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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 00:10

Conte du Tsar Saltan, de son fils le glorieux et puissant preux Saltanovitch et de la belle princesse-cygne

Conte-de-Pouchkine.jpg

 

Quatrième de couverture :
Trois soeurs filent un soir près de la fenêtre et discutent. Chacune à son tour énonce ce qu'elle serait capable d'accomplir si elle devenait tsarine. C'est alors que le tsar fait son apparition et s'adresse à la troisième qui avait fait le voeu de lui donner un fils en pleine santé. Il lui donne l'ordre d'honorer sa promesse et prend ses deux soeurs comme servantes. Conte en vers.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

L'histoire est plutôt classique : Un Tsar choisit une jeune épouse mais doit la délaisser très rapidement pour partir mener quelque guerre lointaine. Les deux soeurs de la jeune Tsarine ainsi qu'une obscure marieuse sont d'une jalousie maladive et profitent de l'absence du Tsar pour essayer de se débarrasser de l'épouse et de son enfant...

Je suis en général émerveillée devant la beauté des poèmes de Pouchkine.
Toutefois, même si ce conte est entièrement écrit en vers, j'ai été plus sensible à l'ironie du verbe tant le propos est direct, pragmatique... Voire même cavalier ! Les rebondissement de l'intrigue sont extravagants et burlesques à souhait ! En fait, j'ai trouvé ça très drôle, succulent,  j'ai bien ri avec cette lecture...

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un extrait :

 

"Bonsoir, jolie jouvencelle -
Déclare-t-il
Sois Tsarine
Et enfante-moi un gaillard

Pour fin septembre au plus tard.
Quant à vous, soeurs-damoiselles,

Allons, quittez ce boudoir
Et hâtez-vous à ma suite,
A ma suite et à la traîne
de votre soeur.
L'une de vous sera tisseuse

Et la seconde cuisineuse.
          ********

Le Tsar paraît dans l'entrée -
Tous de courir au palais.
Et sans autre préliminaire
En solennelles épousailles
Le soir-même, sans tarder,
notre Tsar de convoler.
Voici donc le Tsar Saltan
Flanqué de sa jeune épouse,
Qui préside un grand banquet.
Puis convives et dignitaires
Etendirent les épousés
Sur une couche d'ivoir doré
Et là, laissèrent en paix.
A l'office la cuisineuse
Bisque et rage ;
A son métier la tisseuse
Se lamente en enviant
L'épouse du grand Tsar Saltan.
Quant à la jeune Tsarine,
Sans attendre une heure de plus,
Dès la première nuit conçut.

          ********

 


Par Marie - Publié dans : Littérature russe - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 18:00

Un-soir-de-decembre---delphine-de-vigan.jpg 

Quatrième de couverture

Quarante-cinq ans, une femme, deux enfants, une vie confortable, et soudain l'envie d'écrire, le premier roman, le succès, les lettres d'admirateurs... Parmi ces lettres, celles de Sara, empreintes d'une passion ancienne qu'il croyait avoir oubliée. Et qui va tout bouleverser. Au creux du désir, l'écriture suit la trajectoire de la mémoire, violente, instinctive, et trompeuse.

 

Avis d'une lectrice du dimanche

J’ai eu envie de lire ce roman d’abord parce que c’est un coup de cœur de Anne-Laure (elle a ressenti ce roman d'une manière plus décalée et avec un détachement amusé), et ensuite parce que j’apprécie cet auteur. J’ai beaucoup aimé sa description méthodique, presque clinique, du harcèlement dans l’entreprise à travers son roman  Les heures souterraines, et puis j’ai été touchée par son récit  No et moi.
Mais j’ai n’ai pas du tout accroché avec ce roman. Même si l'écriture de Delphine de Vigan parvient à donner une certaine intensité à cette histoire…

 

Mathieu a toujours eu une vie très facile. Séducteur impénitent, il a été homme à femmes jusqu’à ce qu’il rencontre Claire, son épouse. Cette dernière est belle, intelligente et en plus d’un naturel optimiste, sans acrimonie. Mathieu pense aimer de tout son cœur Claire et leurs deux enfants. Cerise sur le gâteau pour cette vie de rêve, cet homme connaît un succès soudain et foudroyant avec son premier roman. Il suffira de trois lettres d’une ancienne maîtresse pour exacerber le caractère superficiel, narcissique et cavaleur de notre cher père de famille. Je ne serai pas réductrice au point de résumer ce livre à quelques mots : le démon de la quarantaine… Mais c’est bien tentant !

