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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 00:05

Matin brun - Franck Pavloff



Quatrième de couverture

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d'un régime politique extrême : l'Etat brun.

Dans la vie, ils vont d'une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros ni des purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.

Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?

 

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Cette nouvelle est à lire absolument pour réveiller notre civisme !

En quelques pages, Franck Pavloff nous donne une leçon de vie, salutaire, indispensable !

 

Charlie et son ami sont deux personnages très pacifiques, sans relief, parfaitement disciplinés. Ils représentent « Monsieur tout le monde » et se fondent dans la grande foule des anonymes.

Un parti totalitaire vient de prendre le pouvoir. Il n’y a vraiment pas de quoi perturber leur petit rythme habituel ! Leurs loisirs sont les discussions amicales autours d’une bière et quelques gentilles parties de belote. De toutes façons, ils ne se sentent pas concernés car ils appliquent à la lettre toutes les directives énoncées par le nouveau gouvernement.

Tous les chats et chiens bruns doivent être exterminés pour d’obscures raisons scientifiques. En citoyens modèles, les deux compères se sont séparés de leurs compagnons à quatre pattes, devenus indésirables.

Pourtant, malgré leur bonne conscience, les deux hommes ne seront pas à l’abri de la répression…

 

Franck Pavloff réussit à aborder des thèmes dramatiques avec un style très simple, clair, et même accessible aux enfants !

 

En quelques pages, il met à plat le mécanisme des régimes autoritaires. Lorsque la haine et la terreur sévissent, personne n’est à l’abri ! Les meilleures méthodes pour susciter la peur sont l’absurdité et la cruauté. L’arbitraire est la règle pour maintenir une dictature. Tous les leviers sont passés en revue : la censure de la presse, des scientifiques corrompus, la lâcheté générale, les arrestations et la menace permanente sur la population.

 

Dans cette nouvelle, ce sont les chats et les chiens qui sont d’abord exterminés sans que personne ne s’indigne. Si on fait le parallèle avec le régime nazi de 1945, les juifs ont été massacrés dans un silence étourdissant !

 

Finalement, les périodes les plus noires de notre histoire se nourrissent de notre lâcheté,
notre indifférence, notre absence de solidarité.

 

D'autres avis :
Leiloona, Stéphie, Sylvie,...

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 00:10

 
Ce n'est pas un poème, mais j'aime beaucoup ce texte de
Frederico Garcia Lorca, poète espagnol, mort en 1936 sous les balles de Franco.

 

A l’heure où les grands lobbies financiers souhaitent brider la diffusion de la culture sur internet pour la transformer uniquement en une affaire mercantile, il est nécessire de rappeler que les principes de la culture universelle ne sont pas nouveaux. Déjà Victor Hugo en son temps proclamait cette nécessité.

 

Frédérico Garcia Lorca évoque également ce droit inaliénable dans son discours prononcé lors de l'inauguration de la bibliothèque de sa ville natale Fuente de Vaqueros (Granada), en septembre 1931.

 

 


"Quand quelqu'un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu'elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses proches absents et s'en désole: "Comme cela plairait à ma soeur, à mon père !" pensera-t-il et il ne profitera dès lors du spectacle qu'avec une légère mélancolie. C'est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu'est la beauté, l a beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion.

 

C'est pour cela que je n'ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l'offre. j'en ai donné une infinité. Et c'est pour cela que c'est un honneur pour moi d'être ici, heureux d'inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province de Grenade.

 

L'homme ne vit pas que de pain. Moi si j'avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j'attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu'ils profitent de tous les fruits de l'esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l'état, à les transformer en esclaves d'une terrible organisation de la société.

 

J'ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu'un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d'apprendre et n'en a pas les moyens souffre d'une terrible agonie parce que c'est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces livres?

 

Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer: "Amour, amour", et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis. - Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : " Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas! ". Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d'eau, il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des marches pour gravir la cime de l'esprit et du coeur. Parce que l'agonie physique, - biologique, naturelle d'un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l'agonie de l'âme insatisfaite dure toute la vie.

