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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 00:05


ouessant_10.jpg 


Vague à l'âme

 

 

ce désir
de prendre par la mer
se confier au vent
se jeter au ciel

 

de mélanger le bleu avec le bleu

 

vague à l'âme

 

ce désir d'en finir avec le corps.



De nombreux amoureux des belles phrases participent au rendez-vous des dimanches poétiques initiés par Celsmoon depuis 2009:

 

Abeille, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , Schneeweiss , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien...

 

 

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 00:04
Divers_3695.jpg

Digressions_0516.jpg
Ajourd'hui, je récidive, je propose de nouveau un poème de Baudelaire sur les chats...


LE CHAT

 

De sa fourrure blonde et brune

Sort un parfum si doux, qu'un soir

J'en fus embaumé, pour l'avoir

Caressé une fois, rien qu'une.

 

C'est l'esprit familier du lieu;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire;

Peut-être est-il fée, est-il dieu?

 

Quand mes yeux vers ce chat que j'aime

Tirés comme par un aimant,

Se retournent docilement

Et que je regarde en moi-même,

 

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux, vivantes opales,

Qui me contemplent fixement.

 

Les fleurs du mal



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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 00:05
Baudelaire-photo.jpg

Le Chat

 

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d'agate.

 

Lorsque mes doigts caressent à loisir

Ta tête et ton dos élastique,

Et que ma main s'enivre du plaisir

De palper ton corps électrique,

 

Je vois ma femme en esprit. Son regard,

Comme le tien, aimable bête

Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

 

Et des pieds jusques à la tête,

Un air subtil, un dangereux parfum,

Nagent autour de son corps brun.


(Les fleurs du mal) 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 00:05
PAUL VERLAINE -2
Chanson d'automne


Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
d'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.


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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 08:55

enfant-couchersoleil



Un enfant

Un enfant

Ça vous décroche un rêve

Ça le porte à  ses lèvres

Et ça part en chantant

Un enfant

Avec un peu de chance

Ça entend le silence

Et ça pleure des diamants

Et ça rit à  n'en savoir que faire

Et ça pleure en nous voyant pleurer

Ça s'endort de l'or sous les paupières

Et ça dort pour mieux nous faire rêver

 

Un enfant

Ça écoute le merle

Qui dépose ses perles

Sur la portée du vent

Un enfant

C'est le dernier poète

D'un monde qui s'entête

A vouloir devenir grand

Et ça demande si les nuages ont des ailes

Et ça s'inquiète d'une neige tombée

Et ça croit que nous sommes fidèles

Et ça se doute qu'il n'y a plus de fées

 

Mais un enfant

Et nous fuyons l'enfance

Un enfant

Et nous voilà  passants

Un enfant

Et nous voilà  patience

Un enfant

Et nous voilà  passés

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 00:05

Villon



Cette  balade de François Villon a été joliment interprêtée par Georges Brassens...

Ballade des Dames du temps jadis 

 

Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, n'en quel pays,

Est Flora la belle Romaine,

Archipiades, ne Thaïs,

Qui fut sa cousine germaine,

Echo, parlant quant bruit on mène

Dessus rivière ou sur étang,

Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?

Mais où sont les neiges d'antan ?

 

Où est la très sage Héloïs,

Pour qui fut châtré et puis moine

Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?

Pour son amour eut cette essoine.

Semblablement, où est la roine

Qui commanda que Buridan

Fût jeté en un sac en Seine ?

Mais où sont les neiges d'antan ?

 

La roine Blanche comme un lis

Qui chantait à voix de sirène,

Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,

Haramburgis qui tint le Maine,

Et Jeanne, la bonne Lorraine

Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;

Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?

Mais où sont les neiges d'antan ?

 

Prince, n'enquerrez de semaine

Où elles sont, ni de cet an,

Que ce refrain ne vous remaine :

Mais où sont les neiges d'antan ?

 


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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 00:05

Victor Hugo - Djinns 1

 

 

Les Djinns

Murs, ville

Et port,

Asile

De mort,

Mer grise

Où brise

La brise

Tout dort.

Dans la plaine

Naît un bruit.

C'est l'haleine

De la nuit.

Elle brame

Comme une âme

Qu'une flamme

Toujours suit.

 

La voix plus haute

Semble un grelot.

D'un nain qui saute

C'est le galop.

Il fuit, s'élance,

Puis en cadence

Sur un pied danse

Au bout d'un flot.

 

La rumeur approche,

L'écho la redit.

C'est comme la cloche

D'un couvent maudit,

Comme un bruit de foule

Qui tonne et qui roule

Et tantôt s'écroule

Et tantôt grandit.

 

Dieu! La voix sépulcrale

Des Djinns!... - Quel bruit ils font!

Fuyons sous la spirale

De l'escalier profond!