 

Les affres de la création littéraires, l’angoisse de l’écrivain devant la page blanche, les dégâts psychologiques du succès trop rapide… Tous ces thèmes sont abordés mais presque de manière secondaire.

 

Bref, je n’ai absolument pas éprouvé la moindre empathie le héros. Son cheminement m’a laissée de marbre tant son égoïsme semble incurable…


Par Marie - Publié dans : Littérature française - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 18:50

La-survivance-des-lucioles---Huberman.jpg

 

Quatrième de couverture
Dante a, autrefois, imaginé qu'au creux de l'Enfer, dans la fosse des « conseillers perfides », s’agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l’histoire moderne ait inversé ce rapport : les « conseillers perfides » s’agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l’obscurité, telles des lucioles.
Pier Paolo Pasolini a pensé ce rapport entre les puissantes lumières du pouvoir et les lueurs survivantes des contre-pouvoirs. Mais il a fini par désespérer de cette résistance dans un texte fameux de 1975 sur la disparition des lucioles. Plus récemment, Giorgio Agamben a donné les assises philosophiques de ce pessimisme politique, depuis ses textes sur la « destruction de l’expérience » jusqu’à ses analyses du « règne » et de la « gloire ».
On conteste ici ce pronostic sans recours pour notre « malaise dans la culture ». Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. On tente de suivre la leçon de Walter Benjamin, pour qui déclin n’est pas disparition. Il faut « organiser le pessimisme », disait Benjamin. Et les images — pour peu qu’elles soient rigoureusement et modestement pensées, pensées par exemple comme images-lucioles — ouvrent l’espace pour une telle résistance.

Avis d'une lectrice du dimanche

Un très beau livre, qui offre une réflexion lucide sur l'état de nos démocraties, sur la survivance nécessaire et difficile des contre-pouvoirs. 

Cet ouvrage est riche en références philosophiques et littéraires multiples. L'histoire et l'actualité y sont également présents. Mon ignorance des sources sur lesquelles Georges Didi-Huberman appuie son raisonnement n'a finalement  pas entravé ma lecture. En effet, cet auteur est très pédagogue et amène une quantité d'idées à la portée des néophytes. Il n'est pas nécessaire d'avoir une grande érudition pour apprécier ce livre. 

Dans un premier temps, Georges Didi-Huberman s'attache à définir le concept de lucioles tel que l'a défini Pier Paolo Pasolini. Sa vision est sombre car selon lui le peuple a définitivement perdu sa faculté de libre-pensée, son sens critique. Les medias ont permis l'avènement d'une dictature encore plus insidieuse et sournoise que celle des nazis : l'uniformisation des cultures et de la pensée, l'apologie du discours unique du capitalisme. 

L'auteur accentue encore ce constat pessimiste en citant Giorgio Agamben qui théorise la destruction de l'expérience, remplacée la culture du spectacle, de la mise en scène. L'esprit critique se réduit à la notion d'opinion publique. Une voix très floue, facilement manipulable, qui ne représente pas vraiment une force de critique.

Néanmoins, Georges Didi-Huberman se démarque du fatalisme des philosophes qu'il cite car finalement il démontre que les témoignages, les rêves et les expériences brillent encore par intermittence, à la manière des lucioles. Les consciences parviennent encore à s'exprimer malgré l'uniformisation des medias, malgré les discours convenus diffusés en permanence.

