouvé ces qualités dans Rêves d'amour...


Alice Grangé ne s'est jamais remise de la perte de sa mère à l'âge de 5 ans. Son père, juste avant de mourir, lui livre le nom de l'homme que sa mère a réellement aimé. Rencontrer cet homme devient alors une nécessité pour Alice afin de re-découvrir le portrait de sa mère.

Ici, il n'y a pas la pudeur et le ton juste de Puisque rien ne dure. Alice se lamente pendant toute sa quête. Elle ne grandit pas et reste dans un rôle de petite fille triste...


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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 00:05

Dernier jour condamne - Victor Hugo 


Quatrième de couverture :
Un homme sans nom dont on ne sait rien, pas même le crime, vient d'être condamné à la guillotine : il ne lui reste que quelques jours à vivre. Dans l'attente de son exécution, il consigne ses dernières pensées et sensations : son journal suit le flot chaotique de sa conscience, avec des moments de panique, des sursauts d'espoir ou de révolte, et une hantise - celle de la mort qui vient. Cette histoire, Victor Hugo espère qu'elle sera "un jour utile à d'autres"...
Texte d'une inaltérable actualité et premier acte d'un combat dont Hugo demeurera le symbole, Le dernier jour d'un condamné (1829) se présente comme "la plaidoirie générale et permanente pour tous les accusés présents et à venir". Et reste sans doute le plus grand réquisitoire jamais écrit contre la peine de mort.


Avis d'une lectrice du dimanche :

Un réquisitoire contre l'ignominie de la peine de mort,
virulent, indigné, sincère...

Victor Hugo rédige ce pamphlet contre la peine de mort sans chercher à atténuer son propos par un quelconque langage diplomatique. Il renvoie le lecteur à sa conscience : la société commet un crime de sang froid, exactement le même forfait pour lequel le condamné est accusé...

Une préface écrite en 1932,introduit ce récit et conceptualise la pensée de Victor Hugo. Ce dernier donne tous les arguments possibles pour expliquer sa position et tenter de convaincre. Les partisans de la peine de mort en prennent pour leur grade car tout y passe : accidents horribles de guillotine mal aiguisée, repas dominical en toute bonne conscience des gens responsables de ces meurtres avec préméditation et orchestrés comme un spectacle populaire...

Ensuite vient le journal du condamné à mort. Sont décrites les 6 semaines de torture morale d'un être humain qui connaît la date exacte de son exécution. Victor Hugo sait à merveille bousculer les consciences !
Le crime du condamné n'est pas cité et passe en arrière-plan par rapport à l'horreur de ce que la société bien pensante lui fait subir.

J'ai retrouvé la même émotion que celle contenue dans le témoignage d'un autre grand Monsieur :

Abolition---Robert-Badinter.jpg
Son talent littéraire n'est certes pas à comparer à la plume de Victor Hugo
mais sa lutte acharnée a permis la réalisation d'un rêve : 
Le 9 octobre 1981, la peine de mort est abolie.
Victor Hugo était persuadé que le 19ème siècle verrait cet grand évènement,
il aura fallu attendre la fin du XXième siècle pour que
la France abandonne enfin la sauvagerie de la guillotine.

Quelques extraits :

"Il est dix heures.
Ô ma pauvre petite fille ! encore six heures, et je serai mort ! Je serai quelque chose d'immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtre  ; une tête qu'on moulera d'un côté, un tronc qu'on disséquera de l'autre; puis de ce qui restera, on en mettra plein une bière, et le tout ira à Clamart.
Voilà ce qu'ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu cela, Marie ? me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose ! Ah ! Grand Dieu !
Pauvre petite, ton père, qui t'aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux comme sur de la soie, qui prenait ton joli visage rond dans sa main, qui te faisait sauter sur ses genoux, et le soir joignait tes deux petites mains pour prier Dieu !!
Qui est-ce qui te fera tout cela maintenant ? Qui est-ce qui t'aimera ? Tous les enfants de ton âge auront des pères, excepté toi. Comment te déshabiteras-tu, mon enfant, du jour de l'an, des étrennes, des beaux joujoux, des bonbons et des baisers ? Comme te déshabitueras-tu, malheureuse orpheline, de boire et de manger ?
Oh ! si ces jurés l'avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie, ils auraient compris qu'il ne faut pas tuer le père d'un enfant de trois ans."


"Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
Eh ! qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud?
Apparemment ce n'est pas là souffrir.
Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'épuise goutte à goutte, ou que l'intelligence s'éteigne pensée à pensée ?
Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier, et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas mal !"


Challenge initié par Marie L. :

Challenge-CLASSIQUES.jpg

 


GUILLOTINE

  Les classiques ne se démodent jamais !

Cette lecture est indispensable
car la peine de mort est encore en vigueur
dans de nombreux pays...

Et aussi parce que certains souhaiteraient un retour à la barbarie
en la rétablissant en France...

 

Le devoir de mémoire nous évitera peut-être de renouveler les horreurs du passé.

 

 

 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 00:05

Ce-que-je-sais-de-Vera-Candida---Veronique-Ovalde.jpg



Quatrième de couverture :

Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d’une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu’un destin, cela se brise. Elle fuit l’île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d’une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L’Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir.

 

Un ton d’une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C’est ce qu’il fallait pour donner à cette fable la portée d’une histoire universelle : l’histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L’histoire de l’amour en somme, déplacée dans l’univers d’un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes – et les êtres – qui lui sont chers.


