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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 17:30

  L-Immeuble-Yacoubian---Alaa-El-Aswany-1.jpg

 

Quatrième de couverture

Construit en plein cœur du Caire dans les années 1930, vestige d'une splendeur révolue, l'immeuble Yacoubian constitue un creuset socioculturel très représentatif de l'Egypte du XXIe siècle naissant. Dans son escalier se croisent ou s'ignorent Taha, le fils du concierge, qui rêve de devenir policier ; Hatem, le journaliste homosexuel ; le vieil aristocrate Zaki, perdu dans ses souvenirs ; Azzam, l'affairiste louche aussi bigot que lubrique ; la belle et pauvre Boussaïna, qui voudrait travailler sans avoir à subir la convoitise d'un patron... Témoin d'une époque, Alaa El Aswany pose, sans juger, un regard tendre sur des personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège, celui d'une société dominée par la corruption politique, la montée de l'islamisme, les inégalités sociales, l'absence de liberté sexuelle, la nostalgie du passé. Mais ce roman n'aurait pas conquis un tel nombre de lecteurs dans le monde entier s'il se contentait d'évoquer l'Egypte au tournant du millénaire : en digne héritier d'un Dostoïevski comme d'un Zola ou d'un Mahfouz, c'est bien de l'homme que nous parle Alaa El Aswany, de ses vices et de ses faiblesses, de ses rêves et de ses échecs, et le miroir qu'il tend, pour indulgent qu'il soit, n'en est que plus effrayant.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Très beau roman !

Alaa El Aswany nous offre un instantané de la population égyptienne et des conditions de vie
dans ce pays au début des années 90.
Cet état des lieux, paru en janvier 2006, est lucide et humain. La situation devait être d’ailleurs exactement la même à la veille de la révolution qui a conduit l’ancien président Hosni Moubarak à la démission en février 2011.

L’immeuble Yacoubian existe vraiment. Cet édifice, construit dans les années 30 au Caire, fut d’abord un immeuble  luxueux avant de perdre peu à peu son aura. Il abrite maintenant des habitants pauvres dans ses sous-sols et sa terrasse.

A travers la vie des locataires au profil disparate, les travers de la société Egyptienne sont mis en évidence. La corruption atteint des proportions infernales et le cloisonnement social est très rigide. Toute évolution favorable dans la hiérarchie est impossible pour les classes pauvres, même avec un bon niveau d’études. Les jeunes sont peu à peu récupérés par les mouvements islamistes. A la base, il ne s’agit pas de recrues mues d’un désir de sang et d’intolérance. Le cheminement sur la voie de l’intégrisme est complexe. Les recruteurs essaient d’abord d’offrir respect, chaleur et humanité aux étudiants et travailleurs pauvres. Mais le pouvoir traque tous les sympathisants religieux, emprisonne, torture, humilie. Les survivants des geôles égyptiennes sont marqués à vie, leur désespoir est utilisé par les responsables des mouvances intégristes pour franchir l’étape du terrorisme.

Les minorités sont opprimées. Les homosexuels sont contraints de se dissimuler pour survivre. La condition des femmes est tragique également car le mélange de puritanisme, d’hypocrisie et de misère les enferme dans des situations intenables. Soad, par exemple, est une jeune veuve avec un garçon à sa charge. L’unique solution pour elle pour nourrir son enfant et ne pas sombrer dans la prostitution est d’accepter de se marier avec Azzam, un vieux homme libidineux. Le pacte de mariage ressemble étrangement à un deal de proxénétisme. Le contrat lui impose l’abandon de son enfant, l’obligation de passer son temps à attendre et à amuser sont seigneur et maître, et enfin l’interdiction formelle de tomber enceinte.

Les habitants de l'immeuble ont un point commun : la "débrouille". Pour s'en sortir, il faut déployer des trésors d'imagination pour inventer des astuces et combines...

J’ai adoré ce roman plein de vie et de couleurs. Le style n’est pas mélancolique, mais plutôt énergique. Même si l’auteur présente une situation sombre, sa vision recèle quand même des pépites d’espoir, tant au niveau individuel que collectif. L’évolution de l’Egypte a donné raison à Alaa El Aswany : les politiciens véreux qui se moquaient ouvertement de la misère du peuple et de son apparente servitude ont été balayés de belle manière par l’envie de liberté et de justice des Egyptiens.

 

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 00:10

Pleure-O-Reine-de-Saba---Khadija-Al-Salami.jpg

 

Quatrième de couverture

Femme au caractère bien trempé, Khadija al-Salami a été formée à la rude école des décapitations publiques et des roquettes qui fauchent des innocents. Dans une société maîtrisée par les hommes, elle a su se faire une place et être respectée au point de représenter aujourd'hui son pays à l'étranger. C'est sa vie qu'elle retrace ici : une enfance pauvre à San'â, des études suivies avec acharnement, des bourses pour l'étranger, un travail à la télévision yéménite... Qu'elle évoque des moments burlesques dans les villages de montagne ou des dettes de sang réglées en territoire bédouin, le mariage forcé des petites filles ou la condamnation à mort d'une femme violée, la position du Yémen dans le conflit irakien ou la révolution des années 1960, l'auteur nous fait découvrir un pays méconnu, dans toute sa complexité. A la fois récit historique, document autobiographique, roman d'aventures, Pleure, ô reine de Saba ! est aussi un hommage vibrant à un territoire magnifique : les maisons superbes de San'â, les villages perchés, la plaine étouffante de la Tihâma, et le désert des environs de Ma'rib, là où vivait la reine de Saba.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Cette autobiographie est hallucinante ! Khadija al-Salami a eu une enfance que personne ne souhaiterait vivre et complètement incroyable à notre époque ! Le courage et la pugnacité de cette Yéménite pour se forger son destin n'en sont que plus remarquables. D'ailleurs, Le seul fait d'avoir survécu représente déjà un défi...

J'ai d'abord éprouvé quelques difficultés à entrer dans ce récit car l'auteur débute avec un portrait très détaillé de son pays.
Puis, dès que Khadija al-Salami est entrée dans la chronologie de sa propre vie, je n'ai plus lâché ce livre !

Le Yémen est un pays mystérieux à bien des égards, son l'histoire m'était quasiment inconnue. Des rites très codifiés hiérarchisent sévèrement les relations familiales, les liens entre les différentes tribus sont encore plus compliqués ! De simples querelles individuelles peuvent engendrer des vendettas et haines tribales interminables. Un gouvernement centralisé peine à rassembler tous les chefs de clans capricieux et jaloux de leurs prérogatives. Les pays voisins compliquent à plaisir la tâche en s'immiscant régulièrement dans les affaires internes du Yémen. Bref, vous l'aurez compris, rien n'est simple dans ce pays, une instabilité politique chronique a longtemps affecté la population ! Dans un passé très proche, tous les problèmes ne trouvant pas de solution rapide par la négociation se règlaient dans le sang par des assassinats.

Les différentes guerres ont pendant longtemps empêché tout développement économique, plongeant la plus grande partie des habitants dans la misère. Les femmes ont toujours eu du mal à trouver leur place dans cette société dominée par les hommes, les guerriers. Khadija al-Salami a subi ce terrible joug avant de se rebeller. Les ingrédients qui lui ont permis de prendre sa vie en main sont d'abord une volonté d'acier, un caractère frondeur et enfin un travail acharné pour acquérir une éducation de haut niveau. Son combat pour devenir une femme autonome a été extrêmement difficile, pendant de longues années...

 

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