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Quatrième de couverture
Un homme étrange s'engage au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue, se révèlent les contours d'un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux. Au cours de ce terrible chantier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l'exil. A la veille du départ qui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau. Des images de toute beauté, inoubliables.
Avis d’une lectrice du dimanche
Très beau roman !
Akira Yoshimura reprend ses thèmes de prédilection, déjà évoqués dans son roman Naufrages : l’être humain vit difficilement en harmonie avec la nature, il l’asservit en saccageant tout. Quelques sites difficiles d’accès conservent encore un caractère grandiose et indompté. Des communautés y survivent difficilement, façonnées tout en rudesse, à l’image de leur habitat.
Akira Yoshimura décrit des paysages somptueux où l’homme n’a pas sa place.
L’écriture de cet auteur est magnifique et enrobe des contes rugueux, sans concession.
Après plusieurs jours de marche forcée, des ouvriers rejoignent le fond d’une vallée perdue afin d’y bâtir un barrage. Ces hommes souvent frustres et violents s’engagent pour plusieurs mois, voire des années, dans un labeur difficile en échange de salaires un peu moins misérables que la moyenne. Ils arrivent encordés les uns aux autres, officiellement pour des raisons de sécurité dans ce terrain accidenté. En fait, ils sont symboliquement liés comme des esclaves. Cette condition sera la leur durant toute la durée de leur mission : une soumission totale à leurs supérieurs hiérarchiques, une vie entièrement réglée pour satisfaire les besoins du chantier.
En arrivant, ils découvrent un hameau vivant dans une nature préservée, au rythme d’un ruissellement d’eau permanent. Les habitants, complètement hors du temps, se sont repliés sur eux-mêmes depuis plusieurs générations.
La cohabitation s’annonce difficile car ce village est voué à la destruction par les eaux. Leur seul point commun est religieux avec le culte des morts.
Ce conte intemporel est dur, aucun personnage n’est attachant. Villageois ou ouvriers, la civilisation n’est pas parvenue à humaniser ces êtres. Le narrateur lui-même n’échappe pas à cet aspect sombre. Ancien détenu, il n’éprouve aucun remord pour ses actes passés et vit dans un état de colère permanente. Il cherche la rédemption dans cette contrée éloignée de la société...
Challenge
7ème titre pour ce challenge initié par Choco