L'auteur cite de beaux exemples de résistance ! Sous la dictature nazie, Charlotte Beradt marqua sa décision de consigner les rêves de ses prochains : "Elle accédait au statut du "conteur" en ce que [...] le grand conteur s'enracine toujours dans le peuple. [...] C'est ainsi que Charlotte Beradt, entre 1933 et 1939 -date de sa fuite hors d'Allemagne- recueillit tout un corpus de rêves en vue d'offrir quelque chose comme un document psychique du totalitarisme, de la terreur politique en tant que processus anté -hantant- jusqu'au plus profond des âmes. Recueil extraordinaire que cette enquête onirique menée auprès de trois cents personnes environ. Il n'explique rien, ni la nature du nazisme ni la psychologie des rêveurs, mais il fournit, ainsi que Charlotte Beradt le disait elle-même, une sismographie intime de l'histoire politique du IIIe Reich. De tels rêves de devaient pas être perdus. Ils pourraient être retenus le jour où l'on ferait le procès de ce régime en tant que phénomène historique car ils semblaient plein d'enseignements sur les affects et les motifs des êtres qu'on insérait comme des petites roues dans le mécanisme totalitaire."

L'autre bel exemple est celui de Laura Waddington et ses images lucioles, rassemblées dans un film sous le titre de Border : "Laura Waddington a passé plusieurs mois dans les zones environnant le camp de la Croix-Roux à Sangatte. elle filmait les réfugiés afghans ou irakiens qui tentaient désespérément d'échapper à la police et de traverser le tunnel sous la Manche afin de rejoindre l'Angleterre. Elle ne put, de tout cela, que tirer des images-lucioles : images au bord de la disparition, toujours mues par l'urgence de la fuite, toujours proches de ceux qui, pour mener à bien leur projet, se cachaient dans la nuit et tentaient l'impossible au péril de leur vie."

 

Quelques extraits

 

D'abord des citations pour la partie pessimiste du livre, un constat sans concession mais hélas très pertinent, très lucide...

« Un jour qu’on lui demande si, en tant qu’artiste de gauche il avait la nostalgie des temps brechtiens ou de la littérature « engagée » à la française, Pasolini répondit en ces termes « Absolument pas. J’ai simplement la nostalgie des gens pauvres et vrais, qui se battaient pour renverser le patron, mais sans vouloir pour autant prendre sa place. »


« Quant à la société du spectacle » fustigée par Guy Debord, elle passe par l’unification d’un monde qui « baigne indéfiniment dans sa propre gloire », cette gloire fût-elle la négation et la séparation généralisée entre « les hommes vivants » et leur propre possibilité d’apparaître autrement que sous le règne – la lumière crue, cruelle, féroce – de la marchandise. Dès 1958 Pasolini avait déjà constaté à quel point les lumière du petit écran détruisaient l’exposition même et, avec elle, la dignité des peuples : « [La télévision] non seulement ne concourt pas à élever le niveau culturel des couches inférieures, mais provoque chez elles le sentiment d’une infériorité presque angoissante. »


« Il aura fallu, pour cela, réduire la « puissance politique » du peuple à l’acclamation –romaine, byzantine, médiévale… totalitaire-, et ramener celle-ci à ce que les démocrates nomment l’opinion publique : « L’opinion publique est la forme moderne de l’acclamation ».


« On se demandera donc : qu’est-ce qui fait de l’opinion publique dans les démocraties un strict équivalent – y aurait-il des différences, elles ne sont pas évoquées – de l’acclamation dans les systèmes de pouvoir absolu ? C’est à Guy Debord qu’Abamben laisse désormais la parole pour répondre à cette question : la « société du spectacle » est à l’opinion publique aujourd’hui ce que l’assujettissement des foules fut aux totalitarismes d’hier : « Ce qui nous intéresse ici, c’est le fait que la sphère de la gloire […] ne disparaît pas dans les démocraties modernes, mais se déplace simplement dans un autre contexte, celui de l’opinion publique. Si tel est bien le cas, le problème aujourd’hui si discuté de la fonction des médias dans les sociétés contemporaines acquiert une nouvelle signification et une nouvelle urgence. En 1967, avec un diagnostic dont la justesse nous apparaît aujourd’hui évidente, Guy Debord constatait la transformation à l’échelle planétaire de la politique et de l’économie capitalistique en une « immense accumulation de spectacles », où la marchandise et le capital lui-même prennent la forme médiatique de l’image. Si nous rapprochons les analyses de Debord de la thèse de Schmitt sur l’opinion publique comme forme moderne de l’acclamation, le problème de l’actuelle domination spectaculaire des médias sur tous les aspects de la vie sociale apparaît sous un nouveau jour. Ce qui est en question, ce n’est rien de moins qu’une nouvelle et inouïe concentration, multiplication et dissémination de la fonction de la gloire comme centre du système politique. »

 

Georges Didi-Huberman se démarque finalement de Pasolini et de Giorgio Agamben pour nous offrir de belles pépites d'espoir : la pensée contradictoire existe encore et on peut en percevoir les lucioles, les lueurs dans de nombreuses actions et expériences...