Déjà s'éteint ma lampe,

Et l'ombre de la rampe..

Qui le long du mur rampe,

Monte jusqu'au plafond.

 

C'est l'essaim des Djinns qui passe,

Et tourbillonne en sifflant.

Les ifs, que leur vol fracasse,

Craquent comme un pin brûlant.

Leur troupeau lourd et rapide,

Volant dans l'espace vide,

Semble un nuage livide

Qui porte un éclair au flanc.

 

Ils sont tout près! - Tenons fermée

Cette salle ou nous les narguons

Quel bruit dehors! Hideuse armée

De vampires et de dragons!

La poutre du toit descellée

Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,

Et la vieille porte rouillée,

Tremble, à déraciner ses gonds.

 

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure!

L'horrible essaim, poussé par l'aquillon,

Sans doute, o ciel! s'abat sur ma demeure.

Le mur fléchit sous le noir bataillon.

La maison crie et chancelle penchée,

Et l'on dirait que, du sol arrachée,

Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,

Le vent la roule avec leur tourbillon!

 

Prophète! Si ta main me sauve

De ces impurs démons des soirs,

J'irai prosterner mon front chauve

Devant tes sacrés encensoirs!

Fais que sur ces portes fidèles

Meure leur souffle d'étincelles,

Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes

Grince et crie à ces vitraux noirs!

 

Ils sont passés! - Leur cohorte

S'envole et fuit, et leurs pieds

Cessent de battre ma porte

De leurs coups multipliés.

L'air est plein d'un bruit de chaînes,

Et dans les forêts prochaines

Frissonnent tous les grands chênes,

Sous leur vol de feu pliés!

 

De leurs ailes lointaines

Le battement décroît.

Si confus dans les plaines,

Si faible, que l'on croit

Ouïr la sauterelle

Crier d'une voix grêle

Ou pétiller la grêle

Sur le plomb d'un vieux toit.

 

D'étranges syllabes

Nous viennent encor.

Ainsi, des Arabes

Quand sonne le cor,

Un chant sur la grève

Par instants s'élève,

Et l'enfant qui rêve

Fait des rêves d'or.

 

Les Djinns funèbres,

Fils du trépas,

Dans les ténèbres

Pressent leur pas;

Leur essaim gronde;

Ainsi, profonde,

Murmure une onde

Qu'on ne voit pas.

 

Ce bruit vague

Qui s'endort,

C'est la vague

Sur le bord;

C'est la plainte

Presque éteinte

D'une sainte

Pour un mort.

 

On doute

La nuit...

J'écoute: -

Tout fuit,

Tout passe;

L'espace

Efface

Le bruit.

 

Extrait des Orientales

Victor Hugo 



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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 00:05


Rimbaud- noir et blanc


Tout le monde connait ce poème de Rimbaud pour dénoncer l'horreur et l'absurdité de la guerre...

Le dormeur du val


C'est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent; où le soleil de la montagne fière,

Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme:

Nature, berce-le chaudement: il a froid.

 

Les parfums ne font plus frissonner sa narine;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

 

Arthur Rimbaud

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 00:20

Brel



Aujourd'hui, j'ai eu envie de partager ce magnifique texte de Jacques Brel.
Cette chanson a été écrite en 1963.


LES VIEUX

 

 

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux

Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux

Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan

Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps

Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier

Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières

Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends

 

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés

Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter

Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit

Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit

Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide

C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide

Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

 

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps

Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant

Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère

Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer

Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin

Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin

Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 00:05

 nuit hiver-1


 

SOIR D' HIVER

de Pouchkine
 

Ciel de brume ; la tempête

Tourbillonne en flocons blancs,

Vient hurler comme une bête,

Ou gémit comme un enfant,

Et soufflant soudain pénètre

Dans le vieux chaume avec bruit,

Elle frappe à la fenêtre,

Voyageur pris par la nuit.

 

La chaumière est triste et sombre,

Chère vieille, qu'as-tu donc

A rester dans la pénombre,

Sans plus dire ta chanson ?

C'est la bise qui résonne

Et, hurlant, t'abasourdit ?

Ou la ronde monotone

Du fuseau qui t'assoupit ?

 

Mais buvons, compagne chère

D'une enfance de malheur !

Noyons tout chagrin ! qu'un verre

Mette de la joie au cœur !

Chante comme l'hirondelle,

Doucement vivait au loin ;

Chante-moi comme la belle

Puisait l'eau chaque matin.

 

Ciel de brume ; la tempête

Tourbillonne en flocons blancs,

Vient hurler comme une bête

Ou gémit comme un enfant.

Mais buvons, compagne chère

D'une enfance de malheur !

Noyons tout chagrin ! qu'un verre

Mette de la joie au cœur !

 

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