Avis d'une lectrice du dimanche :

Cette histoire de femmes est touchante, c'est un récit riche et sensible.
Mais l'écriture est vraiment très particulière ! Le rythme des phrases est bref, saccadé, avec des majuscules qui se baladent un peu partout... Ce style m'a un peu heurtée, il dresse des barrières autour des personnages.


Vera Candida, sa mère Violette et sa grand-mère Rose, ont pour point commun des relations violentes et non choisies avec les hommes et surtout des grossesses non désirées. Certaines seront dans l'incapacité d'endosser le rôle de mère, d'autres apprendront et accepteront cet amour inattendu.
Rose et Violette sont inaccessibles au bonheur, très seules. Vera Candida  rompt cette malédiction familiale...

 

C'est un livre facile à lire, plutôt agréable. Mais je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux héroïnes. Une certaine passivité peut-être ? Leur langueur m'a déconcertée... Seul l'amoureux transi de Vera Candida m'a émue...

 

De nombreuses lectrices parlent avec beaucoup plus de passion de ce roman et en offrent une bien plus belle image que je ne saurais le faire :
Amanda, Cuné, Jules, Violaine, Leiloona, Culture sur le zinc, Aurore, Mango, Bookomaton, ...

 

 

 

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 00:00

No et moi Delphine de vigan



Quatrième de couverture :
"Elle avait l'air si jeune. En même temps il m'avait semblé qu'elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu'elle connaissait de la vie quelque chose qui me faisait peur."
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d'amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu'au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l'errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n'est à l'abri...

Avis d'une lectrice du dimanche :

C'est un beau roman d'apprentissage.
Une lecture touchante et sincère...


Lou Bertignac est si mal dans sa peau ! Surdouée, il n'est pas simple de s'intégrer au lycée lorsqu'on a plusieurs années d'avance. A la maison, les choses sont tout aussi compliquées avec une mère dépressive suite au décès d'un bébé. Elle grandit trop vite et se pose mille questions sur le monde qui l'entoure.

Lou prend le prétexte d'un exposé scolaire sur les sans-abris pour interroger No, jeune fille tombée dans l'errance. Lou  veut la sauver et décide de s'occuper d'elle. Avec la naïveté et la fougue de ses 13 ans, No souhaite changer le monde. La résignation lui semble impossible. Mais la réalité à la peau dure et notre rêveuse se met en danger...

Delphine de Vigan observe, ne se transforme pas en moraliste et évite l'écueil du misérabilisme.
Le regard est toujours juste, adouci par la sensibilité et l'idéalisme de l'adolescence.

D'autres avis :
Keisha, Gio, Stephie, Violaine, ...


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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 00:05
Astronome Aveugle AnneCatherineBLANC
Quatrième de couverture :
A trop scruter les astres pour le compte du roi, l'astronome a oublié de sonder sa propre vérité. Devenu aveugle, il renonce à la vie de cour pour mener une existence libre et vagabonde sur la côté, avec son chat pour seul compagnon. Il trouve un ami inespéré en la personne d'un gardien de phare et croit en finir avec l'errance. Mais seuls les rois décident du sort de leur sujet...
Voyage dans le temps et l'espace des mots, cette fable interroge le lecteur sur la vacuité et les abus du pouvoir, mais aussi sur ces choix inéluctables qui transforment, en un instant, une simple vie d'homme en destin assumé.
Dans une écriture fluide, enluminée de références médiévales, un récit sensible et profond sur l'amitié, l'amour et l'accomplissement de soi.

Avis d'une lectrice du dimanche :


Un très beau conte avec une écriture délicate, raffinée...

L'astronome a connu la gloire. Sa science pour les lire le destin des puissants dans les astres lui a valu la reconnaissance du roi et tous les honneurs ! Il a goûté à la richesse, le bonheur de séduire les femmes les plus belles... Lorsqu'il perd la vue, une perception toute nouvelle met en lumière la vanité de son existence.

L'astronome va abandonner sa belle tour d'ivoire pour conquérir un dernier joyau : la liberté.  Il abandonne tous les biens de ce bas monde, prend son baton de pèlerin s'en va sur les routes.

Son ami le plus fidèle, son chat, va l'accompagner de son plein gré. Cet animal symbolise dans ce livre le libre-arbitre et également la sincérité, la fidélité. Les deux compagnons vont se confier leur vie mutuellement et tisser un lien très fort.

Leur vie nomade marque une pause dans une autre tour : un phare ! L'astronome et le gardien du phare partagent bien des affinités, une belle amitié naît entre les deux hommes...
Je vous laisse découvrir le dénouement, saisissant et inattendu.

Ce récit est une belle métaphore évoquant la précarité de la vie lorsqu'elle est soumise aux caprices des puissants. Les gouvernants et divers monarques ont le pouvoir de tirer les ficelles et de nous faire évoluer comme des automates. Leurs abus et caprices bouleversent les existences les plus simples. Toutefois, il semble que l'être humain a la possibilité de brandir son libre-arbitre en toute circonstance, à condition de lâcher prise sur ses intérêts personnels.

Anne-Catherine Blanc nous livre une belle vision de la liberté, proche de celle de Kant. Le libre-arbitre est inaliénable à condition de se détacher des préoccupations matérielles et d'être capable d'accomplir des actes désintéressés...

J'ai aimé la plume au charme presque désuet de l'auteur et surtout les notions de respect développées dans cette fable,  les envies d'authenticité. J'ai vraiment apprécié également sa manière de parler du chat. C'est une personnalité à part entière, intelligente, placée à égalité avec l'homme.


D'autres avis :
Fanyoun, Antigone, Edelwe, Katell, Yv, Laure, ...

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