Laura Waddington "s'acquitte modestement des exigences du témoignage : elle nous dit son histoire et ses limites intrinsèques ; elle ne juge, ne domine rien de ce qu'elle raconte ; elle s'adresse à des êtres singuliers, rencontrés, précisément nommés (Omar, Abdullah, Mohamed), sans que soit omise la perspective effrayante du phénomène entier (soixante mille réfugiés environ seront passés par Sangatte, apprend-on). Là où nous, les spectateurs du film, sommes quelquefois éblouis par un plan surexposé, Laura Waddington nous dit comment les réfugiés eux-mêmes revenaient au camp aveuglés par les gaz lacrymogènes."


Par Marie - Publié dans : Essais, biographies, reportages - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 20:10

Misericorde---Jussi-Adler-Olsen.jpg 

 

Quatrième de couverture

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s'acharnent-ils sur la jeune femme ?

Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l'avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d'encre. Mais, faute d'indices, la police avait classé l'affaire. Jusqu'à l'intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d'origine syrienne. Pour eux, pas de cold case...

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Dès le début du roman, le lecteur apprend que Merete Lyyngaard, déclarée morte quelques années auparavant, est encore en vie. Les tortionnaires de la jeune femme font durer son agonie, l’empêchant de mettre fin à ses jours pour mieux prolonger ses souffrances.
Très vite également, le lecteur comprend qui sont les « méchants ». Le vrai suspense est dans l'attente du dénouement. Il n'est vraiment pas évident pour les nouveaux enquêteurs en charge de cette affaire de comprendre et sauver la victime dont la fin est programmée. Rien n’est moins évident tant ce crime est absurde. De plus, les deux personnages qui vont courir après les informations sont eux-mêmes ambigus. Carl a récemment survécu à une attaque mais ses deux coéquipiers ont eu beaucoup moins de chance. Il est devenu infernal et ses supérieurs se sont débarrassés de ce cas difficile en l’installant dans les sous-sols des bâtiments de police, à la tête d’un nouveau service d’affaires non résolues. Cette mascarade oscille entre tragique et comédie quand l’unique assistant qui lui est rattaché, Assad, est chargé du ménage et du classement. Ce dernier est sensé être un réfugié syrien et il est bien difficile de déterminer si ce réfugié politique a été victime ou bourreau dans son pays.
Ce polar est ironique, grinçant et offre une vision sans complaisance de la société danoise !


Par Marie - Publié dans : Polars et thrillers - Communauté : Les lectures de Florinette
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 00:10

Agnes-Grey---Anne-Bronte.jpg

Quatrième de couverture
« Miss Grey était une étrange créature ; jamais elle ne flattait et elle était loin de leur faire assez de compliments ; mais, quand elle parlait d'elles ou de quoi que ce fût qui les concernât en termes élogieux, elles pouvaient avoir la certitude que sa bonne opinion était sincère. Elle se montrait dans l'ensemble très prévenante, discrète et pacifique, mais certaines choses la mettaient hors d'elle ; certes, cela ne les gênait guère, mais pourtant mieux valait ne pas la désaccorder puisque, lorsqu'elle était de bonne humeur, elle leur parlait, était fort agréable et pouvait parfois se montrer extrêmement drôle, à sa manière, qui était bien différente de celle de Mère, mais faisait toutefois très bien l'affaire pour changer. Elle avait des opinions arrêtées sur tout, auxquelles elle restait farouchement attachée... Des opinions souvent rebutantes, puisqu'elle pensait toujours en termes de bien et de mal et avait une curieuse révérence pour ce qui touchait à la religion et un penchant incompréhensible pour les honnêtes gens. »

 

Avis d'une lectrice du dimanche

Agnès Grey n’a pas le côté gothique, original, magnifique, flamboyant (bon d’accord j’arrête les superlatifs !) des romans de ses sœurs, Les Hauts de Hurlevent de Charlotte et Jane Eyre de Emily Brontë

