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Avis d'une lectrice du dimanche
Albert Camus nous livre ici une vision très pessimiste de l’être humain ! Dans cet ouvrage, toutes les valeurs d’hypocrisie, de charité et de grandeur d’âme
seraient purement hypocrites.
Ce récit fait partie des tous derniers écrits de Camus, il a été édit en 1956.
Jean-Baptiste Clamence, autrefois brillant avocat, raconte sa vie à un homme rencontré par hasard à Amsterdam.
Ce roman est écrit sous la forme d’un monologue, aucun autre personnage ne donne la réplique à Jean-Baptiste Clamence.
C’est une confession d’ailleurs qui paraît plutôt complaisante. Jean-Baptiste Clamence avait toutes les apparences du gentilhomme ! Avocat de talent, il se plaisait à défendre la veuve et l’orphelin. Très sociable et généreux donateur pour toutes les œuvres caritatives, il ne comptait aucun ennemi. Grand charmeur de la gent féminine, il parvenait à papillonner auprès de ces dames sans causer trop de blessures. Le personnage qui se profile sous ce verni est beaucoup moins reluisant : le seul amour de sa vie est tout simplement lui-même. Toutes les actions entreprises, même les plus belles, sont uniquement motivées par le désir d’attirer l’attention sur sa petite personne.
Cet équilibre est rompu lorsqu’il assiste au suicide d’une femme sans lui porter secours. Il s’éloigne tranquillement de la scène du drame sans esquisser le moindre geste pour alerter quiconque.
La chute du pont de cette femme va coïncider avec la chute morale de Jean-Baptiste. Cette faute impardonnable va le hanter et met en lumière son égoïsme profond, son narcissisme et l’hypocrisie de son existence. Après une fuite insatisfaisante dans la débauche, il abandonne son ancienne vie et se proclame juge-pénitent. Sa nouvelle mission est d’avouer aux autres ses fautes et de les amener à regarder en eux-mêmes pour y trouver les mêmes dérives.
Clamence ne réalise pas cette auto-accusation pour s’amender. En effet, lorsqu’il se pose la question de savoir s’il aimerait revivre la scène de la chute pour réparer sa faute, la réponse est un non catégorique.
La critique de la religion est très présente avec diverses métaphores telles que le prêcheur Jean-Baptiste, la chute du paradis, le jugement dernier.
J'aime beaucoup le coup de dent vis à vis des religions qui ont tendance à soumettre l'être humain au
joug de la culpabilité.
Par contre, l’idée que je trouve un peu trop pessimiste est la conviction d’Albert Camus que les actes de l’homme sont uniquement d’origine égoïste et que sa liberté réside uniquement
en une noire lucidité.
J'ai préféré son roman La peste, qui mettait en lumière un idéal d’humanisme avec le combat farouche du médecin pour sauver les malades de ce fléau…
Cette lecture commune autour de Camus est proposée par Denis et Fabienne. pour le cinquantenaire de la disparition d'Albert Camus, prix Nobel de littérature.