 

Le grand Menéndez Pidal - l'un des véritables plus grands sages d'Europe - , l'a déjà dit: "La devise de la République doit être la culture". la culture, parce que ce n'est qu'à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd'hui le peuple plein de foi mais privé de lumière. N'oubliez pas que l'origine de tout est la lumière."

Celsmoon a initié les dimanches poétiques.
De nombreux amoureux des belles phrases participent à ce rendez-vous

Abeille, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence , Ankya, Herisson08, Anjelica , Schneeweiss , George, Uhbnji , Fleur, Esmeraldae, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Bookworm, Emma, Julien...



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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 00:07

Quatrième de couverture

 

Jubilatoires, iconoclastes et hilarantes, des histoires délicieusement blasphématoires, par l'auteur de La Lamentation du prépuce. Entre Kafka, Beckett et Philip Roth, un régal de drôlerie, d'une liberté de ton aussi profonde que rafraîchissante. Y a-t-il là-haut quelqu'un qui m'aime ? Cette question hante Bloom depuis qu'il a failli mourir. Mais, face à l'inefficacité de Lucifer et de la Mort, en grand débat sur les méfaits des défibrillateurs, Dieu descend sur terre finir le travail lui-même. Deux hamsters, Donut et Beignet, attendent Joe, leur maître. Confiant dans la bonté de son dieu nourricier, Donut se met à prier. Affamé, Beignet commence à douter. Après une nuit de rêves impurs, Motty, élève d'une yéchiva loubavitch de dix-huit ans, se réveille avec une poitrine velue, un débardeur Budweiser et une furieuse envie de bricoler. Que vont penser les siens de son nouveau corps de chef de chantier goy ? Rabbins violents, épouses perverses, chiens culpabilisateurs et chimpanzés suicidaires peuplent ce recueil complètement original, qui, derrière un humour dévastateur, soulève des questions fondamentales sur la condition humaine et son besoin d'interdits.

 

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

La laïcité est pour moi une des base de notre démocratie et mon côté « athée primaire » me rend parfois très irrévérencieuse vis-à-vis de la religion. Lorsque j’ai lu la quatrième de couverture, je me suis évidemment jetée joyeusement sur ce recueil de nouvelles, présentées comme hilarantes !

 

Et pourtant j’ai été déçue par cette lecture !

 

L’auteur critique certes l’intolérance et l’extrémisme religieux. J'approuve complètement le fait que nous ayons un besoin vital de transgression d’interdits et que pêcher est délicieusement indispensable… 

Mais l’argumentation est trop pauvre. Cela est peut-être dû à la minceur des récits. Avec 14 nouvelles réparties sur 157 pages, les textes paraissent presque anorexiques. Je n’ai pas spécialement ri pendant cette lecture car je me suis sentie plutôt mal à l’aise, avec le sentiment d’une moquerie plutôt aigre, gratuite et même parfois absurde.

 

La seule nouvelle qui m’ait touchée c’est le « Kit de préparation à l’Holocauste pour ados ». Son cynisme, pour une fois, a fait mouche et conduit à la réflexion. Il décortique toutes les horreurs, les ignorances et les lâchetés grandes et petites qui ont conduit toute une génération à l’ignominie d’un carnage...  

 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 00:05


Quatrième de couverture

Ces histoires merveilleuses et effrayantes confirment le talent de Neil Gaiman, conteur inégalable qui manie la même aisance l'humour et l’horreur, le fantastique et le réalisme, la douceur et la cruauté pour peindre avec délicatesse ces choses fragiles qui, dans leur apparence éphémère, marquent pourtant les esprits, parfois pour toujours. Tantôt délicieuses, tantôt dérangeantes, toujours surprenantes, les nouvelles qui composent Des choses fragiles sont un cadeau, un enchantement littéraire que nous offre l’un des écrivains les plus originaux de son époque. Si ce recueil constitue une entrée idéale pour les lecteurs qui ne connaissanent pas encore l’oeuvre de Gaiman, les fans seront comblés par cette alternance somptueuse de nouvelles courtes, novela ou véritables romans comme Le Monarque de la Vallée, ou l’interview inédite de Neil Gaiman en fin d’ouvrage.