J’ai malgré tout aimé ce livre, très conformiste il faut le reconnaître, très didactique sur les bienfaits de l’éducation, mais bien écrit, très humain.
Vraiment, j’apprécie toujours l’immersion dans la société victorienne…
   

Les parents d’Agnès forment le couple idéal aux yeux de leur fille. La mère d’Agnès a renoncé à son héritage et a épousé contre l’avis de sa famille un pasteur de condition modeste. Elle n’a jamais regretté son choix fondé sur l’amour en opposition à l’argent et l’arrivisme social. Ce couple est unis envers et contre tout, et offre un cocon douillet à Agnès pendant toute son enfance. Les soucis financiers de ses parents et également l’envie de voir un peu « le monde » poussent Agnès à s’engager dans une carrière de gouvernante. Il faut préciser qu’au 19ième siècle la société victorienne offre bien peu de choix en matière de métiers convenables pour les jeunes filles. Sa première expérience, chez les Bloomfield, sera un échec humiliant pour elle tant les parents et les enfants n’ont aucun respect. Elle passera ensuite quatre ans chez les Murray, une autre famille bourgeoise.

 Ce roman est en partie autobiographique. Timidement mais fermement, Anne Brontë formule quelques critiques envers les familles riches dans lesquelles l’argent pervertit les êtres. Les valeurs morales sont peu présentes dans l’éducation que donnent les parents à des enfants trop gâtés. Ensuite, les filles, encore dans l’adolescence, sont mariées (presque vendues ?) à des hommes dont le seul mérite est de posséder un nom et une fortune.

Tout comme l’auteur, Agnès Grey est fortement marquée par la religion. Pourtant cet aspect là ne m’a pas paru trop pesant, le personnage est très attachant. Elle n’est pas prétentieuse, plutôt anxieuse et timide, et elle dénonce l’hypocrisie de certains représentants religieux. Elle transmet les valeurs morales qui ont fait son bonheur dans sa vie familiale. Pour cette gouvernante, solidarité, amour et respect servent avant tout à rendre la vie plus douce, à mieux se soutenir dans les moments difficiles. 

 

Par Marie - Publié dans : Littérature anglaise - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 13:00

Encore une fois, de belles découvertes ont jalonné ma route pour cette année 2011 !

 

Mes coups de coeurs de 2011

coups de coeur

 

Certains livres, sans être des coups de coeur sur le moment, me laissent des souvenirs très forts, très beaux...

coups-de-coeur-2.jpg

 

J'aime également me souvenir de
mes coups de coeurs de 2010,
qui me donnent régulièrement envie de me replonger dans certains livres
...

 

livres coups de coeur 2010 

Essai / biographie

Album jeunesse

Romans

 

Par Marie - Publié dans : Digressions - Communauté : Mes livres préférés
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 00:05

La-delicatesse---David-Foenkinos.jpg  

Quatrième de couverture

François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse… – Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. '

 

Avis d’une lectrice du dimanche

Lecture divertissante, légère…

Nathalie a connu un amour intense, fusionnel, qui s’arrête brutalement avec le décès de son mari. Cette très belle femme porte le deuil pendant plusieurs années et se consacre entièrement à son travail, dans une grande société suédoise. Au grand désespoir de son patron qui la poursuit de ses assiduités, elle portera finalement son regard sur un obscur employé de l’entreprise, dont le charme n’apparaît vraiment pas spontanément !

Cette gentille histoire ne restera probablement pas gravée dans ma mémoire. Mais la plume de David Foenkinos, légère, délicate et pleine d’humour, a le chic pour rendre cette comédie sentimentale irrésistible...



Par Marie - Publié dans : Littérature française - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 14:25

Sapin-rouge---traineau.jpg

 

  Enfin les fêtes et les vacances sont là !


Il est temps de...


 

tempete-bretagne-phare.jpg   partir en Bretagne

 

sapin-illumine.jpeg   profiter du bonheur des enfants

 

sapin-blanc-et-neige.jpeg   hiberner sous la couette

 

sapin-livres.jpg   lire, lire et lire encore...

 

 

Je vous souhaite
de belles et douces fêtes de fin d'année !

 

 


Par Marie - Publié dans : Digressions
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