 

Avis d’une lectrice du dimanche

 

Un beau moment de lecture, dans l’univers très particulier de Neil Gaiman…

 

31 histoires très diverses nous amènent dans des univers étranges. Sa plume, magique, m’a faite frissonner, et basculer du merveilleux à l’horreur. Une bonne dose d’humour noir pimente bon nombre de ces nouvelles.

 

J’ai aimé l’ensemble de ces textes, à l’exception de la dernière nouvelle, le Monarque de la Vallée. Je me suis sentie perdue dans ce récit, je n’ai pas réussi à m’immerger dans ce monde, avec des personnages qui me semblaient complètement incompréhensibles...


Ce livre peut voyager chez vous si vous le souhaitez !
Inscrivez-vous par mail : lecturespelemele@gmail.com

 

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 17:40

J'ai découvert tout à fait par hasard, grâce au blog de Quichottine, ce recueil de poèmes à la fois beaux et inattendus.

Plusieurs auteurs se sont regroupés pour créer cet ouvrage. Chacun a apporté sa pierre à l'édifice grâce à son style et sa manière personnelle d'apprivoiser les mots, de jongler avec les sensations et les images. Les mots coulent avec la fougue d'un torrent de montagne dans certains textes, et s'apaisent ensuite sur les notes cristallines d'une source légère pour d'autres écrits.
Malgré ces différences de rythmes, le lecteur ne se perd jamais, il suffit de suivre le fil d'Ariane qui est le thème du paysage, essentiellement en milieu naturel, avec quelques vues urbaines proposées par Pandora.
J'ai aimé cette balade onirique un peu sombre suivant les moments, mais toujours pleine de légèreté et d'élégance.
Des photographes et peintres ont illustré ce recueil. Leur palette colorée jalonne et visualise de manière originale cet univers.

Les auteurs et illustrateurs :

- Céliandra
- gazou (Solange Aussiette)
- Laé
- Marie-Pétronille
- Marlène Calais
- Michelgonnet
- Pandora (Angèle Verrier)
- S.YO (Viviana Villalonga)
- SandrineG
- Sév
- Solyzaan
- Tilk (Fernando Bronchal)

- Couverture : S.YO
- Préface : Quichottine

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 13:51

Quatrième de couverture
"Par son humble épaisseur, le traité bienfaisant peut tenir dans toutes les poches et se glisser, discret, puissant et délassant, dans la ceinture du pantalon, la manche du sari, la robe de Bédouin. Au moindre doute surgissant inopinément sur l'existence, il est là, à portée de la main reconnaissante. En un prompt regard, le problème se voit résolu. [. ] Car il ne s'agit pas ici de vous fourguer un texte abscons sans queue ni tête qui se déviderait pêle-mêle au gré de la fantaisie de l'auteur.
Ce serait là un manque de charité et de bon sens contraire à l'objectif de cet opus : structure, clarté, concision et résolutions, tel doit être un bon traité des vérités de la vie. ".

 

Avis d’une lectrice du dimanche
Je l’avoue, mes pauvres petits neurones ont failli entrer en fusion, écrasés sous l’effort de cette lecture…

De digression en digression, j’ai vainement essayé de comprendre la pensée de Fred Vargas dans ce traité. Son style d’écriture est époustouflant, vigoureux, pourtant cela n’a pas suffit à me transporter au cœur du sujet.
L’auteur nous assène quelques vérités sur la vie, mais j’ai égaré ces perles au milieu des métaphores multiples et décalées. Quelques explications se glissent entre les références à sa sœur, sa mère, son frère, les vers de terre, les fourmis, une caisse à outils…

Je suis allée au bout de ce livre tout simplement parce qu’il ne faisait que 94 pages. Piètre argument n’est-ce-pas ? Voilà, au bout de 94 pages de maux de tête, j’ai rangé ce livre dans un coin de bibliothèque, d’où il ne ressortira pas de sitôt…

 

Keisha vous parlera de ce livre beaucoup mieux que moi car elle a réussi à ne pas se perdre dans les pensées de Fred Vargas et a énormément apprécié ces textes.
EmiLie a également découvert ce traité...

 

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 21:41

Quatrième de couverture :
"Il y avait quelque chose dans l'air, ce matin-là. Ça ne s'explique pas. Ça vient deux fois par an, peut-être, au début du printemps souvent, et quelquefois à la fin de l'automne. Le ciel d'avril était léger, un peu laiteux, rien d'extraordinaire. Les marronniers ne déployaient qu'avec parcimonie leurs premières feuilles sucrées. Mais elle l'avait senti dès les premiers pas sur le trottoir, avant même d'enfourcher sa bicyclette. Une allégresse. Pas le jaillissement de la joie, pas le battement de cœur toujours un peu anxieux du bonheur."

Avis d'une lectrice du dimanche :
Philippe Delerm écrit Paris avec tendresse, simplicité.
Les 34 textes de l'auteur sont un écho avec les belles photos de sa femme, Martine Delerm. Ce n'est pas un guide touristique mais des instants saisis : des échopes désuètes, la sortie du métro, un brin de ciel bleu, Guignol pour les enfants, des conversations paisibles dans un jardin, la carte d'un restaurant...
Ces captures d'instants et d'images sont toujours des moments agréables de lecture.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 20:52

Quatrième de couverture :
Fatigué, déprimé ou un peu morose ? Pourquoi ne pas ouvrir ce petit recueil de textes ? En quelques pages, vous retrouverez sourire et joie de vivre ! Découvrez le bonheur selon Alain, Gide, Le Clézio, Pirandello ou Voltaire, et chassez vos idées noires... Mieux qu'une cure de vitamines, lisez 1, 2, 3... bonheur !

Avis d'une lectrice du dimanche :
J'étais très impatiente de déguster ce recueil de textes sur le bonheur. De nombreux blogs sont très élogieux, comme par exemplaire le beau commentaire de Géraldine.
J'aime quasiment tous les auteurs sélectionnés dans cet ouvrage, mais je dois avouer que la magie n'a pas opéré pour moi. Même si les textes sont très beaux, je ne les aurais pas choisis pour parler du bonheur. Peut-être que cette idée, aussi volatile qu'un feu follet, et ne se laisse pas emprisonner facilement dans les mots et les théories. Je rencontre le rêve du bonheur  dans de nombreux livres, au détour d'un visage, d'un paysage... Mais c'est toujours une rencontre de hasard, fugace !
Le bonheur n'était pas au rendez-vous avec ces extraits de littératures...

Toutefois, un extrait de Jean Giono dépeint cet idéal... avec bonheur !
" Dès que les sens sont suffisamment aiguisés, ils trouvent partout ce qu'il faut pour découper les minces lamelles destinées au microscope du bonheur. Tout est de grande valeur : une foule, un visage, des visages, une démarche, un port de tête, des mains, une main, la solitude, un arbre, des arbres, une lumière, la nuit, des escaliers, des corridors, des bruits de pas, des rues désertes, des fleurs, un fleuve, des plaines, l'eau, le ciel, la terre, le feu, la mer, le battement d'un coeur, la pluie, le vent, le soleil, le chant du monde, le froid, le chaud, boire, manger, dormir, aimer. Haïr est également une source de bonheur, pourvu qu'il ne s'agisse pas d'une haine basse et vulgaire ou méprisable : mais une sainte haine est un brandon de joie. Car le bonheur ne rend pas mou et soumis, comme le croient les impuissants. Il est, au contraire, le constructeur de fortes charpentes, des bonnes révolutions, des progrés de l'âme. Le bonheur est la liberté."
 
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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 21:28

A trop courir après l'idéal du Grand Bonheur, nous pourrions passer à côté des petites joies de la vie quotidienne, des moments privilégiés qui donnent du sel à notre existence.
Philippe Delerm décrit avec précision ces instants souvent très éphémères. Des sensations épicuriennes à déguster sans modération.

Quatrième de couverture :
« C’est facile, d’écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s’ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l’ongle de l’index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d’un seul doigt. La dernière est si minuscule... L’écossage des petits pois n’est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes mais c’est bien de prolonger, d’alentir le matin, gousse à gousse, manches retroussées. On passe les mains dans les boules écossées qui remplissent le saladier. C’est doux ; toutes ces rondeurs contiguës font comme une eau vert tendre, et l’on s’étonne de ne pas avoir les mains mouillées. Un long silence de bien-être clair, et puis il y aura juste le pain à aller chercher. »
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